Yanik

L’éveil du printemps

John William Waterhouse "Le chant du printemps" (lemonde.fr)
John William Waterhouse « Le chant du printemps » (lemonde.fr)

 

Ouvrir sa fenêtre et sentir le radoucissement de l’air ambiant. Accepter l’invitation de la nature et profiter du renouveau animal et végétal environnant…

Les rayons solaires réchauffent enfin les corps et les esprits, redonnent de la couleur à la vie et inspirent inévitablement les âmes créatrices.  Compositions florales, allégories religieuses, ode à l’amour, le printemps est interprété par de nombreux artistes depuis la nuit des temps. Du 15e siècle à nos jours, une sélection de 26 œuvres constitue cette exposition printanière virtuelle qui propose un sentier original pour une balade aux nombreux détours. 

 

Liste des œuvres apparaissant dans la vidéo :

Musique : Irene+Piano « Spring »

 

1. Salvador Dali « Les premiers jours du printemps » 1929

2. Juan Gris « Fenêtre ouverte » 1921

3. Paul Gauguin « L’éveil du printemps » 1891

4. William Mc Taggart « Spring » 1864

5. Edouard Manet « Déjeuner sur l’herbe » 1881

6. Arthur F. Mathews « Spring » 1864

7. John William Waterhouse « Le chant du printemps »

8. Vincent Van Gogh “Le pêcher rose” 1888

9. Claude Monet « La Seine au printemps »  vers 1875

10. Alfred Sisley « Verger au printemps » 1881

11. Edvard Munch « Elm Forrest in Spring » 1923

12. Nikolai Astrup “Le cheval blanc au printemps” 1914-15

13. Pablo Picasso « Printemps » 1956

14. Petronele Gerlikiene “Spring” 1977

15. René Magritte “Le printemps” vers 1965

16. Gustaf Munch-Petersen « Spring night, the swamp in bloom » 1965

17. Andy Warhol “Flowers” 1964

18. Viktor Popkov “Kitchen gardens in spring” 1965

19. Edward Clegg Wilkinson “Sprong, Picadilly” 1887

20. Camille Pissarro “Boulevard Montmartre, Printemps” 1897

21. Dmitry Zhilinsky « The spring at the Moscow art theatre » 1927

22. Charles-François Daubigny “Paysage au printemps” 1862

23. Chang Hong Ahn “Spring tongue and lips” 1996

24. Giuseppe Arcimboldo “Printemps” 1573

25. Jean-Auguste-Dominique Ingres « La source / The spring » 16e

26. Sandro Botticelli “Primavera” 1478-82

 


A l’état pur

Jusqu’au 27 avril prochain, la villa Beatrix Enea accueille les œuvres de deux artistes aquitains. L’un vit au Pays Basque où il produit un travail lyrique et dépouillé, l’autre sculpte dans les Landes des œuvres mystiques dédiés à la mère nature. 

Autoportrait entouré de quatre sculptures de Christophe Doucet (Yanik)
Autoportrait entouré de quatre sculptures de Christophe Doucet (Yanik)

La sculpture chamanique de Christophe Doucet

Les premiers pas dans l’exposition mènent à une salle investie par le sculpteur résidant dans le département voisin des Landes. Aspiré par quatre totems animaliers, le visiteur scrute et hume l’ambiance forestière diffuse dans l’espace. Dans la masse, à même le tronc, des bêtes on été taillées à la hache dans différentes essences de chêne, d’acacia ou de peuplier. Les lignes brutes et le parti pris radical renvoient inévitablement à la sculpture primitive incantatoire.

Au milieu des lièvres, chevreuils et autre faon, un autoportrait accroché au mur tel un trophée de chasse inverse les rôles entre l’homme et la nature. Dans cette composition, l’humain se voit assimilé en gibier tandis que les animaux sont érigés au rang de divinités. Tous sont alignés face à un mur dont le centre est occupé par un « Temple de la nature » en plâtre encadrant un tirage photo couleur sur lequel un arbre amputé se voit inondé de soleil.  

