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KALAKARRIKA
Article : Isaac Cordal, moments de solitude
Arts Visuels
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26 février 2015

Isaac Cordal, moments de solitude

Elles sont nombreuses mais pourtant bien seules, les créatures conçues par Isaac Cordal. Mises en scènes au travers de plusieurs installations, elles attendent votre visite pour briser leur solitude, dans les murs de la galerie Space Junk à Bayonne, jusqu’au 04 avril 2015.

Isaac Cordal, The family, résine de polyuréthane, acrylique, béton, 180x75x115cm (photo de l'auteur)
Isaac Cordal, The family, résine de polyuréthane, acrylique, béton, 180x75x115cm (photo de l’auteur)

Fait suffisamment rare pour le souligner, le premier sens sollicité en pénétrant dans la galerie n’est pas la vue mais l’odorat. Ça sent le sapin, au sens du propre du terme. En effet, à droite de la porte d’entrée, les petits hommes sculptés par l’artiste espagnol surmontent des miradors au pied desquels des sapins coupés dorment pêle-mêle. Le propos est fort et l’on comprend vite que ces figurines se trouvent au service d’une action engagée.
Si la protection de l’environnement se place parmi les thèmes de prédilection du plasticien, on retrouve aussi au fil de la visite une œuvre narrative et critique de notre société. En costume gris et cravatés, les hommes courbent l’échine sous le poids d’un rouleau compresseur invisible. Tel le roseau, ils plient mais ne cèdent pas, farouchement accrochés à leur attaché case.

Isaac Cordal, Follow the leaders, résine de polyuréthane, béton, acrylique, débris, dimensions variables (photo de l'auteur)
Isaac Cordal, Follow the leaders, résine de polyuréthane, béton, acrylique, débris, dimensions variables (photo de l’auteur)

Dispersées aux quatre coins de l’espace d’exposition, ses miniatures fonctionnent parfois à l’unité, parfois en groupe pour représenter des métaphores de divers maux qui pèsent sur nos têtes. Des êtres seuls dans un monde connecté ou les relations n’ont jamais été aussi décousues, où tout le monde adoptent la politique de l’autruche face au enjeux majeurs pourtant connus de tous. Quand je vous dis que ça sent le sapin…

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Article : Vidi, legi, amavi #1
Arts Sonores
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24 février 2015

Vidi, legi, amavi #1

 

Initiée aujourd’hui, cette nouvelle rubrique « Vidi, legi, amavi » (j’ai vu, j’ai lu , j’ai aimé) apparaîtra de façon hebdomadaire sur ce blog.

De toutes mes sorties, lectures et expériences, je ne retiens que l’essentiel de la semaine écoulée afin de partager avec vous mes coups de cœur.

TheGoodLife#17

Cinéma : It follows, le film qui fait peur avec style

Les films d’horreur ne sont pas vraiment mes favoris. Tout simplement parce que dans ce genre cinématographique, rares sont les œuvres de qualité. Je me laissai néanmoins convaincre par une critique positive et filai à l’Autre Cinéma pour ne pas rater une des dernières projections du long métrage sorti le 04/02/15.

Dès les premières minutes, immergé dans les années 1980, le spectateur se laisse happer dans un suspense rondement accompagné par une bande-son rétro-futuriste au rôle prépondérant. Quant à la mise en scène, elle affiche un parti pris esthétique exigeant et chaque plan est le résultat d’un souci plastique évident.

Vous comprendrez donc que tous les ingrédients sont réunis pour transformer une histoire somme toute assez banale, en œuvre qui fera date dans un genre qui n’avait pas offert une telle pépite depuis fort longtemps.

https://www.youtube.com/watch?v=vq2thl5KLTU

Musique : Benjamin Clementine

Repéré dans le métro parisien ce britannique de 25 ans a livré le mois dernier son premier album. Une œuvre toute en émotion dans laquelle le minimalisme est sublimé par l’incroyable voix du pianiste d’origine ghanéenne.

En tournée un peu partout en France, on pourra notamment se laisser chavirer par son charisme du coté de Toulouse (le 12/03 au Bikini) ou de Bordeaux (le 13/03 au Krakatoa).

Presse : The Good Life #17

Déjà le 17ème numéro pour ce titre dont je ne me lasse pas. Bimestriel masculin au format mook (contraction de magazine et book), ses 324 pages affichent un ton résolument optimiste, faisant de sa lecture une réelle parenthèse de positivisme.

Bien sur, la publicité y est omniprésente et certains articles sentent un peu trop le publi-reportage, mais cela est compensé par des reportages de fond sur les problématiques mondiales actuelles, ainsi que par un prix appréciable de six euros.

Au menu de cette nouvelle édition : Mexico, le dessalement de l’eau de mer, le design belge, Art Paris Art Fair…

 

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Article : Nigeria ou la trilogie des liquides
D'ici et d'ailleurs
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10 février 2015

Nigeria ou la trilogie des liquides

Terre de contrastes, le Nigeria abrite en son sein des faces bien distinctes. Champion économique en proie à de graves problèmes sécuritaires, sa situation actuelle peut s’analyser par un détonant trio de liquides ; pétrole, champagne et hémoglobine.

champagne

Au pays de l’or noir

On l’a souvent lu : le plus grand malheur de l’Afrique, c’est sa richesse. Le Nigeria ne fait pas exception à cette maxime puisqu’il est plutôt gâté par la nature en termes de ressources énergétiques. Classée parmi les douze plus gros producteurs mondiaux de pétrole, l’ancienne colonie britannique occupe la première place du continent dans ce domaine.

L’abondance de cette richesse se traduit dans les performances économiques du géant d’Afrique de l’Ouest. Première économie du continent, le pays affiche une croissance moyenne de 7 % sur la période de 2008 à 2013. Pour autant, les retombées ne sont pas perçues par tout le monde et 91 % de la population vit avec moins de 2$/jour.

Dans l’Etat fédéral, l’inégalité est également forte entre les Etats fédérés. Si celui de Lagos (capitale économique) affiche un PIB égal au triple du PIB du Sénégal, la majorité des 36 Etats sont loin des canons occidentaux parfois présentés à Lagos, Ibadan ou Abuja.

La principale raison de ces déséquilibres réside dans un seul facteur : la corruption. En la matière, les élites locales du pays sont championnes, avec la complicité de diverses multinationales qui usent et abusent de cette faiblesse.

Barils et caisses de champagne

Pour sceller les accords entre corrupteurs et corrompus, il faut bien un breuvage à la hauteur des sommes détournées. Et pour le nectar à bulles, le gratin nigérian ne lésine pas et classe le pays au deuxième rang de la consommation mondiale de champagne !

Dans les clubs houses privés ou les adresses chics de Victoria Island, la boisson champenoise est absorbée sans modération pour enfermer un peu plus leurs consommateurs dans une tour d’ivoire à des années-lumière de la réalité du quotidien.

Le futur quartier Eko Atlantic à Lagos, symbole du dynanisme économique de la mégapole
Le futur quartier Eko Atlantic à Lagos, symbole du dynamisme économique de la mégapole

La concubine de l’hémoglobine

C’est qu’il faut une sacrée dose d’ivresse pour oublier ce qui se passe loin des lieux de pouvoir. Bientôt six ans que Boko Haram sévit principalement dans l’Etat de Borno. Plus de 13 000 morts à ce jour.

Officiellement, le pouvoir central se donne bonne conscience, allouant de forts budgets à la lutte contre le terrorisme, en sachant pertinemment que ces sommes ne serviront jamais à combattre les hordes sanguinaires. L’ONG Global Financial Integrity, a pointé du doigt les fuites illégales de capitaux qui pour ce pays approchent la centaine de milliards de dollars depuis les années 1970.

Comptes bien garnis et bulles plein la tête sont certainement des ingrédients efficaces pour provoquer l’amnésie de la classe dirigeante, et cela jusqu’au président du pays. Au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo, Goodluck Jonathan adressait ses plus sincères condoléances au chef de l’Etat français sans même oser tourner les yeux vers la ville de Baga où venait de se perpétrer un massacre hors de commun.

Cela explique la circonspection de ses homologues africains, ainsi que la retenue des diplomaties occidentales. Pourquoi se mêler d’une affaire interne quasiment ignorée par le président Jonathan ?

