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KALAKARRIKA
Article : Un CV en brique
D'ici et d'ailleurs
5
27 octobre 2014

Un CV en brique

Au Brésil, le traditionnel curriculum vitae quitte le papier pour l’emballage alimentaire. Quand le CV en béton devient brique. 

Un CV nouvelle génération (Samuel Profeta)
Un CV nouvelle génération (Samuel Profeta)

Indispensable dans notre vieille France,  le CV n’a pas le même caractère sacré dans toutes les cultures. S’il n’est pas un passage obligatoire dans les pays anglo-saxons, toutes les méthodes sont bonnes pour sortir du lot et attirer l’œil du recruteur. Graphisme, présentation vidéo, packaging sous forme de boite compartimentée, les candidats font parfois preuve d’une remarquable audace.

Dans notre pays, nous avons déjà vu des panneaux publicitaires de bords de routes, loués par des cadres supérieurs en mal de poste à la hauteur de leurs ambitions.

Chez l’oncle Sam, on utilise depuis des décennies les briques de lait pour afficher les visages d’enfants disparus. Quel meilleur moyen pour toucher le plus grand nombre de citoyens, que de se placer sous leurs yeux à la première heure matinale ?

Sur ce même produit, des étudiants des beaux-arts de l’université de Sao Paolo ont conçu un emballage laitier adapté à la promotion de la personne en quête de job. Sous l’impulsion de leur professeur, Samuel Profeta, ils ont créé un habillage coloré et dynamique, détaillant l’ensemble des informations sur le candidat. Sa formation, ses diplômes, son cursus professionnel…rien n’est oublié y compris les coordonnées personnelles : numéro de téléphone, adresse email, compte Twitter et profil Linkedin.

L’amusante innovation, plutôt agréable à regarder, ne s’étale pas sur le financement de ce genre d’opération. Une telle action devrait-elle être payée directement de la poche du demandeur ? Une sorte d’investissement sur l’avenir me direz-vous. Des agences en communication et/ou en coaching s’empareront-elles du phénomène ?

Au-delà de ces questions pratiques, je ressens une réelle gêne face à cette initiative, plaisante de prime abord. Nous vivons dans un monde concurrentiel et la compétition est partout. Encouragée par ce genre de promotion, elle ne ferait que creuser des inégalités entre ceux qui pourront s’offrir de tels services et les autres.

Se montrer sous son meilleur jour est une chose, s’afficher comme un canapé sur un prospectus de boite aux lettres est en une autre. Un pas de plus vers la marchandisation de l’être humain, avec son consentement qui plus est…

Et vous ? Seriez-vous prêt à vous mettre en scène à côté d’un paquet de céréales ?

https://www.youtube.com/watch?v=DeQMKojS9bU

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Article : Avant que les gestes ne deviennent paroles
Arts Visuels
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21 octobre 2014

Avant que les gestes ne deviennent paroles

Jusqu’au 8 novembre, la BF 15 accueille à Lyon les recherches artistico-sociologiques de Mireia c. Saladrigues. Une exposition silencieuse qui en dit long.

Le regardeur regardé...par Mireia Saladrigues
Le regardeur regardé…par Mireia Saladrigues

En vadrouille dans la capitale des Gaules, j’apprends la tenue d’une exposition atypique à la BF 15. Je quitte alors les rues pavées du Vieux Lyon pour traverser la Saône et pousser la porte du centre d’art contemporain.

Je pénètre dans une installation de Mireia c. Saladrigues, au cœur même de son travail. L’espace d’accueil, une vaste salle, a été repensé de telle sorte que le public ne soit pas qu’un simple spectateur, mais un véritable acteur au sein du lieu d’exposition. Je ne peux pas vous en dire plus, car je gâcherais tout le plaisir de la découverte ainsi que l’effet de surprise, alors si vous passez par Lyon, vous savez ce qui vous reste à faire. Ce qui est certain, c’est que les premières interrogations face à ce dispositif laissent place à une totale compréhension après le  visionnage du film projeté dans le second volet du parcours.  

Dans cette production vidéo, des danseurs rejouent des postures de visiteurs lors d’expositions. Dans une salle où les œuvres sont invisibles, les déplacements, les mimiques, les comportements diffèrent d’un regardeur à l’autre. Et ce sont ces réactions qui intéressent l’artiste catalane. Pas lourds ou légèreté du déplacement, attitude détachée ou contemplative, chaque geste est le reflet du ressenti à travers le corps. Ils sont également les traductions de modes de vies, d’habitudes, d’acquis. Quand le bagage socioculturel est confronté à l’art, cela donne forcément des réactions physiques diverses. Certains croisent les bras et froncent les sourcils tandis d’autres passent en une fraction de seconde, alors que certains se penchent, d’autres s’accroupissent…

Au bout des huit minutes du court métrage, on remet en perspective la célèbre réflexion qui veut qu’une œuvre d’art n’existe que dans les yeux du spectateur. Dans ses gestes aussi, serait-on désormais tenté d’ajouter.  