Dans la nature et pour la nature, le travail de Christophe Doucet semble impulsé par une nécessité absolue de ramener l’ordre des choses, de rappeler à l’homme la petite place qu’il occupe dans l’immensité environnementale. 

Composition sans titre, Andoni Guiresse (andoniguiresse.com)
Composition sans titre, Andoni Guiresse (andoniguiresse.com)

 

La simplicité lyrique d’Andoni Guiresse

La deuxième salle nous immerge dans un tout autre univers, fait de luxe, calme et volupté. Blanc cassé, noir et dorure, tel est trio utilisé par le natif de Saint Palais. Véritable virage dans sa carrière picturale, la série présentée rompt avec son précédent travail figuratif.   

Sur papier Arches, le jeune artiste (29 ans) compose des œuvres minimalistes où se confrontent des blocs en feuille d’or avec des lignes et projections d’encre. Attraction, répulsion, les rochers dorés agissent tels des aimants autour desquels le liquide noir structure un équilibre poétique.

La sobriété à l’intérieur de ces rectangles de 65 x 95 cm, n’a d’égal que la sensibilité d’un esthétisme sans cesse en mouvement. Les lignes dansent et les points s’envolent comme les notes de musique sorties d’un piano jouant les Nocturnes de Chopin. Et si la beauté résidait dans la pureté…

 

Une improbable rencontre

Les œuvres des deux artistes cohabitent dans le troisième et dernier espace de visite.

Une réunion pour le moins surprenante tant les univers des créateurs paraissent éloignés. Un dénominateur commun peut néanmoins être soulevé ; celui de la recherche de la pureté. Avec des buts différents, l’un emprunte ce chemin vers l’authenticité et le naturel, l’autre en adopte l’attitude pour une quête vers la beauté à l’état pur.

 

Andoni Guiresse et Christophe Doucet

Jusqu’au 27 avril 2014

Villa Beatrix Enea, 64600 Anglet  


Africa Queens, les divas de la chanson africaine

En cette journée de la femme aux multiples récupérations commerciales, j’apporte ma petite brique à l’édifice du panthéon dédié au sexe supposé faible. Une pierre artistique et musicale pour vous présenter les plus belles voix féminines originaires d’Afrique subsaharienne. De Johannesburg à Lomé, de Cotonou à Kampala, de Bamako à Luanda, embarquez pour un hommage aux divas noires d’hier, d’aujourd’hui et de demain.   

Makeba

Miriam Makeba

Née le 4 mars 1932, celle qui était surnommée « Mama of Afrika » aurait eu 82 ans cette semaine. En toute logique, c’est à la star intemporelle de l’Afrique du Sud que revient l’honneur d’ouvrir la marche.

 

Angélique Kidjo

Que de chemin parcouru pour la fille du postier de Cotonou. Fierté du Bénin, la star brille sur la scène internationale avec une musique riche, véritable creuset musical ou se croisent soul, jazz, funk, sons traditionnels africains…

 

Bella Bellow

Immense vedette au début des années 1970, Bella Bellow s’est prématurément éteinte à l’âge de 28 ans mais son étoile continue de briller dans le ciel togolais.

 

Lourdes Van Dunem

Si l’Angola regorge de diamants, Lourdes Van Dunem en était indiscutablement le joyau. Si vous ne la connaissez pas encore, la lecture de la vidéo ci-dessous ne devrait pas tarder à vous convaincre.

 

Concha Buika

Mélange hispano africain, cette chanteuse espagnole est née aux Canaries de parents équato-guinéens. Un métissage explosif qui offre un univers artistique unique. Magique.

 

Fatoumata Diawara

Une voix chaude et un incroyable groove sont les ingrédients phare de la très talentueuse chanteuse malienne dont la vie se partage entre Bamako et Paris.