Malgré les déclarations de principes du dernier sommet de l’Union africaine sur la question, la mise en place d’une force armée capable de faire front à Boko Haram paraît loin d’être aboutie. Loin des populations locales victimes, on continuera à faire l’autruche en plongeant la tête dans des seaux à champagne. Ne manque plus que de l’eau pour s’en laver les mains.

 

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Article : Super Bowl : Top 5 des publicités
D'ici et d'ailleurs
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3 février 2015

Super Bowl : Top 5 des publicités

Finale du championnat de football américain, le Super Bowl qui se déroulait dans la nuit de dimanche à lundi est bien plus qu’une rencontre sportive. Événement de tous les superlatifs, cette grand-messe médiatique réunit toute la famille devant l’écran, et pour l’occasion les publicitaires ne manquent pas d’imagination pour concevoir des spots presque aussi attendus que le score final.

Super-Bowl-49

Pour vous offrir un aperçu de ce qui a été vu, je vous ai sélectionné cinq publicités parmi les dizaines qui ont été diffusées avant, pendant et après le match.

N°5 – Mtn Dew Kickstart, la plus énergisante

Une gorgée de cette boisson revitalise un trio de jeunes hommes avachis devant un jeu vidéo et transforme le salon en dancefloor!

https://www.youtube.com/watch?v=mjwUVZHBcoY

N°4 – Always, la plus égalitaire

Que ce soit pour les races, le sexe ou la religion, un enfant ne voit pas les différences, la preuve une fois de plus.

https://www.youtube.com/watch?v=F_Ep0O5fWN4

 

N°3 – Toyota, la plus motivante

Un spot sur le dépassement des limites accompagné par la voix du légendaire Mohamed Ali. Galvanisant.

https://www.youtube.com/watch?v=PjUfygo5mzw

 

N°2 – Doritos, la plus drôle

Un gag digne d’une comédie hollywoodienne.

https://www.youtube.com/watch?v=QkGdTTw99aE

 

N°1 – Loctite, la plus décalée

Un casting de choix et une chorégraphie à tomber pour ce spot qui remporte sans hésitation mon premier choix.

https://www.youtube.com/watch?v=JaK85bFQwSM

 

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Article : Je suis Charlie : après l’émotion, les questions
D'ici et d'ailleurs
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13 janvier 2015

Je suis Charlie : après l’émotion, les questions

Nous avons vécu une semaine historique. Des jours qui resteront gravés à jamais dans les mémoires de tous nos contemporains. Après avoir été la cible de plusieurs attaques terroristes quasi simultanées, la France a réagi de la plus belle des manières. Pourtant, derrière ces torrents de bons sentiments et après ces heures passées sous le signe du « tout le monde il est beau, tout le monde il est Charlie », de nombreuses questions restent en suspens.

Il me semblait important de bien les lister, car se poser les bonnes questions, c’est se donner une chance de trouver les bonnes réponses.

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Comment améliorer le traitement médiatique des catastrophes ?

Mon premier sentiment du mercredi passé fut la tristesse. Comme presque tous les jours serais-je tenté de dire. Car il faut bien l’avouer notre quotidien est bercé par les attaques terroristes. Chaque matin devant mon petit déjeuner, j’entends de macabres décomptes en Syrie, en Irak, au Pakistan… Ceux-ci ne durent guère plus de dix secondes à l’antenne alors que l’attentat de Charlie Hebdo monopolise l’attention médiatique depuis près d’une semaine.

C’est bien connu, l’empathie ne fonctionne qu’avec ses semblables. Trois morts lors d’un marathon bostonien font plus de bruit que des milliers de victimes au Nigeria. Du cynisme de la hiérarchisation des victimes…

Il ne faut pas le nier, les vies n’ont pas toutes la même valeur dans le traitement journalistique. Alors il est bien beau de manifester pour les valeurs de la France, mais l’égalité de notre devise nationale est ici sérieusement écornée par ce constat aussi affligeant qu’imparable.

Combien de temps les musulmans devront-ils s’excuser?

A tous les musulmans, amis ou inconnus, je leur dis sans crainte : vous n’avez pas à vous justifier, encore moins à vous excuser des actes commis par ces monstres. Dire que vous condamnez ces atrocités « en tant que musulman » est de trop, car en tant qu’êtres humains nous sommes tous choqués par cette ignominie.

Quel suivi pour les condamnés dans des affaires de terrorisme ?

Qu’il s’agisse des frères assassins de Charlie Hebdo, du preneur d’otages du supermarché casher, mais aussi du meurtrier toulousain de l’école juive, tous étaient connus des services de police et suivis par les renseignements généraux. Alors que fait la police ?

Elle fait ce qu’elle peut certainement, mais à catégorie de crimes exceptionnelle (le terrorisme), mesure de justice exceptionnelle. Il serait temps de mettre en place des systèmes de contrôle post-carcéral contraignants pour des individus dont on n’ignore pas qu’ils constituent une menace pour l’ensemble de la société.

Quel rôle pour nos prisons ?

Tous étaient connus des services de police et tous étaient passés par la case prison. La prison pour punir c’est bien, quand elle peut recadrer et rééduquer s’est encore mieux. Les geôles françaises sont loin de cet objectif. Il est évident qu’au lieu de casser les ailes aux délinquants et aux criminels de tous poils, elle est devenue un catalyseur de réseaux.

Dans ces zones de non-droit, des prisonniers se moquent des règles et de la loi en se prenant en photo avec des liasses de billets, des substances illicites… Pire encore, des prisonniers entrés pour des faits de droit commun se retrouvent sous la coupe de fanatiques « religieux » qui voient en ces brebis égarées des cibles idéales pour leur litanie mortifère. Des mesures d’isolement strictes pour ce genre d’individus éviteraient qu’ils ne contaminent des personnes déjà suffisamment violentes.

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Pourquoi le modèle républicain n’est-il plus efficace ?

Les attaques sont perpétrées par des Français, nés sur le territoire hexagonal, élevés sur les bancs de l’école républicaine. Comment les enfants d’une nation peuvent-ils ainsi se retourner contre elle avec une telle haine ?

La mauvaise réponse apportée par des raisonnements simplistes consiste à pointer les origines des personnes en démontrant que l’intégration des populations (de culture musulmane) n’est pas possible dans nos pays européens. Cette approche est totalement fausse et ne tient pas compte de la réalité du problème. La vérité est que, parmi les embrigadés du terrorisme islamiste, nombre d’entre eux sont des convertis, ils portent les prénoms tels que Nicolas, Jean-Daniel, Raphaël, Émilie, Maxime, Flavien…

Les thèses xénophobes tombent à l’eau et c’est bien plus compliqué, car il faut trouver les causes beaucoup plus profondes et plus sérieuses. La perte de repères en fait partie. Nous vivons dans un monde où les grands hommes politiques ne sont pas légion, l’avenir est incertain et beaucoup de jeunes ont (trop tôt) perdu espoir. Certains cherchent alors des causes pour donner un sens à leur vie. Et c’est ainsi que des paumés du monde entier sont ralliés par d’habiles parleurs auprès de qui ils se sentent importants, eux, les délaissés de la société.

Doit-on divulguer le nom des terroristes ?

Andy Warhol l’avait prédit, chacun aura son quart d’heure de célébrité. Je reste convaincu ql’autre se faisait filmer en trainue ces individus en quête de gloire sont aussi à la recherche de la lumière médiatique. On a tous en tête les images d’eux (avant leur célébrité) se mettant en scène devant une caméra ou un objectif. L’un fait l’objet d’un article dans Le Parisien,  de frimer dans sa voiture, enfin un autre rêvait de gloire derrière un micro.

Aux États-Unis les violentes pulsions de jeunes marginaux s’expriment dans de spectaculaires fusillades de lycées ou le but de l’auteur est double : faire un maximum de victimes et être à la une des journaux. En France, ceux-ci se tournent vers des sectes terroristes avec des objectifs finalement pas si éloignés. La célébrité à tout prix.

Voilà pourquoi je déplore que l’on divulgue le nom des ces personnes et j’ai veillé à ne pas les citer dans ce billet. Penser qu’ils deviennent des sortes de modèles ou de références pour d’apprentis fanatiques m’impose cette réserve. Ne devrait-on pas l’ériger comme une règle ?

