Yanik

Kyekyeku, prêt à envoûter l’Europe

Vendredi dernier Kyekyeku lançait sa tournée européenne à Bayonne. Entouré de ses musiciens arrivés la veille en provenance d’Accra, le ghanéen mettait le feu au Magneto.

Photos: Yannick Revel

J’ai fait la connaissance de Kyekyeku dix jours auparavant. Dans le public de La Mamisele venu assister au concert de Gaël Faye, j’aperçois un homme au visage arboré de maquillage traditionnel africain. Il n’en faut pas plus m’intriguer. Quelques instants plus tard j’apprends que l’homme du Ghana est un musicien et que parmi ses futures représentations, l’une est dans ma ville, Bayonne.

Un clic sur le web, un coup d’œil sur YouTube et un coup d’oreille sur Soundcloud finissent de me convaincre. Séduit par le son produit par cet artiste, je ne pouvais rater son passage au Magneto. RDV est pris quelques heures avant le show afin d’échanger quelques mots.

« Les Landes, c’est un peu comme le Ghana »

Arrivé en France, quatorze mois auparavant, Kyekyeku s’exprime dans un français remarquable. Heureux de découvrir la culture locale et de faire connaître la sienne, il est le genre de personne qui s’intègre à vitesse grand V, sourire et optimisme à l’appui. « Je me suis bien adapté à la France » dit-il avant d’avouer son secret. « Je fais entrer du fromage et du vin français dans ma bouche, ensuite il en ressort des mots français ».

 

L’africain est installé à Tosse, un village situé dans les Landes. Quand j’évoque le décalage entre le sud-ouest et la Ghana, sa réponse est plutôt surprenante. « Bien sûr, c’est calme au village de Tosse comparé à l’agitation de la capitale Accra ».  « Mais au fond, les Landes, c’est un peu comme le Ghana ; beaucoup de verdure et de forêt ».

Vaudou dans la casemate

L’heure du concert approche et j’ai hâte de voir l’énergie de ce bonhomme déversée sur scène. D’observer comment le public local percevra son art aussi. Sous les voûtes humides de la casemate bayonnaise, les gens arrivent au compte goutte jusqu’à finalement remplir la salle. La plupart ne connaissent pas la musique de Kyekyeku, plutôt un public de curieux. Pourtant, à la fin du show, tout le monde est transporté de joie. Il y a des signes qui ne trompent pas. Et quand une salle entière se met à danser, on se dit que le pari est réussi.

Lui qui souhaite avant tout donner du fun aux gens, a accompli ce soir sa mission avec brio. Ses armes : l’afro-beat, le highlife et la palmwine ; des styles musicaux africains vitaminés. Face à ce mélange de blues, de funk, de percussions traditionnelles et de cuivres, impossible de rester immobile.

Avec sa musique transgenre et son esprit sans frontière, Kyekyeku transporte le public pour un voyage sans limite. Totalement envoûté par cette « Africa voodoo party ».  

 

Prochaines dates de Kyekyeku : le 21/06 à Seignosse et le 23/06 à Capbreton. Puis, un peu partout en Europe.

www.kyekyekumusic.com

Suivez aussi sa tournée européenne sur Instagram


Journal d’un néo végétarien : moine ou super héros ?

Depuis quinze jours, j’ai adopté le régime végétarien. Après une longue phase de réflexion, j’ai finalement effectué le grand saut. A la surprise de mon entourage, dont les réactions ont été variées. Beaucoup ne voient dans cette décision qu’un sacrifice, souvent mal perçu…

Considéré comme ennuyeux, le régime végétarien n’a pas la faveur de mes proches. Au-delà de voir cela comme triste, ces amis ne comprennent pas cette renonciation. Moi végétarien ? Moi le critique gastronomique en culotte courte ? Impensable pour ceux qui ont parié sur un craquage imminent.

Etre végétarien, une condition monacale

On ne raye pas toute une vie d’omnivore du sud-ouest en un coup de fourchette. Les saveurs sont encore présentes dans mon esprit. Et les envies aussi. Alors pourquoi se priver ? « On a qu’une vie » dirait l’autre. Je lui répondrais que l’animal dans son assiette n’en avait qu’une aussi. De quel droit puis-je la lui ôter ? Bien incapable de tuer un animal, je ne vais pas me contenter de laisser faire le sale boulot à ma place et d’en profiter.