 

Aicha Kone

Plus de 35 ans de carrière pour cette chanteuse ivoirienne toujours en activité, véritable phénomène sur scène.

 

Queen Etémé

Reine de la bonne humeur et de l’optimisme, la camerounaise excelle aussi sur des registres mélancoliques. Une vraie diva !

 

Itz Tiffany

Depuis son Ghana natal, le flow d’Itz Tiffany vibre « from London to Lome » comme elle le rappe si bien.

 

Keko

La rappeuse ougandaise se bonifie année après année. Ses dernières productions hip hop électro sont des plus abouties, complétées par un univers et une identité esthétique qui lui sont propres.

https://www.youtube.com/watch?v=B46ukomyDi8

 

Rokia Traore

Entre Amiens et Bamako, Rokia Traore a conçu son dernier album d’une rare sensibilité. Déjà un classique.

https://www.youtube.com/watch?v=ypoKpVsDgkE

 

Cesaria Evora

Petite par la taille et immense par le talent, ce bout de femme a trainé ses pieds nus sur les scènes du monde entier. La plus grande ambassadrice que le Cap Vert ait connue ne pouvait que clôturer cette liste consacrée aux divas de son continent.

https://www.youtube.com/watch?v=uR7HKOP55AQ


Vin : Rioja, Muriel Crianza 2008

Pour cette nouvelle dégustation œnologique, on reste de l’autre coté des Pyrénées et plus précisément en Rioja. Installées dans cette grande région viticole d’Espagne, c’est sur la commune d’Elciego que les bodegas Muriel ont leur exploitation. 

Rioja-Muriel2008
Crédit: Yanik

Alors que le précédent flacon testé (Roda Reserva 2006) était tout simplement exceptionnel, celui qui passe au banc aujourd’hui est de facture plus modeste même s’il demeure de bonne tenue.

Dés la soustraction du bouchon, le bois se dégage avec force. Normal pour un vin qui a muri douze mois en barrique de chêne américain. Dans le verre, on admire sa robe cerise scintillante, avant de humer ses différents arômes de chêne, bien sûr, mais aussi de vanille et noix de coco. En bouche, la puissance typique du Rioja est bien là, composée principalement par des fruits rouges murs et une touche de réglisse. Une note alcoolisée vient clôturer un ensemble fidèle aux caractéristiques du cépage Tempranillo. 

Sans être un grand vin, ce Muriel Crianza 2008 est la boisson adéquate pour accompagner toute cuisine du sud. Idéal pour un diner de semaine amélioré ou pour un repas de week-end sans prétention.      


Apprivoiser la mort

Où et comment trouver la motivation pour continuer à vivre lorsqu’on est frappé par le malheur ? C’est à cette question que Jean-Philippe Blondel tente de trouver réponse dans un magnifique roman autobiographique paru en 2011 et intitulé « Et rester vivant ». 

Et-rester-vivant

Frappé par des épreuves en chaines qui l’ont plongé dans une apnée profonde, le héros principal part avec ses deux meilleurs amis, effectuer un voyage en Californie, espérant y trouver un signe pouvant l’aider à regagner surface, à reprendre sa respiration.

Partant de San Francisco, le road trip sera l’occasion pour ce personnage de couper avec la réalité, et de s’offrir une parenthèse de réflexion lors de cette période de flottement.

A l’aide de phrases courtes et de descriptions photographiques, le romancier enfile les scènes tel des clins d’œil, avec beaucoup de rythme, captivant ainsi le lecteur dans une empathie quasi addictive.

En permanence sur le fil, l’auteur funambule avance dans son périple en quête d’identité, d’avenir, de vie. Au rythme des pages, il dévoile ses sentiments et souvenirs avec une sensibilité rare. Loin d’être un roman tire-larmes, le livre est avant tout un formidable hymne à la vie avec en prime de croquantes descriptions de personnages et de villes américaines traversées.