Faut-il pactiser avec les financiers du terrorisme ?

Si une fraction des revenus provient de trafics en tout genre (stupéfiants, armes, humains), une partie des financements proviendrait d’Etats devant lesquels nos dirigeants déroulent le tapis rouge. En pôle position on retrouve l’Arabie saoudite et le Qatar dont les liens avec plusieurs organisations terroristes seraient établis. En dépit de cela, nous ouvrons grand nos portes aux capitaux de ces pays dont les pétro et gazeo-dollars ont tendance à rendre aveugle nos gouvernants. Pactiser avec le diable a un prix, et la facture s’avère salée.

banderole Bastia

Quelles sont les valeurs de la France ?

Lorsque les gens défilaient hier, ils mettaient en avant les valeurs de la république. Mais quelles sont-elles au juste ? Chacun ne voit-il pas midi à sa porte en la matière ?

Tout d’abord il s’agissait de défendre la liberté d’expression. Le manifestant sait-il que la France est loin d’être une championne dans ce domaine ? Selon le classement annuel établi par Reporters sans frontières sur la liberté de la presse, la France se place en 39e position entre Le Salvador et Samoa, bien loin du Ghana (27e), de la Jamaïque (17e) et de la Finlande (1ère). Alors, pour résumer, on descend dans la rue pour défendre un droit que l’on croit intangible mais qui en réalité est bafoué depuis fort longtemps dans notre douce France. Combien de médias sont réellement indépendants et libres de dire ce qu’ils veulent ? Les Charlie Hebdo, Mediapart et autre Monde diplomatique ne sont pas la règle, ils sont des exceptions.

Et que dire de longue liste des états représentés aux côtés de François Hollande. Quel bonheur d’y voir des pays comme la Russie, Israël ou encore le Tchad pour ne citer qu’eux…tous d’ardents défenseurs des libertés fondamentales! 

Voilà pour la liberté. Pour l’égalité, outre ce que j’écrivais quant à la différence de traitement médiatique selon les victimes, j’ajouterais un deux autres exemples qui me reste en travers de la gorge. En 2012, des enfants étaient froidement abattus devant le portail de leur école. Aucune réaction populaire, peut-être parce qu’ils étaient juifs… En 2014, une ministre était comparée à un singe à cause de la couleur de sa peau. Aucune réaction de la société civile, peut-être parce qu’elle est noire…

Enfin pour la fraternité, nous avons vu de belles images d’accolades hier, sans distinction de races, de religions ou de nationalités. Le soir venu, un collectif se relayait pour porter des lettres qui formaient le mot SOLIDARITE. Quand je les ai vus, je me suis alors demandé combien de personnes dormiraient sous les ponts la nuit tombée. Car elle est peut-être ici la plus grande violence (silencieuse et meurtrière) ; des gens meurent dans la rue faute d’endroits où dormir dans la sixième puissance économique mondiale.

 

Ces millions de personnes rassemblées ont participé à un événement exceptionnel par son ampleur et par sa cohésion apparente. D’un moment tragique est née en quelques heures, passant de la psychose à l’euphorie générale, une ferveur extraordinaire, un espoir dont on ne sait s’il aura des répercussions à long terme dans les comportements et la conscience collective française? Réponse en 2017… et gare à la douche froide!

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Article : Rioja, Alcorta, Crianza 2009
Art de vivre
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25 novembre 2014

Rioja, Alcorta, Crianza 2009

Avec ce nouveau flacon, on poursuit l’exploration des vins de Rioja dont les bonnes surprises se succèdent, parfois à des prix qui renforcent le plaisir.

(photo de l'auteur)
(photo de l’auteur)

Le premier contact visuel offre au regard de brillants reflets cerises au sein d’une robe claire annonciatrice d’un vin plutôt léger pour cette appellation d’outre Pyrénées.

Dans les narines, les effluves sont classiques pour cette production fondée à 100% sur des vignes de cépage Tempranillo. Le fruit rouge domine le nez, accompagné par le bois dont la présence est justifiée par un vieillissement d’une année en tonneaux de chêne.