 

Mais les huîtres du dimanche après un samedi soir agité… Quel regret ! « Parce que le poisson aussi ? » me demandent les copains. « Qui tue un bigorneau, tue un veau », je rétorque. Pas question d’instaurer une hiérarchie entre les vies animales.  S’en suit alors un débat sur l’absence de système nerveux chez l’huître ce qui, par conséquent, m’autoriserait à en gober. Au diable son cerveau et son QI, le coquillage doit être supprimé de mes envies iodées !

« T’as vraiment envie de t’emm…. toi »

« Comme si l’on n’avait pas assez de contraintes, tu t’en rajoutes une de plus » pensent certains. Dans une vie où nos libertés sont rares, me voilà privé de celle de manger ce que je désire. Ainsi le voient-ils ; comme une privation. Mais mon choix délibéré m’autorise à poser une question. Est-ce moi qui subirais une aliénation ? Ou ceux qui sont incapables de se passer de leur alimentation trop carnée, trop sucrée, trop salée… ? A mon sens, la liberté consiste à se libérer des chaines de dépendance.  La façon de se nourrir en est incontestablement une.

oEuvre de RAF detournee sur un mur de Barcelone @ Yannick Revel

 

D’autres personnes expriment de l’admiration face à ma démarche. Souvent des femmes je constate. Certainement plus sensibles à la cause animale. Elles n’en sont pas pour autant végétariennes bien qu’elles le souhaiteraient dans l’idéal. De leur part, je reçois des messages d’encouragement de ce genre : « bravo, je suis incapable d’en faire autant ».  

Un souffle de liberté

Un peu comme les fumeurs qui savent que ce n’est pas bon mais continuent malgré tout pour le plaisir. Ou par accoutumance, l’analogie ne me parait pas incohérente. Rompre avec les us et coutumes, se débarrasser de ses dépendances, résister à la pression sociale… voilà comment j’envisage la décision prise. Assumer ses convictions, c’est s’affirmer. Changer ses habitudes sans se soucier du regard d’autrui,  c’est gagner en liberté. Le contexte socio-culturel nous programme dès la naissance. Heureusement il reste une part de volonté individuelle pour briser ce que certains qualifient de déterminisme. Ainsi chacun peut reprendre les rênes de son existence, et devenir le super héros de sa propre vie.


Gaël Faye ; le choix de la liberté, le goût du partage

Au pays du rugby roi, tout le monde n’était pas devant sa télévision dimanche dernier. Pendant que le Top14 jouait son acte final pour désigner  le champion de France, une salle des Landes accueillait le concert de Gaël Faye. De retour de Kigali, le rappeur écrivain se produisait dans le village de Saubrigues. Pour un beau de moment de rythmes, de lettres, de joie et de partage.

@ Yannick Revel

Quand il nous dit qu’il accomplit son rêve en jouant dans cette petite salle de campagne, Gaël Faye ne verse pas dans le mégalo. Ses paroles sonnent vrai et la sincérité jaillit du visage de l’ex trader. La course à la réussite, très peu pour lui. Les partitions ont remplacé les courbes boursières, et les rapports financiers ont cédé la place à des pages autrement plus poétiques.

Il y a ceux qui espèrent et ceux qui agissent. Le franco-rwandais fait indéniablement partie de la seconde catégorie. Lui qui a abandonné les bonus de fin d’années pour jouer les saltimbanques.  Lui qui a quitté Paris pour vivre à Kigali avec sa femme et son enfant. Lui qui a mis entre parenthèse sa carrière musicale pour écrire un roman.