 

BF15-Lyon

 

Mireia c. Saladrigues, « Avant que les  gestes ne deviennent paroles » Jusqu’au 8/11/14 à La BF 15, 11 quai de la pêcherie à Lyon Entrée Libre

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Article : Rémi Groussin, l’exagérateur d’anomalies
Arts Visuels
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14 octobre 2014

Rémi Groussin, l’exagérateur d’anomalies

En résidence cette année au domaine d’Abbadia à Hendaye, Rémi Groussin présente son travail au sein de la villa Beatrix Enea à Anglet. Intitulée « Ecran total », l’exposition y est visible jusqu’au 31 octobre. 

Rémi Groussin "Wall Over" 300x300cm (photo de l'auteur)
Rémi Groussin « Wall Over » 300x300cm (photo de l’auteur)

 

Comme d’habitude dans ce lieu, l’exposition se déroule dans les trois salles du rez-de-chaussée, un parcours en trois temps affichant des pans très variés de la pensée du plasticien.

Le premier regard est accroché par une sculpture en parpaing, une structure en quatre parties, chacune surmontée d’une crête animale. Matériau de construction peu habitué aux musées, le bloc grisâtre trouve ici des honneurs inattendus. C’est bien là que se trouve l’une des clés de la démarche du diplômé des Beaux-arts de Toulouse.  La méprise, le lapsus sont au cœur de cette salle dont les œuvres constituent des extrapolations basées sur un point de départ erroné.

A même le sol, un projecteur diffuse une courte vidéo (à quelques centimètres du plancher) ; un crépitement dans une lueur blanche, à côté duquel sont posées deux inscriptions sur panneaux de plexiglas. Là encore, l’ordre des choses n’est pas respecté. Par une faute de frappe, une inversion des rôles, la petite installation immerge le spectateur dans un brouillard matinal où les idées sont confuses.

Pour compléter le trio de cet espace, un étrange ciel est représenté sur des carrés d’aggloméré sous verres. Percée par des rivets métalliques, cette carte céleste, couleur carton, brouille les pistes. Les têtes métalliques ont-elles été disposées fidèlement, de manière à reconstituer les constellations ? Mes connaissances limitées en astronomie ne permettront pas d’élucider ce mystère.

Le parpaing anobli par Rémi Groussin (photo de l'auteur)
Le parpaing anobli par Rémi Groussin (photo de l’auteur)

Pour la suite, le visiteur est plongé dans l’obscurité. Accueilli par un aquarium contenu dans des téléviseurs cathodiques, l’ambiance est radicalement différente ici.  Face à ces obsolètes écrans disposés sur une étagère métallique, l’effet anachronique est immédiat est d’autant plus étonnant de la part d’un artiste âgé de vingt-sept ans.  Alors que d’inquiétantes sonorités résonnent, on tourne la tête vers une projection déroutante.  Points de vue inhabituels, contrepieds et contrechamps forment la matière de cette vidéo face à laquelle le regardeur a bien du mal à trouver ses repères. Si déstabiliser est la mission de cette œuvre, elle est pleinement accomplie tant l’interrogation demeure ténue à l’issue du visionnage.

La troisième vidéo est pour le moins surprenante. Elle tient en haleine pendant trois minutes. Pas moins de 180 secondes de suspension qui offre un questionnement plus riche qu’il n’y paraît. L’attente, l’attentisme et le marché de l’art y sont triturés…je n’en dis pas plus, il faut aller voir pour se faire sa propre idée.

La dernière partie du triptyque se révèle une véritable montagne russe. D’un support à l’autre, d’un matériau à l’autre, l’œil rebondit de pièce en pièce sans toujours trouver une logique d’ensemble. Sur un vaste contreplaqué peint en noir, des traces d’affiches arrachées constituent une amusante pixellisation qui peut évoquer le graphisme d’un jeu vidéo des années 1980. A ses pieds, une composition de verres brisés dont le titre « Unbreakable » fait écho au mouvement surréaliste.  En face, un géant chandelier cancérigène puis des cartes à jouer surdimensionnées sont posées sur le parquet. Au fond de la salle trône une sculpture dont les pièces sont emboitées pour former un monstre aussi grand que fragile.

C’est sur « Volcano », que je m’attarde le plus longtemps. Assemblage de quatre écrans plats, cette composition vidéo nous immisce dans un parc d’attractions désert. Le sentiment d’abandon est sublimé par les effets optiques résultants de la symétrie de l’image diffusée. La même séquence ainsi miroitée instaure un tableau mouvant dont l’esthétisme est renforcé par le souffle du dépouillement.

Rémi Groussin "Volcano" (photo de l'auteur)
Rémi Groussin « Volcano » (photo de l’auteur)

 

En quittant les lieux, on a du mal à trouver le fil conducteur dans la production de Rémi Groussin. Très diversifié, son travail repose néanmoins sur quelques idées conductrices parmi lesquelles le malentendu, la contradiction et la remise en question sont en tête.  

