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KALAKARRIKA
Article : Centrafrique: 2000 soldats pour sortir du chaos
D'ici et d'ailleurs
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18 avril 2013

Centrafrique: 2000 soldats pour sortir du chaos

Republique_centrafricaine_carteForce est de constater que l’arrivée de Michel Djotodia à la tête de la Centrafrique, loin d’avoir réglé les problèmes, plonge encore plus le pays dans les abîmes du chaos.

Meneur du coup d’état qui poussa son prédécesseur François Bozize vers la fuite, le président autoproclamé avait dans un premier promis le respect des accords de Libreville en vue d’instaurer une période de transition devant lancer le pays vers la reconstruction.

Djotodia, l’ « homme fort » ?

A la tête d’un état fantomatique, brisé par des décennies de dictature dont le seul objectif était d’enrichir les dirigeants au détriment des citoyens, le nouvel « homme fort » n’est pas si puissant que cela, il n’est même pas en mesure de contrôler les hommes de la coalition armée Seleka qui l’ont porté au pouvoir. Ceux-ci errent dans les rues de Bangui à la recherche des pires méfaits à commettre, enchaînant exactions, pillages et combats inter milices. Face à l’amplification des violences le prétendu « homme fort » a bien dû se résoudre à admettre son impuissance. Mardi dernier, ce dernier annonce des mesures pour sécuriser la capitale à grand coup de renforts de policiers et gendarmes et évoque la possibilité de faire appel aux forces armées tchadiennes.

Le même jour, le premier ministre Nicolas Tiangaye demande officiellement l’appui de la France et de la Fomac (force militaire d’Afrique centrale) tandis que Ban Ki-moon appelle la CEEAC (communauté économique des états d’Afrique Centrale) et l’Union Africaine a prendre les mesures urgentes pour le retour à une situation pacifiée.  

    

Idriss Deby Itno, le véritable homme fort de Bangui?
Idriss Deby Itno, le véritable homme fort de Bangui?

Qui pour intervenir en Centrafrique ?

Tel est l’objet des tractations qui ont cours depuis plusieurs jours en amont du sommet des chefs d’états d’Afrique

centrale, auquel Michel Djotodia n’a pas été convié, se déroulant aujourd’hui à N’Djamena sous la présidence du Tchad. 

Le pays présidé par Idriss Deby Itno est régulièrement appelé à la rescousse par son voisin du sud et son rôle joué dans la prise de Bangui par les troupes Seleka est un secret de polichinelle.  Récemment auréolé par une nouvelle crédibilité sur la scène diplomatique, cet état dispose d’une armée compétente dont une partie est actuellement présente au Mali. L’engagement volontaire dans le conflit malien n’a pas été sans surprendre, surtout venant  d’un état qui ne fait pas partie de la Misma. Mais la présence tchadienne dans l’Azawad aura été de courte durée puisque M. Deby en a annoncé dimanche dernier le retrait. A l’écoute des déclarations prononcées deux jours plus tard par les instances de la capitale banguissoise, on pourrait interpréter cette décision dans le cadre d’une préparation à un redéploiement vers un territoire qu’elle connaît sur le bout des doigts.

Une intervention de l’ancienne puissance coloniale est également envisagée par certains. Bien que la France soit le premier investisseur du pays, ses intérêts économiques y sont relativement faibles et le contexte bien différent de celui du Mali. Cependant, l’hexagone est un fidèle partenaire plaideur de la cause centrafricaine devant les institutions internationales et unique état européen diplomatiquement présent in situ.

Devant l’assemblée nationale, le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius répondait hier à la demande de Nicolas Tiangaye, expliquant que « la France est disponible pour appuyer tout effort pour revenir vers la stabilité » conditionnant toutefois ce soutien à la mise en place d’autorités légitimement reconnues, « ce qui n’est pas le cas du président actuel »  a-t-il fini par préciser.

Ni la France, ni le Tchad, directement

Bangui_Shopping_District
Les rues de Bangui ne demandent qu’à retrouver el calme

En toute logique, le sommet de N’Djamena se conclut sur une solution collégiale financée par l’ensemble des états de la CEEAC. Pas moins de deux mille hommes seront dépêchés sur place sous l’égide de la Fomac pour rétablir l’ordre dans le pays. Nul doute que parmi ces soldats, figurera un important contingent de troupes tchadiennes et ce n’est pas l’étiquette Fomac qui masque l’influence démesurée d’Idriss Deby sur un pays qu’il qualifie de « plaie au cœur de l’Afrique centrale ». L’essentiel étant que les populations effrayées puissent enfin reprendre une vie normale et que la pression sur Djotodia soit maintenue afin  de s’assurer du respect des procédures de transition qui, si elles sont respectées, placeraient enfin la Centrafrique sur la case de départ du chemin menant vers la démocratie et de l’indépendance.