© Yannick Revel

En accord avec lui-même et avec ses convictions, l’homme ballade sa silhouette filiforme sur scène sans se départir d’un sourire communicatif. Même lorsque les textes sont graves et le beat lourd, il y a toujours une lueur d’espoir dans ses paroles et dans son regard. Du sérieux au dansant, le chanteur échange en permanence avec le public jusqu’à entrer dans une réelle communion. C’est que le poète sait aussi se faire ambianceur. En deux heures de temps il aura su chauffer les spectateurs à grand coup de good vibes et de bonne humeur. A grand coups de beats et de scratchs signés DJ Blanka, de notes de piano et de trompette soufflées par Guillaume Poncelet. Le trio se complète à merveille et l’harmonie est parfaite.

Après avoir mis le feu à un public bondissant, Gaël Faye invite le groupe de première partie à le rejoindre sur scène. Egalement issue de la rencontre de deux fleuves, la chanteuse du duo Kolinga avait préalablement rendu hommage à l’auteur de Petit Pays. Avec classe, la personne honorée met à son tour à l’honneur ce groupe de la région, que le talent risque de pousser bien au-delà de l’Aquitaine. Ensemble, ils improvisent autour du mot liberté décliné en français et en lingala pour un dernier moment de partage. Car à quoi bon vivre ses rêves, si ce n’est pas pour les partager ?

 


Journal d’un néo végétarien : les réactions de l’entourage

Il m’aura fallu des mois de réflexion mais je me suis enfin jeté à l’eau. Depuis le 1er juin, je suis devenu végétarien. Est-ce que ça va être difficile ? Quelle sera la réaction de mon entourage ? Après une première semaine dans cette nouvelle vie, j’ai obtenu quelques réponses à mes questions.

 

Au quotidien, les choses ne s’annoncent pas si compliquées. Salades et fruits à gogo, les journées ordinaires se déroulent sans encombre. Le week-end pentecôtier de trois jours allait néanmoins me mettre à l’épreuve. Sorties et repas entre amis me laisseront ils le ventre creux ?

Apéro végétal Vs planche de charcuterie

Pour finir la semaine en douceur, me voilà convié chez des amis. En attendant le combat de Tony Yoka, je tête une bouteille de bière, grignotant des tomates cerises, carottes et autres branches de chou-fleur disposées à l’apéro.  Au moment de passer à l’assiette, mes copains dévorent des lasagnes maison à l’odeur fort alléchante.  Attentionné à mon égard, le poto improvise une salade composée pour le néo végétarien. Coool !

© Jill111 / Pixabay

Le lendemain, finale de Ligue des Champions oblige, une soirée pizza bières entre braguettes se profilent à l’horizon. A l’heure de l’apéro, chips et saucisson arrivent sur la table. Pas touche à la cochonnaille, personne ne s’en aperçoit, ni vu ni connu. Avant de se remplir l’estomac, je lâche la bombe aux copains. « T’es chiant ! » me lancent-ils au visage. Comme si ce choix alimentaire faisait de moi un être triste… Bref, au moment de sortir les galettes italiennes, je suis sauvé. Une pizza tomate, mozzarella, basilic me tend les bras.

Le végétarien, cet être ennuyeux

Cette semaine m’a aussi permis de recevoir des réactions variées quant à mon choix. Sur les réseaux sociaux, les réponses sont plutôt bienveillantes, partagées entre les messages d’encouragements et de compassion. En privé, les gens que je croise ont parfois des avis beaucoup plus tranchés sur la question.

Les proches se lâchent, et le terme « chiant » revient à plusieurs reprises. A les écouter, mon choix n’est pas fun et le végétarien serait un être triste, un rabat-joie des temps modernes qui gâche le plaisir des carnivores. Loin de moi cette ambition pourtant. A moins que mon choix ne les amène tout simplement à réfléchir, voilà peut-être ce qu’ils considérèrent barbant.

 

D’autres se montrent plus favorables voire admiratifs quant à cette décision. Ces derniers avouent parfois qu’ils aimeraient effectuer ce grand saut mais ne s’en estiment pas capables. A vrai dire il n’est pas question d’être capable ou pas, mais simplement d’être prêt. Pour moi le moment était arrivé.

 

 


C’est décidé, je deviens végétarien

J’ai décidé de devenir végétarien et je suis de Bayonne. Une ville où l’on sait vivre et où l’on aime bien manger. Moi aussi, j’adore la table ; sa convivialité et ses plaisirs gustatifs. A ce titre, je multiplie les repas entre amis à domicile ou dans les restaurants de ma région sur lesquels j’écris dans mon autre blog.