Le passage en bouche inonde le palais d’arômes forestiers parmi lesquels les fruits des bois. Ces impressions premières sont ensuite emportées par des notes de vanille et de douces épices.

La finale affiche une longueur surprenante, prolongeant le plaisir de façon persistante et étonnante pour un corps aussi léger.

Vin agréable et facile d’accès, ce crianza des bodegas Alcorta est le partenaire idéal pour un repas convivial entre amis. Il saura être apprécié des connaisseurs comme des novices, des hommes comme des femmes, le tout pour un rapport qualité/prix très attractif (4-6€).

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Article : Théâtres et cafés au musée Paul Dini
Arts Visuels
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18 novembre 2014

Théâtres et cafés au musée Paul Dini

Jusqu’au 8 février 2015, le musée Paul Dini de Villefranche-sur-Saône se penche sur les lieux de divertissement que fréquentaient les citadins cent cinquante ans en arrière. Une exposition focalisée sur la ville de Lyon, reflet de la vitalité artistique du moment.  

Albert Maignan "Adagio Appassionato", 1904  (photo de l'auteur)
Albert Maignan « Adagio Appassionato », 1904 (photo de l’auteur)

 

Au tournant du 20e siècle, la vie culturelle et intellectuelle lyonnaise n’a rien à envier à la capitale, nous affirme le fascicule de l’exposition. Témoins de ce bouillonnement, témoins de leur temps, les artistes contemporains ont accompli un prolifique travail attestant ce propos. En rassemblant des œuvres de divers horizons, le musée Paul Dini nous immerge dans une belle époque où l’art régit les codes de la bonne société.

Entre 1840 et 1930, les cafés et théâtres se multiplient dans la ville, devenant les incontournables de la vie citadine. On s’y croise, se rencontre et l’on se doit d’y être vu. Balayant le vaste panel de ces endroits, l’exposition nous mène de bars en opéras, de salles de bal en vestiaire de danseuses. Extrêmement riche le parcours circulaire à l’étage promène le visiteur dans les divers décors au travers des années et des styles.

Albert André "A l'affût", 1912 (photo de l'auteur)
Albert André « A l’affût », 1912 (photo de l’auteur)

 

Dans les cafés, on se parle, on rêve ou l’on tue le temps. Dans cette section, les pastels signés Henriette Deloras ne laissent pas indifférents, dans un style qui rappelle celui de Kees van Dongen. Le natif de Lyon, Albert André, est largement représenté avec des scènes de café, de restaurants, mais aussi avec des huiles dépeignant le thème favori d’Edgar Degas ; les danseuses.

Plus loin dans la visite, on observe les bals auxquels participe l’élite, un siècle plus tard on revit sur les toiles les ballets et autres œuvres musicales depuis la salle ou dans les coulisses. De ce point de vue, une des pièces les plus passionnantes est sans doute celle d’Albert Maignan sur laquelle on épie le compositeur Gabriel Pierné, totalement imprégné par sa création jouée quelques mètres plus bas.    

Au cours de la boucle, on croise aussi de nombreux musiciens ainsi que des affiches de spectacles, de différentes époques. A la fin de la période appréhendée, le music-hall fait rage et les œuvres inspirées par cette tendance font preuve d’une grande modernité notamment sous les pinceaux de Pierre Combet-Descombes ou par le graphisme d’Emile Malespine largement influencé par le courant Bauhaus.

 

Jules Flandrin "La Pavlova et Nijinski", 1909 (photo de l'auteur)
Jules Flandrin « La Pavlova et Nijinski », 1909 (photo de l’auteur)

  

Une partie consacrée aux décors de bâtiments publics laisse un peu circonspect. Si la présence de travaux préparatoires pour un théâtre ou un musée parait totalement appropriée, la cohérence est plus discutable lorsqu’il s’agit d’études pour un tribunal ou une université…

On ne pouvait pas terminer la ronde sans un moment dédié à la star locale ; Guignol. Mais tout ne s’arrête pas sur le célèbre bouffon car au centre du cercle, un espace médian accroche des œuvres, dont certaines de grand format, reprenant les thèmes évoqués. Un véritable bouquet final, explosif. L’œil y est chatouillé par les couleurs vives de Jacqueline Marval, puis adouci par les lignes fluides de Jules Flandrin. Enfin, comment ne pas s’attarder devant ce « Pierrot jouant de la mandoline » d’un irrésistible romantisme ? La science de la lumière et la maîtrise du drapé de Léon Comerre laissent admiratif.

