Théâtres et cafés au musée Paul Dini

Au tournant du 20e siècle, la vie culturelle et intellectuelle lyonnaise n’a rien à envier à la capitale, nous affirme le fascicule de l’exposition. Témoins de ce bouillonnement, témoins de leur temps, les artistes contemporains ont accompli un prolifique travail attestant ce propos. En rassemblant des œuvres de divers horizons, le musée Paul Dini nous immerge dans une belle époque où l’art régit les codes de la bonne société.

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Jusqu’au 8 février 2015, le musée Paul Dini de Villefranche-sur-Saône se penche sur les lieux de divertissement que fréquentaient les citadins cent cinquante ans en arrière. Une exposition focalisée sur la ville de Lyon, reflet de la vitalité artistique du moment.  

Albert Maignan "Adagio Appassionato", 1904  (photo de l'auteur)
Albert Maignan « Adagio Appassionato », 1904 (photo de l’auteur)

 

Au tournant du 20e siècle, la vie culturelle et intellectuelle lyonnaise n’a rien à envier à la capitale, nous affirme le fascicule de l’exposition. Témoins de ce bouillonnement, témoins de leur temps, les artistes contemporains ont accompli un prolifique travail attestant ce propos. En rassemblant des œuvres de divers horizons, le musée Paul Dini nous immerge dans une belle époque où l’art régit les codes de la bonne société.

Entre 1840 et 1930, les cafés et théâtres se multiplient dans la ville, devenant les incontournables de la vie citadine. On s’y croise, se rencontre et l’on se doit d’y être vu. Balayant le vaste panel de ces endroits, l’exposition nous mène de bars en opéras, de salles de bal en vestiaire de danseuses. Extrêmement riche le parcours circulaire à l’étage promène le visiteur dans les divers décors au travers des années et des styles.

Albert André "A l'affût", 1912 (photo de l'auteur)
Albert André « A l’affût », 1912 (photo de l’auteur)

 

Dans les cafés, on se parle, on rêve ou l’on tue le temps. Dans cette section, les pastels signés Henriette Deloras ne laissent pas indifférents, dans un style qui rappelle celui de Kees van Dongen. Le natif de Lyon, Albert André, est largement représenté avec des scènes de café, de restaurants, mais aussi avec des huiles dépeignant le thème favori d’Edgar Degas ; les danseuses.

Plus loin dans la visite, on observe les bals auxquels participe l’élite, un siècle plus tard on revit sur les toiles les ballets et autres œuvres musicales depuis la salle ou dans les coulisses. De ce point de vue, une des pièces les plus passionnantes est sans doute celle d’Albert Maignan sur laquelle on épie le compositeur Gabriel Pierné, totalement imprégné par sa création jouée quelques mètres plus bas.    

Au cours de la boucle, on croise aussi de nombreux musiciens ainsi que des affiches de spectacles, de différentes époques. A la fin de la période appréhendée, le music-hall fait rage et les œuvres inspirées par cette tendance font preuve d’une grande modernité notamment sous les pinceaux de Pierre Combet-Descombes ou par le graphisme d’Emile Malespine largement influencé par le courant Bauhaus.

 

Jules Flandrin "La Pavlova et Nijinski", 1909 (photo de l'auteur)
Jules Flandrin « La Pavlova et Nijinski », 1909 (photo de l’auteur)

  

Une partie consacrée aux décors de bâtiments publics laisse un peu circonspect. Si la présence de travaux préparatoires pour un théâtre ou un musée parait totalement appropriée, la cohérence est plus discutable lorsqu’il s’agit d’études pour un tribunal ou une université…

On ne pouvait pas terminer la ronde sans un moment dédié à la star locale ; Guignol. Mais tout ne s’arrête pas sur le célèbre bouffon car au centre du cercle, un espace médian accroche des œuvres, dont certaines de grand format, reprenant les thèmes évoqués. Un véritable bouquet final, explosif. L’œil y est chatouillé par les couleurs vives de Jacqueline Marval, puis adouci par les lignes fluides de Jules Flandrin. Enfin, comment ne pas s’attarder devant ce « Pierrot jouant de la mandoline » d’un irrésistible romantisme ? La science de la lumière et la maîtrise du drapé de Léon Comerre laissent admiratif.

L’exposition savamment orchestrée se veut un hommage à une époque dorée, mais malgré les décennies qui nous séparent des artistes affichés, elle devient à son terme une belle incitation vers la sortie, l’ouverture et la rencontre.     

Léon Comerre "Pierrot jouant de la mandoline", 1884 (photo de l'auteur)
Léon Comerre « Pierrot jouant de la mandoline », 1884 (photo de l’auteur)

 

Théâtres et Cafés

Musée Paul Dini, 2 place Faubert, 69400 Villefranche- sur-Saône

Entrée: 5€ en plein tarif, avec accès à l’accrochage de la collection permanente du musée

 

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Yanik
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