Bayonne, c’est le jambon, le pâté basque, le typique axoa, une bonne côte de bœuf entre potes… J’apprécie tout ça mais je souhaite pourtant m’en priver. J’entends déjà les rires de mes potes lorsque je vais leur annoncer la nouvelle. « Toi végétarien? Tu ne tiendras pas trois jours!!! » clameront ils en chœur à n’en pas douter. C’est ce que l’on va voir…

© Dedko
Si on réfléchit deux minutes…

Evidemment, un tel choix de vie se mûrit pendant des semaines, des mois. Car si l’on y pense un instant avant de se mettre à table, une question évidente se pose à nous. Est-on obligé d’ôter une vie sur terre pour subvenir à nos besoins organiques ? Poser la question c’est déjà y répondre.

« Oui, mais le plaisir de bouche » me répondront les épicuriens… Pire encore, faut-il tuer pour se faire plaisir ? Le cas de conscience s’aggrave. D’autant plus que je suis le genre de type qui, lorsqu’il croise un insecte chez lui, le capture délicatement pour le libérer ensuite par la fenêtre. Incapable de faire de mal à une mouche.

Il est alors temps pour eux de sortir l’argument choc du café des sports.

Adios jambon de Bayonne, de Parme, de Teruel et d’ailleurs… ©Efes / Pixabay
Quoi de plus naturel

« Mais voyons Yannick, c’est dans la nature humaine de chasser pour se nourrir, depuis la nuit des temps ». Comme si entre le bureau et la salle de sport, l’homme moderne affûtait sa lance pour chasser la biche dans la forêt des Landes. Dans notre vie en société, les comportements naturels sont bien rares et les seuls êtres qui peuvent encore avoir des raisonnements purs sont les enfants. Et que se passe-t-il quand un bambin prend conscience de ce qu’il a dans l’assiette ? Que ses steaks hachés et autres nuggets sont issus des animaux qu’il chérit tant dans les dessins animés ? Tout simplement, en toute innocence, il dit que ce n’est pas bien, et les parents qui me lisent ici pourront le confirmer. Et si c’était ça le vrai instinct naturel de l’homme ?

Street Art by © Banksy
Une affaire de conscience

Je ne suis pas un ardent défenseur de la cause animale. Pas du tout même. Préférant de loin consacrer mon énergie à la cause humaine qui me semble prioritaire. Ceux qui partagent des liens de colère contre la maltraitance animalière et se jettent sur une entrecôte le soir venu, me font doucement sourire. J’y pense et puis j’oublie, c’est la vie, c’est la vie…

 

En résumé, il me semble que devenir végétarien accordera mon mode de vie avec mes convictions. Mais la pression de l’entourage et des habitudes culturelles aura-t-elle raison de cette aspiration. L’avenir me le dira et vous sera raconté régulièrement sur ce blog. To be continued…

 


Les « 3 Etché », un pèlerinage basque vers la Guinée

Quel est le point commun entre l’espadrille, la pelote basque et la Guinée Conakry ?  « Les 3 Etché «  bien sûr ! Ce projet un peu fou issu d’une rencontre basco-guinéenne, parcourt actuellement la France. Sa mission : diffuser la culture basque et récolter des fonds pour construire un mur de pelote basque en Guinée.

© Les 3 Etché

Comme beaucoup d’aventures, tout est né d’une rencontre. D’un côté un Basque de Mauléon, Beñat Cazenave, et de l’autre, Charles André Delamou, Guinéen de Conakry. Le premier, amoureux de la culture de sa région, souhaite la diffuser auprès du plus grand nombre. Le second s’indigne de voir le manque d’avenir pour la jeunesse guinéenne. Les deux ont un point commun : le sport et plus particulièrement, la pelote basque. D’ailleurs, Charles est le président de la fédération de pelote basque de son pays d’Afrique de l’Ouest.