 « L’œuvre d’art est une idée qu’on exagère », pensait André Gide. Et quand l’assise est volontairement faussée, le trouble amplifié provoque une profonde confusion, génératrice de nombreuses interrogations sur l’ordre établi.

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Article : Street Art Requiem
Arts Visuels
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8 octobre 2014

Street Art Requiem

Quand l’artistique s’empare de l’immobilier, de lisses parois gagnent immédiatement en relief. Avant sa fermeture définitive, le Carré de Bayonne s’est ainsi vu paré de riches ornements pour l’accompagner vers la postérité. Vous n’étiez pas à cette exposition d’adieux ? Suivez le guide. 

Niark 1 (photo de l'auteur)
Niark 1 (photo de l’auteur)

La culture semble ne plus avoir droit de cité dans le cœur de nos villes. Depuis deux décennies désormais, les cinémas ont emménagé sous les structures métalliques de zones commerçantes. Aujourd’hui les libraires et les galeries d’art ont bien du mal à se maintenir dans des rues où le prix des loyers les chasse inexorablement. Les lieux d’exposition n’échappent pas à la règle et Bayonne ne fait pas exception. Ici comme ailleurs les sirènes de la spéculation sonnent. Elles font valoir des arguments très souvent jugés imparables…

Le Carré Bonnat a vécu, un hôtel de luxe lui succédera, mais pas question d’enterrer cette entité sans lui offrir une fin de vie digne de sa réputation. Dans le prolongement du festival Black & Basque, ses organisateurs, accompagnés du collectif 9ème concept, avaient invité une vingtaine d’artistes à venir s’exprimer sur les parois du bâtiment. Le résultat de cette « Résidence avant destruction » était visible du 1er au 5 octobre dernier et restera sans aucun doute gravé dans les mémoires.

Jules Hidrot (photo de l'auteur)
Jules Hidrot (photo de l’auteur)

 

Sur les murs, des univers et des styles différents se succèdent, se côtoient, se complètent, se répondent. La visite débute par une œuvre en finesse et transparence signée Alexandre d’Alessio, dont l’élégance du trait laisse deviner un grand talent de dessinateur. Trois pas de plus et me voila devant des affiches déchirées par les mains de Landry. Une discussion avec la médiatrice plus tard, je comprends qu’il s’agit en réalité de cinq photographies XXL prises lors des funérailles de la grand-mère de l’artiste, au Bénin. Superposées les unes sur les autres, des morceaux arrachés, recollés, déplacés donnent vie à un étrange et émouvant kaléidoscope.

Landry (photo de l'auteur)
Landry (photo de l’auteur)

On poursuit la visite avec deux travaux accolés (et légèrement enchevêtrés) et pourtant si opposés. A droite, les rondeurs et sourires de joyeux poissons imaginés par Hervé Di Rosa dans un océan orange, contrastent avec la gravité et le classicisme déployé par Jean Faucheur. Ce dernier accomplit un remarquable exercice de style en exécutant sa version de la bataille d’Anghiari jadis inachevée par Léonard de Vinci dans le Palazzo Vecchio de Florence.

Jean Faucheur et Hervé Di Rosa (photo de l'auteur)
Jean Faucheur et Hervé Di Rosa (photo de l’auteur)

Le fond de la salle est occupé par une joyeuse composition-décomposition de laquelle se détache un féroce chien aux dents acérées dont le maitre est Niark 1. Son œil excité s’explique par la scène qui se déploie sur sa gauche. A cet endroit un couple de géants, plaqué par Pedro, s’étreint sans gêne aucune. Sur le ventre de l’amant (comme sur plusieurs autres œuvres) sont collées des demi-sphères de plâtres formant des phrases en braille. Leur auteur est The Blind, l’inventeur du graffiti pour non voyants.

Pedro & The Blind (photo de l'auteur)
Pedro & The Blind (photo de l’auteur)

 

La suite dévoile le don d’illustrateur de Clément Laurentin aux cotés d’une composition locale de Jules Hidrot dont le travail photographique s’est concentré sur les fenêtres bayonnaises.

L’accession à l’étage se fait par un escalier déstructuré suite aux juxtapositions géométriques de LX One. Dans le premier espace de ce second niveau, on déambule au milieu des motifs du tatoueur Veenom, d’un canidé volant d’influence asiatique produit par Jeykill, de totems d’Amérique du Nord érigés par Grems, d’une vaste fresque aux motifs tribaux projetés par les bombes de Romain Froquet, d’un lettrage étiré d’influence surréaliste apposé par Ned, et d’un cimetière. C’est face à ce lieu funéraire que je m’attarde le plus longtemps. Un vaste puzzle assemblé avec des clichés de Patxi Laskarai qui embarque le regardeur pour une intrigante promenade vers le souvenir. Complétée d’une installation conçue par Iker Valle, l’œuvre emmène une réflexion sur l’effet du temps, tant sur les matériaux que dans les mémoires. Le duo (qui n’en est pas un habituellement) déjà présent l’an passé offre ici l’une des pièces les plus profondes de l’événement.

