A l’état pur

Tu aimes cet article? Merci de le partager 😉

Jusqu’au 27 avril prochain, la villa Beatrix Enea accueille les œuvres de deux artistes aquitains. L’un vit au Pays Basque où il produit un travail lyrique et dépouillé, l’autre sculpte dans les Landes des œuvres mystiques dédiés à la mère nature. 

Autoportrait entouré de quatre sculptures de Christophe Doucet (Yanik)
Autoportrait entouré de quatre sculptures de Christophe Doucet (Yanik)

La sculpture chamanique de Christophe Doucet

Les premiers pas dans l’exposition mènent à une salle investie par le sculpteur résidant dans le département voisin des Landes. Aspiré par quatre totems animaliers, le visiteur scrute et hume l’ambiance forestière diffuse dans l’espace. Dans la masse, à même le tronc, des bêtes on été taillées à la hache dans différentes essences de chêne, d’acacia ou de peuplier. Les lignes brutes et le parti pris radical renvoient inévitablement à la sculpture primitive incantatoire.

Au milieu des lièvres, chevreuils et autre faon, un autoportrait accroché au mur tel un trophée de chasse inverse les rôles entre l’homme et la nature. Dans cette composition, l’humain se voit assimilé en gibier tandis que les animaux sont érigés au rang de divinités. Tous sont alignés face à un mur dont le centre est occupé par un « Temple de la nature » en plâtre encadrant un tirage photo couleur sur lequel un arbre amputé se voit inondé de soleil.  

Dans la nature et pour la nature, le travail de Christophe Doucet semble impulsé par une nécessité absolue de ramener l’ordre des choses, de rappeler à l’homme la petite place qu’il occupe dans l’immensité environnementale. 

Composition sans titre, Andoni Guiresse (andoniguiresse.com)
Composition sans titre, Andoni Guiresse (andoniguiresse.com)

 

La simplicité lyrique d’Andoni Guiresse

La deuxième salle nous immerge dans un tout autre univers, fait de luxe, calme et volupté. Blanc cassé, noir et dorure, tel est trio utilisé par le natif de Saint Palais. Véritable virage dans sa carrière picturale, la série présentée rompt avec son précédent travail figuratif.   

Sur papier Arches, le jeune artiste (29 ans) compose des œuvres minimalistes où se confrontent des blocs en feuille d’or avec des lignes et projections d’encre. Attraction, répulsion, les rochers dorés agissent tels des aimants autour desquels le liquide noir structure un équilibre poétique.

La sobriété à l’intérieur de ces rectangles de 65 x 95 cm, n’a d’égal que la sensibilité d’un esthétisme sans cesse en mouvement. Les lignes dansent et les points s’envolent comme les notes de musique sorties d’un piano jouant les Nocturnes de Chopin. Et si la beauté résidait dans la pureté…

 

Une improbable rencontre

Les œuvres des deux artistes cohabitent dans le troisième et dernier espace de visite.

Une réunion pour le moins surprenante tant les univers des créateurs paraissent éloignés. Un dénominateur commun peut néanmoins être soulevé ; celui de la recherche de la pureté. Avec des buts différents, l’un emprunte ce chemin vers l’authenticité et le naturel, l’autre en adopte l’attitude pour une quête vers la beauté à l’état pur.

 

Andoni Guiresse et Christophe Doucet

Jusqu’au 27 avril 2014

Villa Beatrix Enea, 64600 Anglet  

The following two tabs change content below.
Yanik
Je lis, j'écris, je mange, je découvre, j'observe, je bois, j'analyse, je dors, je rêve... Art, Voyages, Afrique, Pays Basque, Liberté, Justice et Démocratie.

1 commentaire sur "A l’état pur"Donnez votre opinion →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *