Journal d’un néo végétarien : moine ou super héros ?

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Depuis quinze jours, j’ai adopté le régime végétarien. Après une longue phase de réflexion, j’ai finalement effectué le grand saut. A la surprise de mon entourage, dont les réactions ont été variées. Beaucoup ne voient dans cette décision qu’un sacrifice, souvent mal perçu…

Considéré comme ennuyeux, le régime végétarien n’a pas la faveur de mes proches. Au-delà de voir cela comme triste, ces amis ne comprennent pas cette renonciation. Moi végétarien ? Moi le critique gastronomique en culotte courte ? Impensable pour ceux qui ont parié sur un craquage imminent.

Etre végétarien, une condition monacale

On ne raye pas toute une vie d’omnivore du sud-ouest en un coup de fourchette. Les saveurs sont encore présentes dans mon esprit. Et les envies aussi. Alors pourquoi se priver ? « On a qu’une vie » dirait l’autre. Je lui répondrais que l’animal dans son assiette n’en avait qu’une aussi. De quel droit puis-je la lui ôter ? Bien incapable de tuer un animal, je ne vais pas me contenter de laisser faire le sale boulot à ma place et d’en profiter.

 

Mais les huîtres du dimanche après un samedi soir agité… Quel regret ! « Parce que le poisson aussi ? » me demandent les copains. « Qui tue un bigorneau, tue un veau », je rétorque. Pas question d’instaurer une hiérarchie entre les vies animales.  S’en suit alors un débat sur l’absence de système nerveux chez l’huître ce qui, par conséquent, m’autoriserait à en gober. Au diable son cerveau et son QI, le coquillage doit être supprimé de mes envies iodées !

« T’as vraiment envie de t’emm…. toi »

« Comme si l’on n’avait pas assez de contraintes, tu t’en rajoutes une de plus » pensent certains. Dans une vie où nos libertés sont rares, me voilà privé de celle de manger ce que je désire. Ainsi le voient-ils ; comme une privation. Mais mon choix délibéré m’autorise à poser une question. Est-ce moi qui subirais une aliénation ? Ou ceux qui sont incapables de se passer de leur alimentation trop carnée, trop sucrée, trop salée… ? A mon sens, la liberté consiste à se libérer des chaines de dépendance.  La façon de se nourrir en est incontestablement une.

oEuvre de RAF detournee sur un mur de Barcelone @ Yannick Revel

 

D’autres personnes expriment de l’admiration face à ma démarche. Souvent des femmes je constate. Certainement plus sensibles à la cause animale. Elles n’en sont pas pour autant végétariennes bien qu’elles le souhaiteraient dans l’idéal. De leur part, je reçois des messages d’encouragement de ce genre : « bravo, je suis incapable d’en faire autant ».  

Un souffle de liberté

Un peu comme les fumeurs qui savent que ce n’est pas bon mais continuent malgré tout pour le plaisir. Ou par accoutumance, l’analogie ne me parait pas incohérente. Rompre avec les us et coutumes, se débarrasser de ses dépendances, résister à la pression sociale… voilà comment j’envisage la décision prise. Assumer ses convictions, c’est s’affirmer. Changer ses habitudes sans se soucier du regard d’autrui,  c’est gagner en liberté. Le contexte socio-culturel nous programme dès la naissance. Heureusement il reste une part de volonté individuelle pour briser ce que certains qualifient de déterminisme. Ainsi chacun peut reprendre les rênes de son existence, et devenir le super héros de sa propre vie.

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Yanik
Je lis, j'écris, je mange, je découvre, j'observe, je bois, j'analyse, je dors, je rêve... Art, Voyages, Afrique, Pays Basque, Liberté, Justice et Démocratie.

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