Patxi Laskarai & Iker Valle (photo de l'auteur)
Patxi Laskarai & Iker Valle (photo de l’auteur)

Avant de pénétrer dans la dernière salle, il faut traverser un interstice végétal. Sur un sol noir et une herbe toute aussi sombre, ont poussé d’étranges plantes grimpantes. La nature a horreur du vide et elle vient combler ce recoin avec l’aide de Lapinthur pour jardinier.

Lapinthur (photo de l'auteur)
Lapinthur (photo de l’auteur)

Après cet intermède, un monde imaginaire coloré à la craie par Gilbert Mazout est arrosé par un taureau hybride modelé par Jerk 45. Lamelles de bois, peintures et autres matériaux divers structurent cet animal tricéphale. Pour leur faire face, une nébuleuse semi abstraite de Gonzalo Etxebarria ainsi qu’une riche production de Theo Lopez dont le coeur tribal laisse échapper des éclats picturaux évoquant les maîtres Miro et Kandisky. Enfin, le regard se pose sur une création de Stéphane Carricondo, l’un des trois créateurs (avec Jerk 45 et Ned) du 9ème Concept. Sur un fond bleu nuit se détachent des silhouettes amérindiennes dont certains traits ou attributs sont surexposés par de vifs coloris. Surgissent alors dans mon esprit les célèbres néons de Martial Raysse.         

Stéphane Carricondo (photo de l'auteur)
Stéphane Carricondo (photo de l’auteur)

 J’ai tout vu mais ne peux pas me résoudre à débarrasser le plancher. Prolongeant la visite au maximum, je passe et repasse, échange avec la médiation et des visiteurs. Difficile de faire ses adieux et c’est pourtant ce que nous faisons tous, artistes et spectateurs, au travers de cette exposition. L’hommage est réussi sans être solennel, sérieux tout en demeurant gai. Le genre de moment et d’initiative dont on se souviendra encore dans quelques années en pouvant dire avec fierté: « j’y étais ! ».    

 

Jerk 45 (photo de l'auteur)
Jerk 45 (photo de l’auteur)
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Article : Patricyan, sculptrice d’imaginaires
Arts Visuels
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2 octobre 2014

Patricyan, sculptrice d’imaginaires

Grillage, aluminium, fil de fer… Patricyan modèle les matériaux pour composer sa sculpture lyrique et captivante. Rencontre et découverte d’une artiste à l’univers foisonnant, au sein duquel cohabitent des mondes divergents.   

Patricyan "Mue de vache" (courtoisie de l'artiste)
Patricyan « Mue de vache » (courtoisie de l’artiste)

J’ai approché l’univers de Patricyan lors de la neuvième édition de Mont de Marsan Sculptures. Au fil du parcours, je pénétrais dans un musée d’histoire naturelle au sein duquel l’artiste investissait tout un étage. Dans un environnement difficile, ses créations animales et autres curiosités dynamisaient les bêtes taxidermisées et composaient une atmosphère fascinante.

Un an plus tard, j’ai l’occasion de rencontrer la personne à l’origine de cet intrigant travail.  Pour arriver chez elle, il faut remonter l’Adour jusqu’au village basque de Guiche, puis gravir une colline au sommet de laquelle un splendide panorama sur la campagne environnante s’offre au visiteur. Devant une bâtisse du quatorzième siècle, Patricyan m’accueille, enjouée, et m’accompagne dans son atelier qui faisait jadis office d’étable.  

Moins désireuse de parler d’elle que de son œuvre, nous parcourons ses productions à la lumière de ses principales sources d’inspiration. Parmi celles-ci, elle évoque la danse dont elle est passionnée depuis l’enfance. Comme pour la sculpture, le souci primordial dans cet art gestuel est l’occupation de l’espace. Le questionnement permanent du rapport à l’environnement et aux volumes, omniprésent dans les deux disciplines, est au cœur de ses préoccupations.

Patricyan "Habitacle libre" 110x55cm (courtoisie de l'artiste)
Patricyan « Habitacle libre » 110x55cm (courtoisie de l’artiste)

 

Pour autant, il ne s’agit pas de dessiner des courbes dans le seul souci de l’esthétisme. Tout ce qu’elle conçoit se doit d’avoir un sens, un lien avec la réalité. Et la réalité première de notre monde c’est d’abord la nature. C’est en elle que la petite fille a grandi, et que la femme vit aujourd’hui. Les hommages rendus à la terre mère infusent l’œuvre de Patricyan.

