Au Brésil, avant de compter les buts on compte les morts

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« Parapapapapapapapa » chantaient les rappeurs brésiliens Cidinho e Doca dans leur tube mondial pourtant interdit de diffusion au Brésil:  « Rap das armas ». A travers cette onomatopée, les paroles du duo n’avaient rien de festif puisqu’elles narraient les coups de feu lors d’affrontements entre policiers et trafiquants dans les favelas.

Drôle de danse à Copacabana (afp.com/Christophe Simon)
Drôle de danse à Copacabana (afp.com/Christophe Simon)

 Le chant des armes

Fréquente dans le pays, ce type d’expédition des forces de l’ordre eut lieu lundi 21 avril dans la soirée à Pavao-Pavaozinho, une favela située sur les hauteurs de la mythique plage de Copacabana. Venues pour traquer un trafiquant connu sous le surnom de « Pitbull », les troupes d’intervention ont fait une innocente victime de vingt-cinq ans. Voulant se soustraire aux échanges de tirs, le jeune homme s’est dissimulé dans une crèche où l’on retrouvera son corps inanimé quelques heures plus tard. 

A l’annonce de ce décès, le foyer s’embrase. D’autant plus que le défunt est une fierté du quartier, danseur du programme dominical Esquenta, diffusé sur TV Globo. Si selon le rapport officiel, la mort pouvait être occasionnée par une chute, la version des habitants est bien différente. Selon eux, Douglas Rafael da Silva Pereira serait tombé sous la pluie de coups distribués par les agents de l’UPP, l’unité de police pacificatrice bien mal nommée en l’occurrence. 

Le sang, les larmes

En réaction à cette injustice, de violentes émeutes éclatèrent le lendemain, vite matées par la police épaulée par des troupes d’élite. Bilan : Mateus, un jeune déficient mental de vingt-sept ans est tué d’une balle dans la tête.

Si le calme semble revenu dans le quartier, il n’est pas sûr qu’une telle issue soit de nature à pacifier les esprits. Dans un pays qui a tout misé sur la sécurité pour réussir le pari de la future Coupe du Monde de football, l’épisode de ce début de semaine est le symbole de l’inefficacité d’une telle politique.

Malgré la présence musclée des forces de l’ordre, Rio a connu une augmentation de 27 % du taux d’homicide en 2013. Une violence qui, aux yeux des politiques, doit être contenue coûte que coûte entre le 12 juin et le 13 juillet, période au cours de laquelle les yeux du monde entier seront braqués sur le pays. Au prix (et au mépris) de quelques vies s’il le faut…

 RIP Douglas et Mateus.

 

 

 

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Yanik
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