Des symboles basques, une action en Guinée

C’est au sein de l’association Avenir Jeunesse Guinée que les deux compères unissent leurs forces. Leur énergie et leur imagination sans limite accouche d’un projet illustré par un tour de France à bicyclette. Pendant ce périple entamé le 30 avril dernier au départ de Mauléon, le rallye cycliste parcourra plus de 5000 km jusqu’au 2 juillet prochain.  Du Sud-Ouest à la Bretagne en passant par l’Alsace et la Provence, l’épopée « Les 3 Etché » apporte chants, danses, pelote et jeux basques dans les villes et villages traversés. Elle livre aussi les espadrilles commandées par les internautes en soutien du projet. Car chaque paire de sandale vendue permet de financer 40cm² de construction à Kaloum.

Charles André Delamou © Les 3 Etché
Un investissement sur la jeunesse de Guinée

A l’instar de la Serge Betsen Academy qui aide les jeunes du Cameroun au travers des valeurs du rugby, l’association souhaite mener un projet équivalent axé autour de la pelote basque. Au cœur du projet, ce sport de balle devient un prétexte ludique pour tisser du lien social et entamer des actions socio-éducatives auprès des enfants et adolescents. Parce qu’au-delà du mur de pelote basque, un pôle de santé est également programmé et des échanges pédagogiques entre écoles sont organisés. Il leur reste néanmoins du chemin à parcourir, la fin du tour de France ne sera que le début du travail de l’association. Un travail de fond qui veut contribuer à améliorer la vie des jeunes Guinéens. Car Charles André Delamou le déplore, « les jeunes de mon pays aspirent tous à venir en  Occident, pensant qu’ici c’est l’Eldorado ». Il perçoit cette action d’envergure comme un investissement « pour que la jeunesse puisse réussir dans son pays » ajoute-t-il.

© Les 3 Etché

Pour réussir leur pari, « Les 3 Etché »  doivent réunir la somme de 70 000 €. Toutefois, il reste encore de nombreuses paires d’espadrilles disponibles à l’achat. Alors rendez-vous sur une des villes étapes de ce tour solidaire pour goûter aux joies des traditions basques. Et poser votre brique dans ce mur de solidarité.


Panafrica, le tissu wax à l’assaut des pieds européens

Créée par deux copains français en 2015 la marque Panafrica propose une gamme de chaussures aux couleurs de l’Afrique. Mais au-delà d’illuminer les démarches, il s’agit aussi d’un projet vertueux dont chaque étape se veut responsable.

Photos: site web de Panafrica
Des chaussures à l’image des mégapoles africaines

Alors qu’il travaille plusieurs années en Afrique (Sénégal, Côte d’Ivoire et Congo Brazzaville), Hugues flashe sur les tissus wax. Pour son retour en France, il remplit ses valises de ces étoffes pour les confier à son ami Vulfran. C’est à lui que revient la mission de les transformer en chaussures. Il en résulte aujourd’hui une gamme composée de 22 modèles. Chaque modèle nous transporte dans l’ambiance de la ville africaine dont il porte le nom. Ocre à Nairobi, pourpre à Dakar, verdoyante à Abidjan, fruitée à Conakry, l’inspiration provient de l’atmosphère locale. Toutes aussi séduisantes les unes que les autres, ces tennis colorées s’apprêtent à ensoleiller les pas de nombreux citadins européens.

Le tissu wax au cœur d’un projet éco-responsable

Le tissu wax est en vogue dans l’hexagone. De nombreuses marques se sont engouffrées dans la tendance pour réinventer ces imprimés africains. La Maison Château Rouge fait fureur à Paris avec ses T-Shirt inspirés du football américain. Les sœurs Affogbolo cartonnent aussi sous le nom de Nash Prints It. Shade et Nafi fabriquent leurs vêtements au Bénin et leur notoriété a explosé depuis une collaboration avec le géant Pimkie. 

© Maison Château Rouge

 

Au-delà de l’aspect esthétique, Panafrica est avant une histoire de conviction. Devant la rude concurrence dont sont victimes les producteurs locaux de tissus wax, le duo français a adopté une démarche équitable. Pour les tissus, ils s’approvisionnent exclusivement en Afrique de l’Ouest en achetant au juste prix, s’inscrivant ainsi dans l’économie locale de façon équitable. La fabrication est quant à elle effectuée au Maroc, près de Casablanca.