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Article : Le jour où Koh Lanta fut annulé
Le jour où...
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8 avril 2013

Le jour où Koh Lanta fut annulé

Pochette d'un album du groupe Disposable Heroes of Hiphoprisy
Pochette d’un album du groupe Disposable Heroes of Hiphoprisy

 

C’était un jour de semaine comme les autres. L’heure de la pause déjeuner a sonné, ce bref moment nécessaire au corps et à l’esprit pour s’alimenter et se changer les idées quelques instants. Attablé devant mon plat, les allers-retours de la fourchette entre l’assiette et la bouche sont rythmés par les informations défilant sur le téléphone portable et les paroles captées ça et là autour de moi.

 

Pas de Koh Lanta cette année, le drame.

De ces discussions banales naissent souvent de belles idées d’articles et à ce moment, mes écoutilles en éveil étaient rivées sur la conversation de deux femmes non loin de là. En tête à tête, les trentenaires évoquent des sujets classiques pour des collègues de bureau. Aux critiques sur leur chef Jean-Michel, succèdent les apitoiements sur la pauvre Nathalie qui vient se faire larguer. « Pauvre d’elle avec ses deux enfants » se préoccupe la fille de droite aux cheveux courts et au grand nez rehaussé par une paire de lunettes à la forme allongée. Foudroyée par un instant de vivacité, la camarade de repas poursuit alors d’un ton révolté en accord avec la gravité du moment : « en parlant d’enfants, je ne sais pas comment annoncer à mes gosses qu’il n’y aura pas Koh Lanta cette année ! ».

J’ai cru un instant avoir mal perçu la teneur de ses propos mais non, c’était bien ça ! La source principale d’inquiétude de cette ménagère de moins de cinquante ans réside dans la non diffusion d’un programme de télévision. Cheveux courts et longs nez tentent alors de minimiser la portée de cette annulation, rappelant à la maman soucieuse que des gens avaient tout de même perdu la vie. Mais la courge de service n’en démord pas, argumentant qu’il s’agit de l’émission préférée de ses enfants (et de leur mère) et qu’ils attendent sa reprise avec tant d’impatience. Elle redoute même d’avoir à les affronter pour leur apporter la terrible nouvelle.

 

Comment le dire aux enfants ?

A cet instant précis, l’envie de m’immiscer dans ces passionnantes considérations me rongeait la langue, la cervelle et les jambes. Voici en substance ce que j’aurais aimé lui remettre en tête pour recadrer son esprit léger. Croyez-vous chère madame qu’il n’y a pas de nouvelles plus difficiles à annoncer ? Pensez-vous aux parents et aux familles frappées par la tragédie ? Quant à vos enfants, vous aurez bien d’autres choses à leur révéler telles que vos mensonges au sujet d’un homme en rouge et blanc, avouer que les cloches n’ont jamais volé et encore moins apporté d’œufs en chocolat, etc, etc… Et que dire des épreuves qui vous attendent lorsqu’il faudra répondre aux questions sur la pauvreté, la sexualité, la violence, le chômage et bien d’autres interrogations.

Désemparée face un tel événement insignifiant (je parle de la non diffusion de l’émission et non des décès), cette réaction excessive reflète l’importance de ce programme dans la société française, un des plus gros succès de la télévision de ce pays. Aventuriers du canapé, les téléspectateurs n’ont que le petit écran pour seul moyen d’évasion et ont l’impression de se voir privés d’un loisir avec cette disparition. Mais rassurez-vous chers parents, il y a bien d’autres activités à partager avec vos têtes blondes (ou brunes) ! Reposez vos écrans plats, et partagez des moments en famille, ensemble et non côte à côte, voici une simple recette qui pourrait vous aider facilement à combler ce vide.

 

La discrétion m’a poussé à ne pas m’imposer dans le dialogue et bien sûr, je n’ai absolument rien dit de tout ce que je viens d’exposer. Buvant les paroles de ces femmes, je jette la dernière rasade de café derrière ma pomme d’Adam et quitte la chaise avec un sourire en coin et…une idée croustillante en tête pour un futur billet.

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Article : Sauver le soldat Cahuzac, sauver la République
D'ici et d'ailleurs
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5 avril 2013

Sauver le soldat Cahuzac, sauver la République

Jérôme Cahuzac, dans l’œil du cyclone.
Jérôme Cahuzac, dans l’œil du cyclone.

 

Dans l’œil du cyclone depuis ses aveux de fraude fiscale, l’ancien ministre du budget est la proie à toutes les critiques, les insinuations, les moqueries.

Je n’irai pas défendre l’acte délictueux commis par celui qui se devait d’être un modèle de moralité, mais il serait souhaitable que les attaques personnelles cessent et que la justice puisse calmement rendre son verdict dans cette triste affaire pour la république.

 

Sauver le soldat Cahuzac

Inutile de revenir sur les faits, la manœuvre est simple, le fraudeur a placé une somme conséquente sur un compte suisse afin de la dissimuler à l’administration fiscale française, ceci dans le but d’éluder l’impôt. Il a avoué sa faute et sera jugé pour ce délit.

Sans vouloir minimiser ses actes, il n’est pas le premier ni le dernier homme politique à être confondu dans des affaires judiciaires et cela ne les empêche pas souvent de poursuivre leur carrière.