Derrière les verres de ses lunettes rouges, l’œil pétillant n’est pas avare d’enthousiasme et bondit de création en création pour mieux tisser une toile invisible qui relie entre elles les productions d’une artiste en perpétuel renouvellement. Dans la série « Le bestiaire » (2008-10), elle réinterprète la sculpture animalière en imaginant des mues dont les corps se seraient échappés. Elle met en volume une histoire, racontée avec du métal, du tissu, des broderies, et divers matériaux qui forment de chatoyantes compositions poétiques,  une ode aux figures représentées tout autant qu’une invitation à stimuler l’imagination du regardeur. 

Patricyan 'Mue de cheval" (courtoisie de l'artiste)
Patricyan « Mue de cheval » (courtoisie de l’artiste)

 

Un autre thème récurrent dans l’univers de la basco-landaise est celui de la foi. Celle qui cite Jérôme Bosch, Marc Chagall mais aussi les surréalistes parmi ses influences, fut bercée par une éducation religieuse. Mais au-delà du culte chrétien, l’artiste se passionne pour toutes les formes de croyances. Religion, mythologie,  contes populaires, la prolifique les passe au moulinet de son esprit pour générer de précieuses madones, des talismans provocateurs ou d’émouvants emmaillotages affublés d’ornements à caractère rituel.    

Sans cesse en éveil et ouverte sur le monde, la sculptrice semble posséder de multiples antennes invisibles, à même de capter au vol un mot, un son, une image, une idée qui servira de matériau incorporel dans son atelier. Dans ce lieu où elle passe la majorité de son temps, Patricyan prépare une nouvelle série qui sera dévoilée lors d’une exposition en décembre à la Minoterie de Nay. En attendant, celle dont les œuvres ont voyagé jusqu’en Belgique, Italie, Lituanie, Mexique, Canada et Colombie, montrera une partie de son travail dès le mois prochain dans le cadre d’une exposition collective dans la Crypte Sainte Eugénie à Biarritz (du 25/10 au 16/11/14). L’occasion pour vous d’effectuer un premier pas dans un univers enveloppant et envoûtant.

Patricyan "Déesse rouge" 70cm (courtoise de l'artiste)
Patricyan « Déesse rouge » 70cm (courtoise de l’artiste)

 

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Article : Rioja, Coto de Imaz, Reserva 2008
Art de vivre
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25 septembre 2014

Rioja, Coto de Imaz, Reserva 2008

La Rioja est une des meilleures régions viticoles d’Europe et la découverte du jour ne vient que confirmer cette réputation avec un vin qui a parfaitement réussi le mariage de la finesse et du caractère.

Rioja_CotoDeImaz-Reserva

 

Jamais deux sans trois ! Après vous avoir présenté un bon Muriel Crianza 2008, puis être tombé sous le charme de l’excellent Roda Reserva 2006, c’est au tour d’un autre Reserva de glisser sous mes papilles examinatrices.

Sur une terre où la culture de vignes est historique, la Bodega El Coto est relativement novice puisque fondée en 1970. Basée à Oyon, c’est sur ses champs situés à Cenicero (à 40mn de la capitale régionale Logroño) que poussent les raisins utilisés pour l’élaboration du nectar dégusté aujourd’hui.  

Profonde et sombre, sa robe intense laisse échapper de scintillants reflets rubis. Contrairement à la majorité des cépages tempranillo où le fruit rouge est généralement dominant, le nez dégage une intéressante variété aromatique avec des notes boisées, des touches épicées et même une pointe de cacao pour accompagner le fruit mûr.  

Rond en bouche, la douceur coule sous le palais et enrobe la cavité buccale d’une agréable sensation veloutée. Cette suavité se voit ensuite relevée par une note d’alcool qui, bien qu’arrivant en second plan, finit par prendre le dessus et dynamiser l’ensemble.

Dans ce subtil mélange se retrouvent les différentes composantes décelées à l’odorat qui rendent le breuvage si élégant. Un vin aromatique et charnu, savant équilibre entre acidité, rondeur et tonicité qui  trouvera grâce auprès de nombreux amateurs.

S’il s’achète facilement chez le caviste espagnol, il peut être un peu compliqué à trouver en France. Pas de panique Coto de Imaz, Reserva 2008 est référencé sur Vinissimus, le site français spécialisé dans les vins d’outre Pyrénées.    

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Article : Black & Basque réveille le négro qui est en toi !
Arts Sonores
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22 septembre 2014

Black & Basque réveille le négro qui est en toi !

Bayonne, samedi 13 septembre 2014. Dans le cadre du Black & Basque, le groupe FFF se produit sur scène quand, entre deux titres, son chanteur Marco Prince harangue ainsi la foule : « On a tous un négro qui sommeille en nous, l’important c’est de le Ré-veil-ler !!! ».

B&B2014-logo

A elle seule, cette phrase résume bien l’état d’esprit d’un jeune festival qui s’est fixé pour ligne de conduite de mélanger les cultures basque et afro dans une ambiance décontractée et sans prise de tête. S’ouvrir et se lâcher dans la rencontre et la diversité, voici le programme d’un évènement désormais bien ancré dans la vie culturelle bayonnaise.  