La démarche ne s’arrête pas là puisque 10% des bénéfices sont reversés à des associations partenaires. Projets éducatifs au Cameroun, kits scolaires au Bénin ou formation professionnelle au Burkina Faso, voici les projets auxquels les marcheurs en Panafrica ont pu contribuer.

 


Serge Betsen Academy, le rugby éducatif au Cameroun

Depuis sa retraite sportive, l’ancien capitaine du XV de France se consacre à son association Serge Betsen Academy. Créée en 2004, l’académie utilise les valeurs du rugby pour aider les jeunes défavorisés du Cameroun.

Photos © Serge Betsen Academy

Savez-vous que l’ancien capitaine du XV de France (63 sélections de 1997 à 2007)  est né au Cameroun ? En effet, c’est à Kumba que Serge Betsen a vu le jour, avant de partir pour la capitale Yaoundé. Jusqu’à 9 ans il grandira dans le quartier populaire de Nkolndongo avant de quitter le continent pour rejoindre la France.

Du Cameroun au XV de France

Dans l’hexagone, il découvre le rugby, sport dans lequel il excelle jusqu’au plus haut niveau. Au sommet de la planète ovale, il retourne pour la première fois dans son pays natal en 2001. Dix-huit ans après son départ, cette rencontre avec ses origines est un vrai déclic. D’autant plus qu’il constate que des jeunes sur place jouent au rugby. Le temps de digérer et de mûrir ce voyage, et le premier centre de l’association voit le jour.

La Serge Betsen Academy, c’est aujourd’hui cinq centres dans le pays : à Bafia, Bangangté, Zoetele, et deux à Yaoundé. L’objectif de ces lieux d’apprentissage est de se servir les valeurs du rugby pour œuvrer en faveur des jeunes défavorisés. Mais si le sport est au cœur du projet il n’est qu’un des trois piliers du triptyque fondateur de l’association : Education, Santé et Rugby.

Serge Betsen Academy, le rugby en prétexte humanitaire

Ces lieux de vie ne sont pas comparables à certaines académies de football qui pullulent sur le continent. L’objectif de ces dernières est souvent orienté par des vues lucratives. Car les bénéfices provenant des ventes des joueurs formés et placés dans des clubs européens peuvent s’avérer juteux. Rien de tel chez Serge Betsen où la mission est totalement désintéressée. Pas de miroir aux alouettes pour devenir un futur millionnaire du sport mais une œuvre caritative intégrée dans le tissu local.

« L’école du rugby, l’école de la vie » était autrefois le slogan de la Fédération Française de Rugby à l’encontre de ses jeunes pratiquants. Cette discipline humainement riche inculque des valeurs d’effort, de solidarité, de mélange, de partage, qui sont transmises dans les cinq académies. Au-delà des entraînements rugbystiques, des séances de soutien scolaire sont organisées plusieurs fois par semaine. Un dispensaire est également ouvert dans chaque centre. Des soins et des campagnes d’information y sont délivrés.

Des projets au Cameroun et des coups de pouce ailleurs

Le travail des bénévoles de l’association s’adresse autant aux enfants qu’aux parents. Ainsi la Serge Betsen Academy a impulsé la mise en place d’une coopérative agricole. Cette structure permet à des femmes de Bagangté de gérer leurs récoltes de maïs et de haricots.

L’avenir est chargé de projets. Au Cameroun, un nouveau centre se profile dans la capitale économique de Douala. Sans frontières, la Serge Betsen Academy n’hésite pas aider d’autres associations aux Etats-Unis, au Cambodge ainsi qu’à Madagascar. Parce que l’entraide n’est pas une question de nationalité ou de racines, c’est avant tout une histoire de cœur.

 


Présidentielle : vote d’abord, agis ensuite !

Tu n’es pas satisfait du duel qui se présente pour l’élection présidentielle. Comme beaucoup tu te sens frustré et tu envisages sérieusement de ne pas choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. J’ai également pensé à cette option avant de définitivement opter pour le vote Macron. Car si Le Pen n’est pas envisageable, ne rien faire n’a rien de militant. Ce n’est pas un acte politique.