L’exposition savamment orchestrée se veut un hommage à une époque dorée, mais malgré les décennies qui nous séparent des artistes affichés, elle devient à son terme une belle incitation vers la sortie, l’ouverture et la rencontre.     

Léon Comerre "Pierrot jouant de la mandoline", 1884 (photo de l'auteur)
Léon Comerre « Pierrot jouant de la mandoline », 1884 (photo de l’auteur)

 

Théâtres et Cafés

Musée Paul Dini, 2 place Faubert, 69400 Villefranche- sur-Saône

Entrée: 5€ en plein tarif, avec accès à l’accrochage de la collection permanente du musée

 

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Article : L’autocritique du bodybuilder
Arts Visuels
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4 novembre 2014

L’autocritique du bodybuilder

« Martial Cherrier : du corps rêvé au corps de rêve ? », ainsi est baptisée l’exposition qui se déroule jusqu’au 29 novembre au Passage Sainte Croix à Nantes. Parcours d’un bodybuilder sur le chemin de la repentance. 

Martial Cherrier "Planche abdominaux"
Martial Cherrier « Planche abdominaux »

Avant de découvrir le travail de Martial Cherrier, je m’attarde dans le patio de cet ancien prieuré bénédictin, transformé en lieu d’expositions et d’échanges. Vieilles pierres et ardoise y cohabitent de bien belle manière avec des charpentes métalliques et du béton brut. Au cœur du centre historique de Nantes, ce pari architectural réussit un parfait mélange entre patrimoine et modernité, un symbole à l’image de toute la ville.

Après l’observation du bâtiment, il est temps de s’intéresser à l’humain, et plus précisément à son enveloppe charnelle, obsession de l’artiste représenté ici. Malingre à l’adolescence, l’apprenti boulanger décide alors de soulever la fonte. Sa pratique intensive de la musculation n’est pas dénuée de réflexion sur ce qu’il considère comme une expression artistique, son corps en étant l’œuvre. Sans marteau ni burin, mais à coups d’haltères et de régimes draconiens, il sculpte et dessine les lignes de sa silhouette, insatiable.

Dans la série « Hérédité », il se met en scène aux côtés de son père et de son fils. On comprend vite que le combat est perdu d’avance. Mince il était, mince il redeviendra. L’anomalie qu’il constitue aujourd’hui dans la lignée familiale s’estompera dans le temps.

Dans ce même esprit, des découpages de culturistes auxquels des ailes de papillons sont accolées rappellent la dimension éphémère de ces créatures.

Martial Cherrier, série  "Mask Therapy" 2012
Martial Cherrier, série « Mask Therapy » 2012

 

La deuxième salle s’avère encore plus critique envers la passion qui anime sa vie. Une installation composée d‘un miroir suspendu à une barre de musculation nous renvoie à notre propre image, au rôle prépondérant de ce qu’elle dégage. Autour de cette interrogation, cachets, gélules et aliments diététiques se retrouvent en photographies ou sur des photomontages, comme autant de sacrifices à subir dans cette quête du Graal.

Lucide sur le statut passager de sa masse, Martial Cherrier nous démontre comment la volonté humaine peut influer sur le cours de la vie…avant que la nature se reprenne ses droits.

 

« Martial Cherrier : du corps rêvé au corps de rêve ? »

Passage Sainte Croix, 9 rue de la Bâclerie, Nantes

Jusqu’au 29/11/2014

Entrée libre  

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Article : Lieu Unique et ligne hétéroclite
Arts Visuels
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29 octobre 2014

Lieu Unique et ligne hétéroclite

A Nantes, le Lieu Unique met à l’honneur l’expression artistique primaire : le dessin. Au travers d’une exposition intitulée « Fragments de l’inachevé », on peut y admirer jusqu’au 9 novembre, des talents qui démontrent que cette pratique première a encore de beaux jours devant elle.   