 

Extraits :

 

« Je continue d’enchainer les longueurs dans ma piscine intérieure et je fais attention à ce que le chlore ne rougisse pas mes yeux. » p25

« L’histoire étant morte, j’ai envie de coucher avec la géographie. » p67

« Personne ne cadre dans le décor. Précisément parce que ce n’est qu’un décor. Et que tout le monde est hors cadre. Et hors champ. ». p136, à propos de Las Vegas

 

Et rester vivant

Jean-Philippe Blondel

Editions Buchet Chastel

245 pages


Cocktail : Le Mimosa

Le week-end approche à grand pas et avec lui arrive l’heure des petits verres entre amis. Envie de sortir de l’ordinaire et/ou d’épater la galerie, rien de mieux qu’un breuvage concocté par vos soins en l’honneur de vos convives. 

Vous prendrez bien un Mimosa? (Yanik)
Vous prendrez bien un Mimosa? (Yanik)

A l’approche du printemps,  c’est une recette fraiche et légère que je vous suggère avec ce cocktail Mimosa, inventé en 1925 par un barman du Ritz parisien. Trois ingrédients suffisent pour sa préparation :

Grand Marnier

Jus d’orange

Champagne brut

 

Dans une flûte, versez 1cl de Grand Marnier auquel vous ajoutez 6cl de jus d’orange. Terminez en écoulant doucement le champagne. Quelques petits tours de cuillère à mélange achèvent la recette qui peut se voir complétée par une décoration déposée sur une paroi du verre.

Légère et fruitée, la boisson s’avère des plus désaltérantes. La présence des bulles lui confère un dynamisme rafraichissant, idéal pour entamer une soirée ou pour la prolonger jusqu’au bout de la nuit.  


L’Auteur

Auteur basé sur la Côte Basque, je partage ici les découvertes effectuées au grès de mes pérégrinations. Arts, culture et lifestyle sont au centre de mes intérêts sans toutefois interdire d’écrire parfois en dehors des limites et des étiquettes.  Un être se définissant avant tout par ses actes, voici une liste non exhaustive des faits et gestes qui occupent mon espace temps : je sors, je lis, j’écris, je visite, je découvre, j’écoute, je vibre, je m’étonne, je ris, j’observe, je photographie, je cuisine, je savoure, je pense, je positive, je discute, je partage, je voyage (pas assez !), je dors, je rêve… 

Vous souhaitez me contacter, une seule adresse : legrenierdeyanik@gmail.com

Curieusement vôtre.

Yanik


Vin : Rioja, Roda Reserva 2006

 

La découverte œnologique du jour nous mène de l’autre côté des Pyrénées avec ce vin issu de Rioja, la plus célèbre des régions viticoles ibériques.

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Les Bodegas Rodas y ont leur vignoble et y distillent un nectar au processus d’élaboration des plus exigeants. Fruit de vignes au rendement qualitatif, le breuvage est ensuite vieilli en fût de chêne français pendant seize mois puis en bouteille durant vingt mensualités. 

Dés l’extraction du liège, une explosion d’arômes s’échappe du flacon, la promesse se fait alléchante. Après l’avoir laissé respirer le temps de l’apéritif et de l’entrée (2-3h), le moment de la dégustation a sonné.

Au regard, le vin dont la robe intense possède des reflets scintillants, affiche une belle souplesse. Sous les narines,  les parfums sont multiples. L’omniprésence du cépage Tempranillo (97% auxquels s’ajoutent 3% de Graciano) se retrouve à travers la note dominante de fruits rouges mûrs, finalement équilibrée avec le bois.

Sur la langue, les mêmes fruits rouges (baies, prunes, cerises) ont les honneurs, suivis par des touches de vanille et d’épices. La bouche persistante et fraîche laisse poindre une note finale de cuir.  

Une longueur en bouche qui n’a d’équivalent que la finesse et la complexité d’un vin suave à la délicatesse rare. Au sommet de son art, ce Roda est incontestablement ouvert au bon moment pour s’accorder avec un large éventail de mets à la composition aussi raffinée que lui.  

(Yanik)
(Yanik)

Appelation: Rioja

Domaine: Bodegas Roda

Millésime 2006


Le Musée des Augustins, à Toulouse

Monastère érigé aux 14ème et 15ème siècles, le couvent des Augustins abrite le musée des beaux-arts de Toulouse depuis l’an 1793. C’est ce lieu de culte converti aux dieux de l’art que je vous invite à découvrir aujourd’hui.  Je pousse la porte, suivez-moi ! 

Le Cloitre du Musée des Augustins (Yanik)
Le Cloitre du Musée des Augustins (Yanik)

Tournant autour du cloître, la visite débute par trois salles entièrement dédiées à la sculpture gothique des 14ème et 15ème siècles. Dans cet espace sont exposées des œuvres issues de productions régionales, essentiellement à caractère religieux ainsi que des pièces d’art funéraire.

Le second temps du parcours est situé dans l’église du couvent qui offre un cadre prestigieux pour les œuvres qui y sont exposées. Sous les somptueux vitraux, les tableaux sont mis en valeur par une exceptionnelle lumière divine. On peut admirer ici des toiles de grand format provenant de diverses écoles européennes du 14ème au 18ème siècle, ainsi que des productions d’artistes toulousains tels que Tournier, Arcis ou Ambroise Frédeau.          

Le troisième espace est une salle de sculpture romane du 12ème siècle, entièrement garnie de chapiteaux de colonnes dont l’état de conservation laisse admiratif. Accolée à cette pièce, une salle d’épigraphie médiévale expose diverses gravures d’intérêt historique plus qu’artistique. 

"Louis XIV" par Marc Arcis règne sur le salon blanc (Yanik)
« Louis XIV » par Marc Arcis règne sur le salon blanc (Yanik)

 

L’espace d’exposition au rez-de-chaussée étant épuisé, il est temps d’accéder au premier étage, lieux des salons de peinture du 17ème au 20ème siècle. L’ascension se fait par un escalier jonché de sculptures de grande qualité dont notamment des œuvres de Falguière, Mercié, Thivier…

L’arrivée au salon rouge est marquée par une immense toile de Benjamin Constant qui fait face à la porte d’entrée. Cette salle offre un pêle-mêle, un riche éventail de l’art du 19ème et 20ème siècle, exposant sur chaque mur des dizaines de toiles.

Dans le salon blanc sont accrochées des œuvres classiques issues principalement des écoles françaises. Quant au salon vert, il affiche en majorité des œuvres de l’école nordique ainsi  que deux natures mortes de Louise Moillon.               

La visite de ce musée de taille modeste ne dure pas plus de deux heures. Cela laisse tout loisir aux personnes de passage pour profiter des nombreux charmes de la ville rose. 

Berthe Morisot "Jeune fille dans un parc" (Yanik)
Berthe Morisot « Jeune fille dans un parc » (Yanik)

 

Où : Musée des Augustins, 21 rue de Metz, 31000 Toulouse

Combien : 3€ en plein tarif

Quand : tous les jours de 10h à 18h, nocturne le mercredi jusqu’à 21h. (Fermé 01/01, 01/05 et 25/12)


L’Afrique aux JO d’hiver

Demain, trois délégations africaines seront présentes dans le cortège de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Sotchi : le Maroc, le Togo et le Zimbabwe. 

Mathilde Petitjean Amivi représentera le Togo à Sotchi (dauphinordique.com)
Mathilde Petitjean Amivi représentera le Togo à Sotchi (dauphinordique.com)

On a tous en tête l’épopée de l’équipe de bobsleigh jamaïcaine, rendue célèbre par le film Rasta Rockett.  La sympathique aventure des glisseurs sur glace venus des Caraïbes n’est pourtant pas le seul exemple de pays chaud participant aux Jeux olympiques d’hiver.