© André-Philippe Côté
Voter pour le moins pire

Alors, à ceux qui ne savent pas encore s‘ils iront voter, j’ai envie de dire une seule chose : vote pour le moins pire. Si aucun des deux candidats ne te représente, il y en a forcément un avec qui tu as moins de désaccords que l’autre.

Tu n’approuves pas la voie ultra libérale que peut représenter Macron ? Tu pourras t’exprimer ensuite, agir au quotidien pour faire entendre ta position. La semaine dernière, j’émettais des doutes sur le profil de Macron mais entre lui et l’autre, c’est à lui que je donne mon vote. On ne peut pas rester de marbre face à une telle opposition. Encore moins les renvoyer dos à dos comme s’il s’agissait de la peste et du choléra. Car en réalité, c’est plutôt une grippe contre le cancer.

Continuité versus régression

Tu ne crois pas que Macron représente un changement pour le pays ? Au pire, s’il ne parvient pas à mener les transformations qu’il promet, nous serons dans une certaine continuité. En face, une bande d’amateurs incapables d’écrire un discours, jure une régression de quatre décennies. Exit l’Europe, à bas l’Euro, dehors les étrangers, nationalisons les entreprises… Des affirmations aveugles, à l’inverse du mouvement du monde. La planète est globalisée, cette interpénétration des économies et des cultures se construit depuis près de deux siècles. La globalisation n’est ni une maladie, ni une religion, c’est un état de fait qui se poursuit. Et comme toute règle du jeu, soit on s’y adapte, soit on est exclu. Ce qui est certain, c’est que lorsqu’on n’est pas sur le terrain, on ne peut pas influer sur le jeu.

Le vote est-il utile pour changer la société ?

Tu es désenchanté et tu dois bien te rendre compte d’une chose : l’élection présidentielle n’apporte pas l’homme providentiel. Le président n’a pas de baguette magique. Les « y’a qu’à », « faut qu’on » des campagnes sont bien vite confrontés aux dures réalités de l’exercice du pouvoir. Si les changements ne se font pas à l’échelle étatique, bon nombre d’entre eux peuvent en revanche être entrepris au niveau local. D’un point de vue politique bien sûr avec les élections législatives à venir en juin. Mais aussi sur le plan de la société civile. Tu veux une société meilleure, alors agis ! Les associations d’entraide ne manquent pas et les besoins de bénévoles sont permanents. Ça te gratte le dos de porter des vêtements fabriqués dans des bâtiments qui menacent de s’effondrer ?  Tu as du mal à avaler du chocolat industrialisé par des multinationales exploitant des enfants ? Alors renseigne toi, et boycotte les marques au comportement irresponsable.

© Lute

« Sois le changement que tu veux voir dans le monde » affirmait Gandhi. Cette campagne présidentielle aura eu le mérite de remettre la politique au centre des débats entre les français. Mais nos concitoyens sont malheureusement trop habitués à attendre des solutions de l’état alors que désormais l’avenir appartient à chacun d’entre nous. Par conséquent, un seul mot d’ordre pour dimanche : votons et ensuite, agissons !


Faut-il croire en la startup Emmanuel Macron ?

Un an. C’est le temps qu’il aura fallu à l’entreprise politique d’Emmanuel Macron pour atteindre les plus hautes marches du pouvoir. En douze mois à peine, la startup En Marche est en passe de le propulser à la présidence de la république française. Mais cette progression éclair est-elle un mirage ? Ou un réel espoir pour l’avenir ? Derrière la façade positive, la success story pose de nombreuses interrogations.

© site web En Marche
Une ascension fulgurante

A 39 ans, le novice Emmanuel Macron est aux marches de l’Elysée. Au lendemain du premier tour, les sondages laissent entrevoir un boulevard pour le 7 mai. Jamais nous n’aurons eu un président aussi jeune. Jeune par les ans et par l’expérience des affaires publiques. Jamais élu, il évolue néanmoins dans les cabinets de François Hollande avant d’être nommé ministre de l’Economie de 2014 à 2016. Il quitte alors le poste pour fonder En Marche en avril 2016. Son entreprise politique reçoit vite des soutiens de poids, ce qui lui permet de mener une campagne séduisante auprès des médias et d’un jeune public.

