Les Basques sur les pelouses du Mondial

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Bien que le Pays Basque ne dispose pas d’une sélection en compétition pour le Mondial 2014 au Brésil, des enfants de ce territoire fouleront les pelouses de la Coupe du monde de football.

 

Dans les tribunes lors de Euskadi / Venezuela en 2012 (Azkue Fundazioa)
Dans les tribunes lors de Euskadi / Venezuela en 2012 (Azkue Fundazioa)

Des basques chez les Bleus 

Comme beaucoup de jeunes de cette région, Didier Deschamps s’est d’abord adonné au rugby avant de passer au « sport de manchot » comme il est qualifié par le monde de l’ovalie. Malgré sa carrière internationale loin de ses terres d’origine, le sélectionneur des bleus n’a pas perdu notre accent caractéristique. Avant de rejoindre des équipes prestigieuses, le champion du monde 1998 frappa ses premiers ballons ronds sous le maillot de sa ville natale, Bayonne. 

C’est également sous les couleurs de l’Aviron Bayonnais que Stéphane Ruffier chaussa ses crampons d’attaquant avant de se reconvertir dans les buts. A 16 ans il est repéré par un recruteur monégasque et quitte les bords d’Adour avant d’y revenir pour un prêt en National, consenti par l’entraineur de l’ASM du moment, un certain Didier Deschamps. Désormais stéphanois, Ruffier est l’invité de dernière minute pour le Mondial, palliant à la blessure de Steve Mandanda. 

Enfin, même s’il n’est pas basque d’origine, Antoine Griezmann peut être considéré comme un basque d’adoption tant il est arrivé jeune à la Real Sociedad. Depuis 2006 dans le club de San Sebastian, il a gravit les échelons de la formation tout en poursuivant ses étude sur Bayonne. Passé pro en 2009, il est aujourd’hui un élément incontournable de l’attaque de la Real ainsi qu’un remplaçant de haut niveau sur le coté gauche du onze tricolore.

  

Le sélectionneur basque des Bleus (calciostreaming)
Didier Deschamps, le sélectionneur basque des Bleus (calciostreaming)

 

Des basques dans la Roja 

Fils de champion, Xabi Alonso a dignement marché sur les traces de son père Periko qui fut  triple champion d’Espagne avec la Real Sociedad (1981, 1982) et le FC Barcelone (1985). Né à Tolosa, le fiston a débuté sa carrière à Eibar, un autre club basque qui vient d’accéder à la première division espagnole, la Liga BBVA. Centenaire en nombre de sélections, le milieu défensif du Real Madrid  fait partie de la génération dorée du football espagnol, celle qui a remporté le triplé historique Euro 2008, Mondial 2010 et Euro 2012. 

Ayant participé à l’obtention des deux derniers titres de la Roja, Javi Martinez sera également du voyage au Brésil. Né à Ayegui en Navarre (un des sept provinces basques), le défenseur du Bayern a fièrement porté les couleurs de l’Osasuna et de l’Athletic Bilbao avant de s’envoler pour la Bavière.

Nouveau venu dans l’équipe de Vincente del Bosque, Ander Iturraspe a inauguré sa première sélection le 30 mai dernier lors du match amical de préparation face à la Bolivie. Ex coéquipier de Javi Martinez dans la cathédrale de San Mames, il est toujours pensionnaire du club de Bilbao.

Enfin, le quatuor basque est complété par l’attaquant Fernando Llorente. Né à Pampelune, c’est également à Bilbao que le buteur explose avant de rejoindre la Juventus de Turin.

 

Les enfants de la diaspora 

Grand peuple de voyageur, les basques ont pendant longtemps émigré de leur terre natale à la recherche d’un avenir meilleur. Leur destination favorite étant l’Amérique latine, il n’est pas étonnant de retrouver aujourd’hui de nombreux patronymes de consonance bascophone au sein des équipes concurrentes. Parmi eux, on peut citer l’argentin Pablo Zabaleta, le colombien Victor Ibarbo, le chilien Charles Aranguiz, l’équatorien Alex Ibarra ou encore le défenseur hondurien Emilio Izaguirre.

 

Xabi Alonso sous le maillot du Real Madrid (RCuerda29)
Xabi Alonso sous le maillot du Real Madrid (RCuerda29)

 

Une sélection basque, une utopie délirante ? 

Certains d’entre eux vous ont peut-être souri lorsque j’évoquais en introduction de ce billet, la possibilité d’une sélection basque en Coupe du monde. Bien sur, cela relève de la politique fiction à ce jour. Pourtant, une telle idée pourrait se défendre.

Le premier argument contradictoire est d’ordre juridique puisque le Pays Basque n’est pas un état et qu’il ne peut donc pas envoyer une représentation sportive lors d’une compétition internationale. Un tel cas de figure existe cependant avec le Royaume Uni dont les composantes (Ecosse, Pays de Galles, Angleterre et Irlande du Nord) participent aux différentes compétitions sportives sans pour autant être des états au sens juridique du terme. 

Admettons…mais sur le terrain ça vaudrait quoi ? Et bien, peut-être mieux que vous l’imaginez !

En effet, une sélection basque dispute des rencontres internationales et affiche de bons résultats. Pour exemple, lors de ses deux derniers matchs, Euskal Selekzioa terrassait la Bolivie par 6 à 1 en décembre 2012 et le Pérou par 6 à 0 en décembre 2013. Sur les vingt dernières années, elle accroche à son tableau de chasse des équipes de seconde zone parfois qualifiées pour le Mondial telles que le Ghana, l’Uruguay, le Nigeria, la Serbie, le Maroc…

 

A défaut de voir une sélection basque au Brésil, on suivra tout de même les exploits des ses footballeurs, qu’ils évoluent en rouge ou en bleu. Car même si le Pays Basque n’est pas invité, les basques eux, sont bel et bien là !  

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Yanik
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