Pour sa défense, je ne peux m’empêcher de penser que cette révélation est le fruit d’un piège habilement orchestré. Le vice de Dominique Straus Khan résidait dans son appétit sexuel bestial, la faille de Jérôme Cahuzac était plus discrète mais connue de certains (depuis 2008 semble-t-il). Ces deux hommes étaient donc des proies faciles et le piège s’est refermé sur eux. Mieux vaut être le seul à connaître ses propres faiblesses…

Oui mais en plus il a menti, me direz-vous avec effroi ! Cet épisode de l’accablement me fait doucement rire dans la mesure où, non seulement tout le monde ment au quotidien, mais qui plus est le mensonge fait partie intégrante du métier politique. Les campagnes électorales ne sont-elles pas émaillées de promesses dont les candidats savent pertinemment qu’elles seront irréalisables ? L’exercice du pouvoir n’est-il pas constitué d’annonces biaisées (chiffres du chômage trafiqués selon les méthodes de comptage, annonces de croissance économique volontairement surestimée…) ?

Tel un enfant pris la main dans le pot de confiture, le réflexe premier du larron aura été la négation, une réaction humaine.

 

Nos dirigeants ne sont pas tous des modèles de franchise et de morale, voilà donc une information qu’elle est bonne ! Les français ne sont pas dupes et savent bien que ce type de dérapage sont inévitables mais pour regagner la confiance d’un peuple en proie à de sérieux doutes, il serait temps que les gouvernants s’appliquent à eux-mêmes les principes qu’ils nous répètent au quotidien.

 

Sauver la République

Pour cela, un assainissement de la vie politique devient urgent. Les citoyens ne peuvent pas se contenter de mesurettes et une grande loi de moralisation serait l’occasion de leur montrer que les classes dirigeantes ne sont pas au dessus des lois et des principes qui gouvernent notre vie en société. Les axes de travail sont biens connus des observateurs mais il peut être utile d’en rappeler quelques-uns.

Pas de mandat national pour une personne condamnée par la justice.

Que le coupable se représente dans son fief, et y soit réélu, soit ! Le peuple est souverain, son verdict se glisse dans l’urne. Cependant, il ne peut plus être toléré que des gouvernements comportent en leur sein des personnes qui ne soient pas irréprochables.

Ce principe énoncé par François Hollande lors de campagne, fut trop vite oublié puisque le gouvernement actuel comporte au moins deux de ses membres jugés et condamnés.

 Fin du cumul des mandats

Cette disposition doit être adoptée, effective et appliquée. Une personne divisée entre plusieurs mandats ne peut pas être efficace et certaines des fonctions confiées sont forcément réalisées avec moins de volonté ou de productivité que d’autres.

Freinée des quatre fers cette règle devrait être votée d’ici fin juillet 2013, sa mise en place dans les faits ne devrait pas intervenir avant 2017. D’ici que le texte soit modifié ou reporté…

Pas de présence, pas de rémunération

Tout travail mérite salaire et tout salaire mérite travail. Ce dicton s’applique à la plupart des citoyens français mais pas aux parlementaires. Qu’ils soient présents ou absents, forces de proposition ou invisibles,  actifs ou dormants, le résultat est le même : ils perçoivent leur solde et l’ensemble des privilèges correspondants.

 

Ces quelques pistes enfantines ont trop souvent été mises de côté dans un souci de préservation des avantages acquis mais ne peuvent plus être ignorées à ce jour. Du désabusé,  la population est sur le chemin de l’exaspération avec tous les risques que cela comporte.

A moins qu’un signal fort ne soit émis en sa direction, afin qu’un scandale de plus ne se transforme finalement en déclic vers une réforme de fond.

 

 

 

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Article : Cérès Franco, une collectionneuse au service d’une âme d’artiste
Arts Visuels
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27 mars 2013

Cérès Franco, une collectionneuse au service d’une âme d’artiste

Éclectique et atypique, la collection Cérès Franco est à l’image de son instigatrice. D’origine brésilienne, celle qui arriva en France au crépuscule des années 1950, démarra sa carrière par l’organisation et le commissariat d’expositions avant d’ouvrir son propre établissement parisien. Fonctionnant au coup de cœur, l’ancienne galeriste  de « l’œil de bœuf », s’est constitué un trésor d’art alternatif loin des sentiers battus et officiels.

Une partie de ses acquisitions est actuellement visible (jusqu’au 6 avril 2013) au Centre d’Art Contemporain Raymond Farbos de Mont de Marsan. Ce lieu culturel continue dans la lignée de ses programmations précédentes, retrouvant dans cet évènement plusieurs artistes qui furent à l’honneur dans ce musée lors des derniers mois.

Malgré la diversité de la soixante d’œuvres présentées, la difficulté de composer un accrochage et un parcours cohérent est brillamment contournée par une organisation en trois espaces offrant chacun des aspects et des émotions contrastés.

Une sculpture de Patrick Guallino. En arrière plan deux toiles de Joël Crespin.
Une sculpture de Patrick Guallino. En arrière plan deux toiles de Joël Crespin.