En Marche, une startup innovante ?

L’homme au physique télévisuel se pose comme un novateur. Au-delà des clivages, Emmanuel Macron souhaite le rassemblement et oublier le sempiternel fossé gauche/droite. Un discours déjà entendu depuis de nombreuses années. François Bayrou, un de ses principaux soutiens, avait créé le Modem dans le même esprit. Dans un souci d’ouverture, il désirait rallier personnalités publiques de tout bord. Fondé en 2007, le Modem est en quelque sorte un En Marche arrivé 10 ans trop tôt. Ou mal incarné, ou peut-être les deux.

© Reuters / Charles Platiau

A part le célèbre centriste béarnais, les soutiens sont nombreux. Beaucoup sont membres ou très proche de l’actuel gouvernement au pouvoir. C’est le cas de Jean-Yves Le Drian, Thierry Braillard, Barbara Pompili, Bernard Poignant, Bertrand Delanoë… Pour le sang neuf, on repassera. Pire, beaucoup considère qu’Emmanuel Macron est tout simplement le fils spirituel de François Hollande.  Dès 2012, il est ainsi présenté comme l’homme qui murmure à l’oreille du président. De plus, un autre ancien conseiller de Hollande, Aquillino Morelle, l’affirme également sur France Info en février dernier. Enfin, plus loin dans le raisonnement, Marianne, le magazine proche des couleurs socialistes  publiait un édito : « Macron c’est Hollande candidat ».

 

Un concept bien marketé

Pour qualifier une startup, on retient généralement deux critères : l’aspect innovant et l’effet de masse sur la population. Le nombre de votes permet de valider le second critère sans problème. En revanche, pour l’innovation, c’est un autre débat. Une analyse pointue laisse une certaine amertume, voire un sentiment de tromperie. Un président impopulaire, pousse son jeune poulain, dont la vision  politique est identique à la sienne. Cependant, les électeurs en ont-ils vraiment conscience ?

© Poll/ABACA

Les soutiens de Macron sont issus du sérail politique, économique et financier. Depuis des années, des décennies. Alors si l’innovation n’est pas dans l’idée d’ouverture (cf. Modem), où est-elle ? Faire passer un concept comme nouveau avec des ingrédients anciens, les as du marketing savent bien le faire. Prenez une tête de gondole au sourire Ultrabrite, de l’enthousiasme, de l’envie, il n’en faut pas plus pour convaincre. Juste la sensation de nouveauté. En ce sens, En Marche serait un Airbnb politique. Une idée réinterprétée avec brio.

https://www.youtube.com/watch?v=rfuwy1jiJEQ

Emmanuel Macron ou la licorne politique

Toujours est-il que le destin présidentiel tend les bras à Emmanuel Macron. En effet, en un temps record, la petite entreprise aura brûlé toutes les étapes. Quatre à quatre les marches du pouvoir sont gravies avec un score qui s’annonce impressionnant. Le vote de 18.21% des inscrits sur les listes électorales s’est porté sur la fraîche startup. Et au second tour, nul doute que l’action de la société va artificiellement gonfler. Car l’opposition à Marine Le Pen ne laisse pas un grand suspens sur l’issue du scrutin. Par conséquent, le fort score attendu gonflera un peu plus la bulle médiatico-politique dont bénéficie l’ancien ministre de l’économie.

© David Guerra Terrol

Hier soir, Emmanuel Macron a appelé les électeurs à s’orienter vers lui au second tour dans un vote d’adhésion. Néanmoins, comme trop souvent depuis 2002, il s’agira pour beaucoup d’un énième vote de rejet. Une grande partie du pays choisira ce qu’il estime être le moins pire. Le futur président sera donc dans une position délicate : obligé de composer entre les espoirs générés auprès de ses convaincus, et le scepticisme des électeurs pragmatiques du 07/05/2017. Espérons toutefois qu’il ne soit pas comme son prédécesseur et « père spirituel », un excellent candidat mais un piètre gouvernant engoncé sous le poids du consensus.