Si le Mexique fut le premier pays tropical à prendre part à cette compétition en 1928, il faut attendre 1960 pour que l’Afrique y soit représentée au travers de l’Afrique du Sud, 1968 pour voir des Africains non blancs avec le Maroc aux JO de Grenoble et enfin 1984 pour applaudir le premier athlète africain noir dans la version hivernale des olympiades.  

 

Le Maroc habitué des joutes hivernales

Le royaume chérifien est le pays qui compte le plus de participations. Avec six olympiades au compteur (1968, 1984, 1988, 1992, 2010, 2014), il est celui qui a la plus grande expérience, envoyant parfois d’importantes délégations comme en 1992 où 12 athlètes ont porté les couleurs nationales à Albertville.

Cette année ce sont deux jeunes Marocains résidant à l’étranger qui représenteront cette nation. Agée de 17 ans Kenza Tazi est née à Boston et dévale régulièrement les pistes alpines puisqu’elle poursuit des études en sport  dans cette région française. Son compatriote Adam Lamhadeni, natif du Québec, n’a qu’un an de plus qu’elle mais porte au bout de ses skis tous les espoirs de sa fédération. Auréolé d’une médaille d’or remportée au JO de la jeunesse en 2012 dans l’épreuve du slalom géant, il ne vient pas pour faire de la figuration. 

Le slalomeur marocain Adam Lamhadeni (APA)
Le slalomeur marocain Adam Lamhadeni (APA)

 

Le Togo et le Zimbabwe, les débutants à Sotchi

Ces deux nations complètent le trio des pays africains en participant pour la première fois à ces jeux. Ici encore, des athlètes à double culture seront les porte-drapeaux de leur terre d’origine. Il en est ainsi de la fondeuse Mathilde Petitjean Amivi, résidente française de longue date dont la mère est togolaise. Sa compatriote alignée en slalom, Alessia Afi Dipol dispose également de la nationalité italienne.

Pour le Zimbabwe, un jeune Blanc né à Harare et vivant en Suisse dés l’âge de deux ans, aura l’honneur de glisser pour son pays de naissance auquel il se dit toujours très attaché.

Des athlètes venus d’Algérie et d’Afrique du Sud auraient pu se rendre en Russie après avoir accompli les minima requis. Malheureusement les officiels de ces pays en ont décidé autrement. 

Le ghanéen Kwame Nkrumah-Acheampong, surnommé le léopard des neiges (Getty Images)
Le Ghanéen Kwame Nkrumah-Acheampong, surnommé le léopard des neiges (Getty Images)

 

Lamine Gueye, le précurseur

Fondateur de  la fédération sénégalaise de ski en 1979, Lamine Gueye a pris part à trois JO d’hiver, cinq championnats du monde et vingt-cinq coupes du monde. Infatigable défenseur de l’esprit olympique, il lutte activement pour la participation des petits pays à ces jeux. Dénonçant l’érosion des principes fondateurs du baron de Coubertin ; il œuvre pour que son exemple et celui de ses successeurs soient suivis et encouragés.

Si le Sénégalais restera dans les annales comme le premier compétiteur africain noir, d’autres athlètes lui ont emboité le pas, parmi lesquels le Ghanéen Kwame Nkrumah-Acheampong surnommé le « léopard des neiges « ou l’Ethiopien Robert Teklemarian installé aux Etas-Unis, tous deux alignés lors des précédents jeux de Vancouver en 2010.

 

Si le Maroc détient le record avec 6 participations, il est suivi de prés par l’Afrique du Sud et la Sénégal (5). Viennent ensuite le Kenya et l’Algérie (3), l’Ethiopie (2) et enfin le Cameroun, le Ghana, Madagascar, l’Egypte, le Swaziland, le Togo et le Zimbabwe (1).

 LamineGueye