Accueilli par une explosion de couleurs, le visiteur se voit propulsé vers l’art brut et la palette vive de Joël Crespin  dont une magnifique interprétation de la beauté féminine toute en relief. Une peinture sculptée où se mêlent sensibilité et naïveté, voilà qui donne le ton de la visite ! Lors du tour de cette première salle, la gaîté primitive laisse peu à peu place à des univers plus graves ; critique et absurde avec les personnages « boteronds » de Michel Henocq, sombre et torturé sous les pinceaux de Stani Nitkowski, pour terminer sur une inquiétante exploration de la folie signée Marcel Pouget.

 

"Ah! Que les femmes sont belles" Joël Crespin, 1997 (130x195cm)
« Ah! Que les femmes sont belles » Joël Crespin, 1997 (130x195cm)

Le deuxième espace offre à nouveau cette sensation de montagnes russes. Ici encore la couleur répond à la sobriété, l’intrigue fait face à la joie. Les styles et les visions se succèdent, s’entrechoquent et le spectateur passe en un clin d’oeil de l’abstraction (avec une toile de John Christoforou à forte influence Hans Hartung) à la figuration spontanée et éclatante (Chaibia, Corneille) en passant par les notes ultra poétiques de Pepe Donate, et l’expressionnisme inquiétant de Jean Rustin.

"Taureau" Pepe Donate (114x146cm)
« Taureau » Pepe Donate (114x146cm)

 

L’escalade de quelques marches permet d’accéder au dernier volet de ce chemin triptyque. L’ascension est couronnée par l’accueil de Vincent Van Gogh qui attend le grimpeur au travers de deux œuvres, l’une sculptée par Campeau, l’autre imaginée sous les touches d’Abraham Hadad. Des artistes issus des rangs de la figuration libre ferment la marche, en la personne d’Yvon Taillandier (connu par les habitués des lieux) et de Paella Chimicos. Ce dernier est présent au travers de trois œuvres toute en largeur, un format étiré et adapté à ses sujets aux membres élastiques.

 

"La femme idéale" Paella Chimicos (100x200cm)
« La femme idéale » Paella Chimicos (100x200cm)

Rafraîchissante, l’exposition permet d’admirer des univers disparates et rarement mis côte à côte. Tout le talent de Cérès Franco réside dans le pouvoir de faire coexister des auteurs aux origines diverses et aux modes d’expressions diamétralement opposés, tous à la tête d’un imaginaire fort, tous composants de la mosaïque rassemblée par une âme d’artiste.

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Article : Quand le Maroc joue au football…américain!
D'ici et d'ailleurs
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22 mars 2013

Quand le Maroc joue au football…américain!

En expansion dans de nombreux pays, le sport phare des Etats-Unis connait quelques tentatives d’émergence sur le continent africain. Alors que le Nigéria est le premier à disposer d’une fédération sportive dédié à ce sport, l’Egypte organise un championnat et le Maroc bénéficie d’une sélection nationale.

Sur les terres du roi Mohammed VI, les deux principales initiatives visant à implanter le football américain sont l’œuvre de personnes en provenance d’univers différents, deux hommes qui ont semé les premières graines d’une plante exotique dans le royaume chérifien.

 

Une action américaine sur le sol marocain

Le premier est un citoyen américain, originaire d’Annapolis dans le Maryland. Travailleur humanitaire pour l’organisation gouvernementale Peace Corps Volunteers, Xavier Rathlev a l’idée d’intégrer le sport numéro un de son pays dans le programme d’aide aux populations locales. Résidant à Errichidia (depuis il est rentré aux Etats-Unis), il entreprend la greffe dans la région et fonde un club de flag football à moins d’une heure de route dans la ville de Goulmima. Dans cette cité de moins 20.000 habitants, seuls deux sports disposent d’une équipe officielle : le football (soccer) et le basket. Depuis le mois d’octobre 2011, un troisième club a vu le jour avec le Goulmima American Football Club qui attire de nombreux jeunes et fait tâche d’huile entraînant la création d’une autre équipe dans la région ; Arfoud Desert Stars.

Entre ces deux clubs précurseurs se dispute le premier match de l’histoire du flag marocain le 11/03/2012 soldé par la victoire des joueurs d’Arfoud. Au-delà du résultat final Xavier Rathlev retient surtout l’émulation du public et des jeunes autour de ce sport. « C’est incroyable de voir la vitesse à laquelle ils apprennent les règles et les rouages d’une discipline totalement nouvelle pour eux » précise-t-il. Cet événement a été un vrai catalyseur devant un public venu en nombre, composé de plusieurs personnes reparties avec la motivation de créer une équipe chez eux.

 

Une action du 1er match de flag football marocain
Une action du 1er match de flag football marocain

Une idée marocaine née en France

En parallèle de cette initiative américaine sur le sol marocain, une autre idée germe dans la tête d’un marocain résidant en France. Passionné depuis longtemps par ce sport, c’est lors de son arrivée dans l’hexagone qu’Ahmed Ben El Cadi découvre les joies du terrain. Après des débuts en flag, il passe vite à la version équipée et portera le casque des Molosses d’Asnières ainsi que des Iron Mask de Cannes. A l’automne 2011, il entreprend de fédérer l’ensemble des joueurs marocains, pratiquants de ce sport. Par un simple groupe Facebook, le bouche à oreille fonctionne rapidement et les contacts se multiplient. Des joueurs évoluant en France, en Espagne et en Belgique se manifestent tant en senior qu’en catégories de jeunes.