Pour y prendre part, je me rends le deuxième jour sur le site de la Poterne où se déroulent les réjouissances. Par une fin d’après-midi ensoleillée, j’observe une certaine ébullition aux abords, dans la zone d’animations gratuites. Des enfants expriment leur créativité en dessinant sur de vastes panneaux sombres, des adultes s’intéressent au travail photographique de Mehdi Nédellec ou au graphisme sur le stand tenu par 9e Concept.

Passé les barrières de sécurité, c’est au son de l’euskara (langue basque) que je pénètre dans l’espace concerts où le groupe Damba ouvre la programmation musicale de la soirée. Si le chant sonne local, les rythmes sont quant à eux latino-américains, un des membres du combo étant originaire de Cuba. Il y a de la joie dans cette musique festive dont les influences ne sont pas à chercher bien loin, tant les ombres de Fermin Muguruza, Manu Chao, Sergent Garcia et surtout d’Amparanoia planent au-dessus de leur micro.

 

Art Melody sur la scène du Black&Basque à Bayonne (Yanik)
Art Melody sur la scène du Black&Basque à Bayonne (Yanik)

 

Le prochain artiste à investir les planches vient de plus loin. Art Melody a parcouru 6 000 km depuis le Burkina Faso pour laisser éclater ici sa joie, sa colère et son indignation. La joie tout d’abord pour celui qui ne cache pas son plaisir d’être présent et remercie dès son entrée en matière par le titre « Barka, barka » (merci en langue moré). Soutenu par un duo de musiciens live (un batteur et une percussionniste), le rappeur délivre une prestation débordante d’énergie. Sa voix rugueuse et son charisme ne tardent pas à conquérir le public. Même si l’on ne comprend pas les textes écrits en moré ou en dioula, on devine une vraie rage de vivre chez cet artiste sans concession. Une saine colère couplée à des références historiques qui rendent son verbe conscient, en témoigne l’extrait du discours de Patrice Lumumba entendu à la fin d’une chanson, ou la citation de son illustre concitoyen Thomas Sankara.   

Un rap brut et authentique, obscur dans le style, mais clair dans son esprit, aride par la voix, mais tellement rafraîchissant dans son exécution. Une belle découverte (pas pour moi) à laquelle les spectateurs semblent adhérer, tout comme Angélique Kidjo, la marraine de l’évènement, qui le rejoint au micro pour un instantané burkinabèbéninois des plus rafraîchissants.  

 

Flox face à son bassiste uruguayen (Yanik)
Flox face à son bassiste uruguayen (Yanik)

 

L’intensité descend d’un cran avec Flox dont le reggae électro envahit la nuit étoilée. Entre le rap punchy d’Art Melody et la funky fusion de FFF, programmer cet artiste à ce moment est peut-être la seule petite erreur de la soirée. Un léger bémol cependant compensé par la qualité des compositions du Britannique résidant en France dès son plus jeune âge. Derrière ses lunettes noires, il se partage entre le chant et une console de bidouillage depuis laquelle il distille un dub élégant et exigeant. Accompagné d’une formation complète (guitare, basse, batterie, synthé), Flox dandine son bonnet et triture les boutons pour teinter le reggae instrumental de notes électroniques flirtant par moment avec le trip-hop.  

 

Marco Prince, le rayonnant leader du groupe FFF (Yanik)
Marco Prince, le rayonnant leader du groupe FFF (Yanik)

 

Treize ans après sa dernière production discographique, le souvenir de FFF reste vivace et les amateurs de concerts fougueux n’ont pas oublié le point fort qui fit jadis la réputation de ce groupe : le live.

Venu en masse pour applaudir la tête d’affiche, le public ne sera pas déçu du voyage. Dès la première minute, on comprend que Marco Prince et ses acolytes n’ont rien changé à la formule qui les rendit célèbres. Folie et amplis à fond sont les ingrédients clés de cette formation bouillante comme un chaudron d’où sort une potion euphorisante. Une tromboniste à la silhouette d’Ayo, un autre à chapeau melon, un clavier à casquette, un batteur créole rasta, un bassiste en robe de chambre, un gratteux bondissant et un chanteur ondulant, voici la dream team tant attendue. Non seulement l’équipe n’a scéniquement pas pris une ride, mais en plus ils se la donnent comme des minots de vingt ans. Les textes aussi n’ont pas vieilli, certains étant malheureusement plus que jamais d’actualité comme « Assez de haine ».

Dans la foule, les visages sont radieux et les corps frétillent, prêts à répondre à la moindre requête. Après les avoir invités à libérer leurs instincts, Marco Prince fait de ses ouailles ce qu’il veut ; ça saute, ça lève les bras, ça va à gauche, puis à droite… bref ça s’éclate sans calcul et sans retenue. Mission accomplie !