Vue de l'exposition "Fragments de l'inachevé" au Lieu Unique (photo de l'auteur)
Vue de l’exposition « Fragments de l’inachevé » au Lieu Unique (photo de l’auteur)

Quand j’ai dit que je me rendais à Nantes, on m’a immédiatement répondu : « tu vas manger des petits beurres ! ». En effet, il n’y a pas plus lié à l’image de cette ville que le célèbre  rectangle doré. Ce que je ne savais pas, c’est que l’ancienne usine de biscuits est devenue un centre culturel. Les initiales LU (pour Lefèvre-Utile) signifient désormais Lieu Unique, un bouillonnant point de rencontre et de mélange. Théâtre, danse, concerts, expositions s’y déroulent tout au long de l’année dans un bâtiment qui abrite également un bar, un restaurant, une librairie, une boutique, un hammam et une crèche. Le genre de spot qu’on rêverait tous d’avoir près de chez soi !

La Tour LU, la face visible de l'iceberg (photo de l'auteur)
La Tour LU, la face visible de l’iceberg (photo de l’auteur)

 

Après la phase de découverte, je gravis l’escalier pour pénétrer dans l’espace investi par l’exposition « Fragments de l’inachevé ». Première surprise, l’accueil est fort agréable, assuré par un médiateur exerçant sa tâche au mieux. En introduisant le contexte d’une part, puis en répondant aux questions sur un sujet qu’il maîtrise sur le bout des doigts. Une véritable médiation, bien loin de certains plantons qui se cachent derrière leur écran d’ordinateur pour tuer le temps.   

Je me vois alors expliqué que l’exposition vient de Lausanne où elle se tint dans un hangar de locomotives abandonné, voué à destruction pour ériger un musée des beaux-arts. Contre cette volonté des pouvoirs publics, l’association Visarte se leva pour exprimer son souhait de voir promus des artistes vivants. Et ceux-ci ne manquent pas sur la scène suisse, preuve en est cette compilation provenant d’une soixantaine de dessinateurs, parvenue jusqu’au bord de Loire.

Quelques pièces de Richard Aeschlimann (photo de l'auteur)
Quelques pièces de Richard Aeschlimann (photo de l’auteur)

 

Disposés sur de grandes planches, sous verres, les crayonnages démontrent l’extrême variété du domaine du dessin. L’acte que nous avons tous pratiqué enfants, prend des formes inattendues. Du classique au novateur, du figuratif à l’abstrait, il se déploie en utilisant des techniques variées. Mine de plomb, fusain, pastel, aquarelle, stylo, plume, feutre, fil, encre de Chine, trous…autant de moyens de s’exprimer sur du papier.

Lors de ce parcours posé à même le sol, mes chaussures se sont souvent arrêtées pour mieux déguster l’étendue des talents en place. Parmi eux, restent particulièrement en mémoire les incroyables paysages de Richard Aeschlimann dont le trait charbonneux saisit à merveille les reliefs de la nature. Dans un registre totalement opposé, Jacqueline Benz trace des lignes par des points de feutre ou des croix. Une simplicité aussi déconcertante qu’efficace, à la fois graphique et militante.

Jacqueline Benz (photo de l'auteur)
Jacqueline Benz (photo de l’auteur)

L’attention se fige également sur deux œuvres abstraites féminines. Lorna Bornand utilise l’une de ses couleurs favorites pour nous aspirer dans un mouvant tourbillon de rouge, alors que Virginie Jacquier livre une pièce au relief aussi saisissant qu’élégant.

Enfin, un coup de cœur pour la démarche de Frédéric Clot dont les pointillés, que l’on imagine percés par une aiguille, créent des vides dont l’assemblage constitue une œuvre précieuse.  

Frédéric Clot (photo de l'auteur)
Frédéric Clot (photo de l’auteur)

 

 

Fragments de l’inachevé

Lieu Unique à Nantes

Du mardi au samedi de 14h à 19h

Entrée libre

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Un triptyque noté AAA; Aquitaine, Art, Afrique

Auteur·e

L'auteur: Yanik
Je lis, j'écris, je mange, je découvre, j'observe, je bois, j'analyse, je dors, je rêve... Art, Voyages, Afrique, Pays Basque, Liberté, Justice et Démocratie.

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