Devant l’émulation suscitée, le nombre de personnes ayant répondu présent s’avère suffisant pour monter une équipe senior. « Les joueurs étaient ultra motivés à l’idée de représenter leur pays et d’aider au développement du sport au Maroc » explique Ahmed.  L’histoire est en route et le premier rassemblement des joueurs de cette sélection marocaine a lieu en janvier dernier à Asnières pour un stage d’entraînement devant se conclure par une confrontation face aux Monarques de Saint Denis. Contrariés par la neige, les plans sont bouleversés et le match reporté au printemps après la saison du club de Seine Saint Denis.

 Affiche-Maroc-Monarques

 

Un tournoi de flag aux portes de l’Espagne

Il en faut plus pour désespérer les membres de l’association American Football Morocco et ce week-end constitue le premier pas d’uneAffiche-Flag-Tanger longue marche en vue d’intégrer le football d’outre Atlantique dans le paysage sportif marocain. Soutenu par Marc Angelo Soumah (Président de la fédération française de football américain FFFA et responsable Afrique pour la fédération internationale IFAF), le porteur du projet continue ses démarches et noue des relations, notamment avec l’entente sportive marocaine, organisation dont le but est de promouvoir les sports mineurs du pays. Alors que l’action de Peace Corps se focalise sur l’intérieur du pays, il se concentre plutôt sur la côte : Casablanca, Rabat, Tanger. Dans la capitale du pays, il a organisé en juillet dernier une initiation au flag suivi d’un tournoi, cette manifestation sera transposée à Tanger le 30 mars prochain pour un évènement auquel tous les fans marocains mais aussi espagnols sont conviés.  Quant à Casablanca, la plus grande ville marocaine, il se réjouit de pouvoir apport er son soutien à une initiative menée par des habitants de la ville, « cela fait plaisir de voir que notre travail fait des émules et que des équipes peuvent se monter en dehors de notre association ».

Une rencontre internationale en Suisse

Alors que l’équipe nationale attend de jouer son premier match, les projets ne manquent pas et une autre rencontre est programmée en septembre en Suisse sur le terrain des Neuchâtel Knights dont le président suit l’aventure de l’équipe marocaine depuis ses débuts.

Un tournoi de flag et deux rencontres internationales, voilà qui promet un avenir proche plutôt bien rempli pour Ahmed Ben El Cadi. Et lorsqu’on l’interroge sur le futur plus lointain, il se projette dans trois ans en imaginant « une ligue de flag avec huit clubs et deux formations de football équipé. Au train où vont les choses, c’est un objectif atteignable ! » assure-t-il.

Une perspective réaliste pour un sport qui tisse lentement mais sûrement sa toile  et qui, n’en doutons pas, trouvera les forces vives nécessaires à une implantation durable.

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Article : Sénégal : des joueurs de football américain ambassadeurs humanitaires
D'ici et d'ailleurs
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19 mars 2013

Sénégal : des joueurs de football américain ambassadeurs humanitaires

Larry Fitzgerald (à gauche) dans un vilage sénégalais (Crédit photo : Team Fitzgerald)
Larry Fitzgerald (à gauche) dans un vilage sénégalais (Crédit photo : Team Fitzgerald)

Souvent réduit au Super Bowl, à la violence et au dopage, le football américain regorge pourtant de nombreux aspects positifs dont l’écho est quasi inaudible en dehors des Etats-Unis. Au rang des heureuses initiatives figurent celle qui a emporté dans ses bagages trois joueurs de la NFL au Sénégal.

Initié par l’ONG Oxfam, le voyage n’est pas une première puisque l’an passé, Anquan Boldin (vainqueur du dernier Super Bowl avec les Baltimore Ravens)  et Larry Fitzgerald (receveur pour les Arizona Cardinals) s’étaient rendu en Ethiopie, à l’appel de cette même organisation. La semaine dernière, un troisième passager les a rejoints pour ce séjour en Afrique occidentale, en la personne de Roddy White des Atlanta Falcons.

Témoin du quotidien des populations locales

Suivis par une équipe de la chaîne de télévision ESPN, le trio de receveurs a débarqué mardi 12 mars sur le sol sénégalais et s’est rendu dans la région de Kédougou, au sud-est du pays. Dans cette zone proche des frontières de la Guinée et du Mali, ils ont visité des plantations gérées par des femmes et soutenues par l’action de l’organisation humanitaire. Dans ces jardins féminins, les sportifs ont participé aux travaux agricoles, la journée se terminant par quelques danses en compagnie des habitants de Famecouta.

Le lendemain, le cap fût fixé sur Sabodala où les athlètes ont pu observer les difficiles conditions de travail sur un site d’extraction d’or où de jeunes garçons s’échinent pour un salaire de misère.

