Le jour où je reçus un message à caractère raciste

  Pause médiane au bureau en compagnie de mon ordinateur. Coups de…

Adriano Varejao "Filho bastardo II", 1997, huile sur bois (crédit: Yanik)
Adriano Varejao « Filho bastardo II », 1997, huile sur bois (crédit: Yanik)

 

Pause médiane au bureau en compagnie de mon ordinateur. Coups de mâchoires dans mon sandwich et clics sur le mulot se succèdent et me mènent vers ma messagerie personnelle pour m’évader quelques instants de l’environnement professionnel.

Egaré au milieu de divers messages publicitaires, j’aperçois un intitulé dont l’auteur est une de mes connaissances, fort appréciée et fort appréciable. Je m’empresse d’ouvrir le courrier qui ne comporte pas la moindre prose mais uniquement une pièce jointe en format powerpoint. Double pression pour ouvrir le fichier et là, grande surprise ! Le diaporama démarre par une diapositive introductrice, se proposant de comparer la religion chrétienne à la religion musulmane. Petit rictus de scepticisme sur mon visage mais mon index appuie de nouveau afin d’éluder le doute envahissant mon esprit. Loin d’être dissipé, la crainte se confirme ; je suis face à un ramassis islamophobe, une somme d’imbécillités bêtes et méchantes dont le niveau de réflexion n’a d’équivalent que la haine inversement proportionnelle de son instigateur.

Le jour où Koh Lanta fut annulé

  C’était un jour de semaine comme les autres. L’heure de la…

Pochette d'un album du groupe Disposable Heroes of Hiphoprisy
Pochette d’un album du groupe Disposable Heroes of Hiphoprisy

 

C’était un jour de semaine comme les autres. L’heure de la pause déjeuner a sonné, ce bref moment nécessaire au corps et à l’esprit pour s’alimenter et se changer les idées quelques instants. Attablé devant mon plat, les allers-retours de la fourchette entre l’assiette et la bouche sont rythmés par les informations défilant sur le téléphone portable et les paroles captées ça et là autour de moi.

 

Pas de Koh Lanta cette année, le drame.

De ces discussions banales naissent souvent de belles idées d’articles et à ce moment, mes écoutilles en éveil étaient rivées sur la conversation de deux femmes non loin de là. En tête à tête, les trentenaires évoquent des sujets classiques pour des collègues de bureau. Aux critiques sur leur chef Jean-Michel, succèdent les apitoiements sur la pauvre Nathalie qui vient se faire larguer. « Pauvre d’elle avec ses deux enfants » se préoccupe la fille de droite aux cheveux courts et au grand nez rehaussé par une paire de lunettes à la forme allongée. Foudroyée par un instant de vivacité, la camarade de repas poursuit alors d’un ton révolté en accord avec la gravité du moment : « en parlant d’enfants, je ne sais pas comment annoncer à mes gosses qu’il n’y aura pas Koh Lanta cette année ! ».