Le groupe FFF de nouveau sur scène (Yanik)
Le groupe FFF de nouveau sur scène (Yanik)
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Article : Lise Larqué, l’extension du domaine de l’art
Arts Visuels
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16 septembre 2014

Lise Larqué, l’extension du domaine de l’art

Dotée d’un talent et d’une sensibilité rares, Lise Larqué a momentanément posé ses pinceaux pour se lancer dans une nouvelle aventure ; la création d’une marque de maillots de bain.    

Lise Larqué "Oro de Ley"
Lise Larqué « Oro de Ley »

Démarrer un entretien avec une artiste peintre en entendant : « Cela fait un an que je n’ai pas touché un pinceau », intrigue forcément le questionneur que je suis. Occupée par un projet entrepreneurial, Lise ne veut pas courir deux lièvres à la fois et se consacre entièrement au nouveau défi qu’elle s’est fixé. Et à ce sujet elle intarissable.

Mais avant d’en arriver à ce stade, la jeune femme a emprunté un chemin sinueux, un trajet en relief à l’image d’une personnalité émotive qui écoute avant tout son cœur.

Sa rencontre avec la peinture se passe à l’adolescence, un vrai coup de foudre. Alors qu’elle est chez sa sœur, elle emprunte le matériel sans savoir ce qu’elle va en faire. Il en ressort une œuvre figurative dans laquelle se mêlent couleurs, collages et coquillages. Peu importe le résultat, seule la sensation compte, et l’intense défoulement évacué lors de cette expérience constituera pour elle un déclic.  

Lise Larqué "Derrière les carreaux"
Lise Larqué « Derrière les carreaux »

 

Ainsi commence la débutante qui ne cessera plus de peindre depuis, bien que sa pratique soit épisodique. De manière compulsive, elle crée des toiles pendant six mois, tous les soirs, des nuits entières pour ensuite décrocher pendant plusieurs semaines avant de reprendre le chemin de l’atelier.

Face à ce miroir blanc, Lise laisse échapper son intérieur de façon plus ou moins consciente. « Quand je commence, ce n’est plus moi, je suis ailleurs » admet-elle dans un léger sourire teinté de gêne et d’excitation. Le résultat de ces divagations nocturnes se traduit en admirables compositions abstraites. Si elle diversifie les matériaux et les approches, sa technique de prédilection demeure celle du dripping. Popularisée par Jackson Pollock, cette façon de peindre par projection continue d’inspirer de nombreux plasticiens. Mais si les œuvres du fondateur de l’Action Painting révélaient une profonde noirceur, celles de mon interlocutrice s’avèrent de joyeuses créations aux tons vifs et dont l’harmonie finale laisse éclater un rayonnant équilibre.

 Il faudra attendre 2009 pour que soit organisée une première exposition de son travail. Un franc succès auréolé de critiques positives et de ventes. Travaillant en parallèle dans le prêt-à-porter, elle décide néanmoins de rompre totalement avec son quotidien et part l’année suivante effectuer un voyage initiatique aux Etats-Unis. Accompagnée d’une amie, elle sillonne le pays d’est en ouest, de New York à Los Angeles en passant par Las Vegas, San Francisco et San Diego.

Après cette longue coupure, de retour à Biarritz, elle renoue avec la peinture et décroche un contrat avec une galerie parisienne. Puis, en 2013, surgit une idée…

"Oro de ley", de la toile au bikini
« Oro de ley », de la toile au bikini

 

 

Allier son expérience dans la mode avec sa pratique artistique, tel est son souhait qui, naturellement, débouche sur l’envie de concevoir sa propre ligne de vêtements. Ainsi, la marque de maillots de bain « Lise is Life » prend forme et occupe désormais l’essentiel de ses pensées.

Conçus pour toutes les femmes, les modèles dessinés sont variés, du bikini sexy au une pièce rétro d’inspiration 50’s. Tous ont en commun d’afficher sur le tissu la reproduction d’une œuvre de Lise. « Ce ne sont pas des graphismes créés pour l’occasion, ce sont mes peintures que l’on projette sur les maillots »,  explique la fondatrice de la marque. Depuis un an sur ce projet, la première collection, positionnée haut de gamme, devrait se trouver en boutique dès le printemps prochain. Certaines pièces seront même personnalisées de la main de Lise, devenant ainsi des modèles uniques, de véritables œuvres d’art.

 

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Article : Altéa, collages et décollage
Arts Visuels
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8 septembre 2014

Altéa, collages et décollage

De la rue aux salles d’exposition, Altéa a su transformer les épreuves d’une vie compliquée en étapes vers la réussite. Récit d’un parcours d’artiste atypique, d’une renaissance. 

Altéa "Pandore"
Altéa « Pandore »

C’est dans la cité Habas la Plaine que j’ai rendez-vous avec l’artiste collagiste. Lorsque l’on évoque ce quartier populaire de Bayonne, on parle rarement de culture, encore moins d’art. C’est pourtant bien ici que je rencontre pour la première fois une artiste dont le travail m’avait interpellé.

