Gaël Faye ; le choix de la liberté, le goût du partage

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Au pays du rugby roi, tout le monde n’était pas devant sa télévision dimanche dernier. Pendant que le Top14 jouait son acte final pour désigner  le champion de France, une salle des Landes accueillait le concert de Gaël Faye. De retour de Kigali, le rappeur écrivain se produisait dans le village de Saubrigues. Pour un beau de moment de rythmes, de lettres, de joie et de partage.

@ Yannick Revel

Quand il nous dit qu’il accomplit son rêve en jouant dans cette petite salle de campagne, Gaël Faye ne verse pas dans le mégalo. Ses paroles sonnent vrai et la sincérité jaillit du visage de l’ex trader. La course à la réussite, très peu pour lui. Les partitions ont remplacé les courbes boursières, et les rapports financiers ont cédé la place à des pages autrement plus poétiques.

Il y a ceux qui espèrent et ceux qui agissent. Le franco-rwandais fait indéniablement partie de la seconde catégorie. Lui qui a abandonné les bonus de fin d’années pour jouer les saltimbanques.  Lui qui a quitté Paris pour vivre à Kigali avec sa femme et son enfant. Lui qui a mis entre parenthèse sa carrière musicale pour écrire un roman.

© Yannick Revel

En accord avec lui-même et avec ses convictions, l’homme ballade sa silhouette filiforme sur scène sans se départir d’un sourire communicatif. Même lorsque les textes sont graves et le beat lourd, il y a toujours une lueur d’espoir dans ses paroles et dans son regard. Du sérieux au dansant, le chanteur échange en permanence avec le public jusqu’à entrer dans une réelle communion. C’est que le poète sait aussi se faire ambianceur. En deux heures de temps il aura su chauffer les spectateurs à grand coup de good vibes et de bonne humeur. A grand coups de beats et de scratchs signés DJ Blanka, de notes de piano et de trompette soufflées par Guillaume Poncelet. Le trio se complète à merveille et l’harmonie est parfaite.

Après avoir mis le feu à un public bondissant, Gaël Faye invite le groupe de première partie à le rejoindre sur scène. Egalement issue de la rencontre de deux fleuves, la chanteuse du duo Kolinga avait préalablement rendu hommage à l’auteur de Petit Pays. Avec classe, la personne honorée met à son tour à l’honneur ce groupe de la région, que le talent risque de pousser bien au-delà de l’Aquitaine. Ensemble, ils improvisent autour du mot liberté décliné en français et en lingala pour un dernier moment de partage. Car à quoi bon vivre ses rêves, si ce n’est pas pour les partager ?

 

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Yanik
Je lis, j'écris, je mange, je découvre, j'observe, je bois, j'analyse, je dors, je rêve... Art, Voyages, Afrique, Pays Basque, Liberté, Justice et Démocratie.

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