Pour Oxfam, qui œuvre  pour le droit des collectivités et populations locales à disposer des revenus générés par l’exploitation de leurs richesses naturelles, le but est d’attirer l’attention en invitant des stars qui permettront à leur projet de connaître un écho plus retentissant.

Porte-paroles devant le congrès américain

Le documentaire issu de ce périple sera diffusé dans quelques mois à Washington devant le congrès américain en présence des trois protagonistes de ce reportage. Anquan Boldin compte bien expliquer aux députés ce qu’il a vu : « Si ma voix peut-être utilisée pour dénoncer ou porter des projets comme ceux-là, alors il faut le faire. Et je l’espère, cela fera peut-être changer les choses », déclarait-il devant les caméras de l’AFP.

https://www.youtube.com/watch?v=X5PrF9zXERg

Lors de leur dernière journée dans le pays, les compères se sont rendus sur l’île de Gorée, haut lieu de la traite des esclaves désormais classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Puis ils ont pris part à un match de rugby avec des jeunes de Yoff dans la banlieue de Dakar.

Impatients de se rendre dans la capitale de leur pays pour y répandre la bonne parole, les vedettes se sont d’ores et déjà engagées envers l’ONG pour un nouveau voyage africain en 2014.

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Article : Du palais de Bokassa au château Henri IV
D'ici et d'ailleurs
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25 février 2013

Du palais de Bokassa au château Henri IV

Quand les courants de l’Oubangui portent aux pieds des Pyrénées

Melaine-Borne-BanguiEtudiant étranger en architecture, Mélaine débarque en terre béarnaise en 2004 afin d’y achever son cursus universitaire. Initialement prévu pour une durée d’un an, son séjour temporaire s’est transformé en projet de vie familial et professionnel.

Né dans un pays qui tire son nom de sa situation géographique, au cœur de l’Afrique, le futur architecte a vu le jour et fait ses premiers pas à Bangui dans la capitale de la Centrafrique. Peu peuplée, l’ancienne colonie connue sous le nom d’Oubangui-Chari du temps de l’Afrique équatoriale française, est dirigée depuis une ville de plus de 600.000 âmes à la forte densité de 9295 habitants au kilomètre carré. Dans cette cité qui fait face au voisin congolais, le banguissois réalise sa scolarité et y décroche le baccalauréat au crépuscule du deuxième millénaire.

Un banguissois en Afrique de l’Ouest

Le précieux sésame en poche, il s’envole pour le Togo afin d’intégrer l’école africaine des métiers de l’architecture et de l’urbanisme (EAMAU), et l’arrivée à Lomé est un véritable choc pour l’homme de l’intérieur, confronté pour la première fois à la mer.

La capitale togolaise sera son lieu de résidence six années durant et lui permettra de visiter les voisins de la sous région ; le Bénin, le Burkina-Faso et le Ghana. Par ces voyages, l’étudiant note des différences notoires entre les pays d’Afrique centrale et occidentale. « Les pays d’Afrique de l’Ouest sont nettement mieux organisés, notamment par le biais de la CEDEAO» assure-t-il et, bien qu’ils aient « moins de ressources naturelles, ils parviennent à mieux valoriser leurs richesses ».  Un constat qui n’est pas sans laisser une pointe d’amertume dans le discours de Mélaine lorsqu’il avoue qu’ « au milieu des années 1970, la RCA était plus développée que ces états qui ont largement progressé depuis alors que pour nous… ».

Parmi ces états parcourus, le Ghana a particulièrement retenu son attention. Ce pays est largement « en avance sur ses voisins, son développement économique impressionnant et ses infrastructures n’ont rien à envier à certains états européen ».

Une bourse universitaire en guise de visa pour la France

Au terme de ses études, le centrafricain apprend qu’un appel à projet est lancé par l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF). En préparant son dossier de candidature, il recherche un établissement d’accueil, condition pour l’attribution de la bourse. L’université qui répondra favorablement à sa demande est celle de Pau qu’il rejoindra en 2004 pour suivre un enseignement d’un an en Master II recherches. Mais le Master se transformera en Doctorat et le séjour se prolongea le temps de préparer une thèse basée sur la problématique de la place du patrimoine culturel dans l’aménagement urbain.

Dans le piémont pyrénéen, le chercheur trouve les conditions idéales pour ses études, il y rencontre aussi l’amour et se marie avec sa dulcinée au cours de l’année 2008.

Huttes des pygmées Aka, photographiées par Mélaine
Huttes des pygmées Aka, photographiées par Mélaine

Désormais ancré dans son environnement palois, le chef d’entreprise n’en oublie pas pour autant ses origines et se rend régulièrement en Centrafrique, pour laquelle il ne tarit pas d’éloges. « C’est un beau pays où il fait 26 degrés tout au long de l’année » commence-t-il par déclarer avant de s’enthousiasmer sur la diversité culturelle que l’on y rencontre. « Il y a des particularités dans chaque région, mais elles ne sont pas valorisées par manque de moyen ». A titre d’exemple il cite  les traditions du peuple pygmée Aka vivant dans le sud du pays, dont la polyphonie est classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

Déformation professionnelle oblige, l’architecte est également sensible au contraste dégagé par la coexistence des bâtiments coloniaux et de l’habitat local, qui donne à Bangui un charme particulier.