Dans son appartement qui fait office d’atelier (à moins que ce ne soit l’inverse), la brune au regard bleu perçant m’accueille en toute simplicité, naturellement. Les présentations faites, je scrute cet environnement unique où tout se mélange. Privée, professionnelle, ne cherchez pas la séparation car les deux sphères s’enchevêtrent, se pénètrent pour ne faire plus qu’une. Mais n’allez pas penser que le tout forme un joyeux bordel, car ce qui pourrait paraître de prime abord comme un capharnaüm est en réalité un espace soigneusement ordonné. D’un côté des piles de magazines ; la matière première des œuvres constituées d’images piochées çà et là. Toutes sortes de titres s’y retrouvent : des modeux, des peoples, des voyageurs, des comics, des vintages… Dans la journée, ils sont épluchés et triturés pour en retirer ce qui saute aux yeux de la créatrice. Les découpages ainsi sélectionnés sont ensuite classés par thème dans des dossiers suspendus contenus dans un vieux meuble classeur métallique.

Une fois les matériaux ainsi sélectionnés et triés vient la phase de création, généralement la nuit. Au son de la musique qui vibre en permanence dans les lieux, les mains recoupent, assemblent, collent, recouvrent jusqu’à ce que le résultat trouve grâce à ses yeux.

Altéa "Déliria"
Altéa « Déliria »

 

Une personnalité, des idées, une œuvre

Mais avant d’aboutir encore faut-il trouver l’inspiration. Base de toute création, elle provient aujourd’hui de trois sources différentes. Par définition esthète, l’artiste s’arrête parfois sur une image qui servira de point de départ à un nouveau projet. Mais l’artiste est aussi littéraire. Celle qui usait sa plume durant l’adolescence n’a pas perdu l’amour des lettres et trouve des jeux de mots originaux qui font souvent mouche. Le verbe en tête, elle part alors en quête de fragments pour l’illustrer. Enfin, l’artiste est engagée et aime à exprimer ses positions. Sur des sujets de société ou des thèmes d’actualité, la citoyenne a son avis et crée des mosaïques de choc, non dépourvues d’humour.

Compositions colorées d’inspiration pop, cyniques satires aux lignes empruntées à l’univers du tatouage ou assemblages surréalistes à la manière de Dali, ses œuvres plaisent au public et ont permis à Altéa de se forger une réputation pleine d’espoir pour l’avenir. Pourtant, rien ne la destinait à devenir artiste.

 

La douleur, ce déclic

Car la jeune femme vient de loin, de très loin. Poussée dans la rue par une violente rupture, elle galère sans domicile fixe pendant plus d’un an. De longs mois de situation critique durant lesquels le feu de la douleur brule en elle. La souffrance étant source d’inspiration, le mal intérieur finit par jaillir et c’est par la technique du collage qu’il se matérialise. Après deux ans de pratique, un ami la pousse à montrer ce travail dans son bar. Le succès est immédiat. Un visiteur lui propose alors une autre exposition et depuis c’est l’enchainement. Elle est emportée par la spirale du succès. Les sollicitations se multiplient et les commandes privées affluent. A tel point que trois ans seulement après sa première exposition, la plasticienne avoue ne vivre que de son art, chose impensable peu de temps auparavant. «C’était totalement inconcevable, au début je faisais ça chez moi, pour moi » se souvient Altéa. De plus, n’ayant pas suivi de cursus artistique, l’autodidacte ne se sentait pas vraiment légitime dans ce nouveau statut. Mais les encouragements ont fini de la convaincre et de la persuader dans une voie qui a accouché d’une nouvelle personne. « Sans ce clash dans ma vie, je n’aurais peut-être jamais franchi le pas de la création » analyse-t-elle avec le recul. De l’art d’extraire du positif à partir d’événements dramatiques, ainsi pourraient se résumer les débuts de l’artiste bayonnaise.

Mais ça c’était avant…car face à moi aujourd’hui se plante une femme épanouie, une personne qui a atteint par son œuvre un certain équilibre ; un être heureux, enfin.

 

 

Altéa "Les fleurs du mal"
Altéa « Les fleurs du mal »

 

 

Dans les semaines à venir, les œuvres d’Altéa seront visibles dans les lieux suivants :

–          Txalaparta, local de l’association Les Bascos (rue J. Lafitte à Bayonne), en septembre

–          Galerie des Corsaires, expo collective sur le thème de la BD du 20/09 au 04/10

–          Ezpel’Art 2, à Espelette en octobre

–          Gainzb’Art, rue des cordeliers à Bayonne, en novembre

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Auteur·e

L'auteur: Yanik
Je lis, j'écris, je mange, je découvre, j'observe, je bois, j'analyse, je dors, je rêve... Art, Voyages, Afrique, Pays Basque, Liberté, Justice et Démocratie.

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