Rébellion, souffrance et…espoir

Sa dernière visite datant du mois d’octobre dernier, impossible de ne pas évoquer avec lui la période trouble qui secoue le pays depuis plusieurs semaines. A cette époque la rébellion était déjà en marche « mais les gens sur Bangui ne se rendaient pas compte de son importance. On ne savait pas que les rebelles étaient si proche de la capitale ». Il est vrai que les médias sont très contrôlés dans ce pays qui ne brille pas par la liberté d’expression de ses journalistes. Un manque d’information envers des populations totalement prises en otage par des troupes qui asphyxient le pays. Comme nous l’explique Mélaine, « les axes routiers sont limités, et il est très facile avec peu d’hommes de bloquer toute circulation ». Les hommes, les biens, plus rien ne peut bouger et c’est toute l’économie nationale, déjà peu florissante, qui se trouve paralysée.

Malgré cet état de fait peu encourageant, l’habitant des Pyrénées Atlantiques garde un espoir entretenu par les accords de Libreville conclus en janvier entre les diverses parties du conflit. Un premier ministre issu du consensus y a été nommé en vue de constituer un gouvernement d’union nationale et, bien que la cohabitation soit loin d’être aisée, le plus important demeure de retrouver une stabilité politique afin que la paix s’installe. Une pacification indispensable à toute activité économique et qui permettrait à la Centrafrique de pouvoir enfin prendre son envol.

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Article : Une onde vénézuelienne sur le littoral aquitain
D'ici et d'ailleurs
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31 janvier 2013

Une onde vénézuelienne sur le littoral aquitain

Le logo de la planche de surf au couleur du Venezuela
Le logo de la planche de surf au couleur du Venezuela

 

Carrure athlétique et vêtements colorés, José ne passe pas inaperçu avec son apparence vive qui rappelle le tennisman brésilien Gustavo Kuerten. Tout comme ce dernier, il vient du continent sud américain et a accepté de livrer son récit au rythme des intonations tout en relief de son accent latin.

 

Les premières années sur les plages caribéennes

De son enfance dans la ville de La Guaira, il garde en mémoire les vagues de la mer des Caraïbes, les valeurs transmises par sa famille et les parties de baseball, le sport national au Venezuela. Dans la maison, le confort occidental n’est pas de mise mais les jours s’écoulent de manière heureuse, au milieu des proches et au contact des anciens dont les précieux conseils guident ses pas.

A la fin du lycée, l’adolescent quitte ce cadre pour se rendre dans la capitale du pays où il effectue ses études supérieures et obtient un diplôme de niveau Bac +3 en tourisme. Avec ce bagage universitaire, il trouve une place à l’aéroport de Caracas en tant qu’agent de trafic aérien.

Quand Hugo Chavez fait basculer son destin

Effrayés par la politique du président vénézuélien, les investisseurs privés de la compagnie pour laquelle José travaille, décident de se retirer du pays. Un plan de restructuration intervient et des centaines de postes sont supprimés à l’aérogare.

Inclus dans le lot des congédiés, l’homme du littoral décide alors de voyager et de poursuivre son parcours professionnel en République Dominicaine.

Dans ce pays, il met à profit ses études de tourisme et sa pratique de la glisse en devenant salarié d’une école de surf renommée. Sept jours sur sept au service de son employeur, l’immigré travaille sans relâche et économise dans le but de devenir son propre patron.

Au milieu de cette vie très occupée, une rencontre féminine sera déterminante pour son avenir. Entrée dans sa vie en tant qu’amie, une jeune française devient par la suite sa compagne puis la mère de son enfant. Inattendue, la grossesse débute sur place pour se terminer en France où la conjointe souhaite accoucher. Quand le bébé vient au monde, la nouvelle maman ressent le besoin de rester auprès de sa famille et ne désire pas repartir sous le soleil dominicain. Logiquement, José accompli les démarches nécessaires et prépare ses valises à la découverte du vieux continent.

 

Ainsi s’achève la parenthèse dominicaine et s’ouvre l’aventure européenne

Le premier sol foulé est celui de l’aéroport de Madrid Barajas, sur lequel se pose l’avion en provenance d’Amérique latine. Située à la lisière de l’hexagone et du royaume d’Espagne, c’est par Hendaye que José ouvre la porte d’entrée sur le territoire français, il y a sept ans de cela.

Depuis séparé de la mère de sa fille, il navigue entre Pays Basque et Landes, entre sessions de surf et boulots temporaires. Faite de hauts et de bas, sa vie en France est loin d’être rose mais il ne perd pas espoir et garde un optimisme à toute épreuve. De ses expériences en tant qu’employé viticole ou salarié d’un grand producteur de foie gras, il ne retire que l’aspect positif ; celui de l’approfondissement de ses connaissances en matière de culture et de gastronomie française. Amoureux du pays dans lequel il réside, il y apprécie tout particulièrement l’histoire, les savoir-faire et la diversité des paysages. « Les français ne se rendent pas compte de la beauté leur pays » constate-t-il avant d’ajouter qu’ils passent leur temps à râler en toutes circonstances. « Comment ne pas être de bonne humeur quand tu vis dans un pays où tu as tout ? Ils ne sont jamais contents et se plaignent souvent comme sur la météo par exemple. Il fait froid ? C’est normal on est en hiver ! Il fait trop chaud…et bien enlève ton pull ! » dit-il sur le ton de la plaisanterie.

 

José sur une vague de la plage des Cavaliers à Anglet
José sur une vague de la plage des Cavaliers à Anglet

Un amoureux de la France touché par le fléau du racisme

Au gré de ses pérégrinations, le sud américain a lié de nombreuses d’amitiés dans la région, essentiellement avec des ressortissants français. Les personnes originaires de son continent de sont pas légion dans le secteur, ce qui l’a obligé à aller vers les autres pour ne pas rester seul. Malgré ce comportement avenant, il a été confronté à la douloureuse expérience du racisme. Pourtant blanc de peau, il avoue en avoir beaucoup souffert. « Même si ça ne se voit pas sur mon visage, mon accent me trahit et on m’a souvent fait comprendre que je pouvais rentrer chez moi… » déclare-t-il avant de s’interroger sur les causes de la xénophobie, « comment peut-on continuer à croire que la crise est le fait des étrangers alors que la plupart des bâtiments construits dans ce pays ont été érigés par des mains immigrées? ».

 

L’ambition et la rage de réussir 

Nostalgique quant à ses jeunes années, sa terre natale, le soleil, le sens du partage et la bonne humeur de ses compatriotes lui manquent énormément. Mais sa vie est désormais ici, auprès de sa fille tant aimée, raison de son arrivée et de son ancrage dans le Sud-Ouest. Faisant fi des paroles pessimistes, il nourrit un projet de création d’entreprise dans le secteur de la glisse, une nouvelle aventure au service de laquelle il mettra toute sa débordante énergie.

Ainsi devrait se construire l’avenir bleu blanc rouge d’un immigré vénézuelien « honoré de vivre en France » et qui ne demande qu’à réussir  pour « rendre à mon tour à un pays qui a su me tendre la main ».

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Article : Jean Rustin; derrière l’intrigue, l’émotion
Arts Visuels
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19 décembre 2012

Jean Rustin; derrière l’intrigue, l’émotion

Le travail de Jean Rustin sera visible à la galerie Samantha Sellem du 8 janvier au 02 février 2013. Cet évènement parisien est l’occasion de redécouvrir ce peintre et de publier à nouveau un article consacré à une exposition qui lui fut consacrée au Centre d’Art Contemporain de Mont de Marsan en 2012.

La blessure - 1991
La blessure – 1991

 

De nombreuses questions viennent à l’esprit lorsque l’on se trouve confronté aux œuvres de Jean Rustin. A commencer par l’identité des individus représentés sur ses toiles ; de petits êtres disproportionnés, à la tête ovoïde absente de toute masse capillaire. L’espace dans lequel ils sont représentés est presque toujours identique, l’ambiance y est grise et spartiate, les détails de décor inexistants. A ce stade arrive la deuxième interrogation : où sont-ils ? Les réponses sur ces deux premiers points sont totalement laissées libres par l’artiste qui a choisi de s’exprimer au travers de ce monde imaginaire, un monde clos où semble régner l’ennui, la solitude et l’inquiétude.

Dans cet univers, les corps aux formes animales sont souvent dévêtus. Par son coup de pinceau dynamique, l’artiste met en scène une nudité brute et brutale qui au travers des personnages permet de dégager une large palette de sentiments. Si le caractère étrange de l’atmosphère est renforcé par l’omniprésence des gris (les murs, les ombres), le rouge du sang n’est cependant jamais très loin (dans le fond des yeux, les lèvres ou sous la peau des organismes décharnés).

L’artiste se plait à brouiller les pistes et à placer le spectateur dans une situation inconfortable face à des sujets qui semblent aux-même scruter ceux qui sont venus les observer. Face à ces personnages qui prennent le visiteur à partie, l’interrogation devient alors mutuelle et le dialogue fascinant. Ainsi le doute dont ces créatures semblent être habitées, nous envahit peu à peu,  remettant en question certains préjugés de notre monde moderne.

 

Une fois de plus, ce lieu d’exposition brille pour la qualité et l’originalité de sa programmation qui, avec le travail de Jean Rustin, offre une œuvre traditionnellement peu diffusée, que d’aucuns estimeront peu accessible. Comme le souligne l’employée du centre d’art, il n’y a pas de juste milieu avec cette exposition, « beaucoup de visiteurs ont été bouleversés et/ou fascinés par les toiles exposées, d’autres sont ressortis au bout de deux minutes ».

Le lit d’hôpital - 1996
Le lit d’hôpital – 1996

 

 

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Auteur·e

L'auteur: Yanik
Je lis, j'écris, je mange, je découvre, j'observe, je bois, j'analyse, je dors, je rêve... Art, Voyages, Afrique, Pays Basque, Liberté, Justice et Démocratie.

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