MOOC, le savoir pour tous

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Accueil du site FUN (capture d'écran)
Accueil du site FUN (capture d’écran)

Initiée aux Etats-Unis, cette nouvelle façon d’enseigner et d’apprendre arrive enfin de façon significative et structurée en France. 

Kezako MOOC ? 

Tout d’abord, ne pas confondre le MOOC et le Mook, deux termes à la mode ces derniers mois.

Mook est la contraction des mots anglais magazine et book, il est utilisé pour désigner un nouveau format de presse en vogue actuellement, dont les parutions sont aussi épaisses que des livres. Dans ce rayon, on trouve notamment les excellents titres XXI, 6Mois, France Culture Papier, The Good Life…

MOOC en revanche est un acronyme dont la signification est Massive Open Online Course, ce qui donnerait dans la langue d’Aimé Césaire quelque chose comme « cours de masse en ligne ouvert à tous ». 

Depuis le début des années 2000, plusieurs universités américaines diffusaient des cours magistraux sur le web. Mais cette forme d’enseignement prend un essor fulgurant en 2012, notamment grâce au fait que les principaux établissements se soient réunis pour créer des plateformes collectives qui tournent désormais à plein régime. Avec les sites Udacity, Coursera ou Edx, l’internaute peut suivre des cours dispensés par des professeurs d’institutions aussi prestigieuses que Harvard, Yale, Princeton, MIT, Stanford ou Columbia pour ne citer que les plus connues.

Par le biais de ces plateformes, on peut accéder d’un clic, à des centaines de cours à contenu académique dans de nombreuses matières. Généralement étalé sur un trimestre, le cours offre chaque semaine à l’étudiant une section comprenant des parties vidéo et des supports écrit pour approfondir le sujet. 

Le principe est tout simplement révolutionnaire, puisque depuis l’inscription jusqu’à la fin du cours, tout est entièrement gratuit. 

Un échantillon des cours disponibles (capture d'écran)
Un échantillon des cours disponibles (capture d’écran)

 

La France désireuse de rattraper le retard 

Face au phénoménal succès de ces initiatives américaines, la France a décidé de créer sa propre offre de MOOC. A l’initiative du ministère de l’Enseignement supérieur, celle-ci a pris forme avec la plateforme FUN ; France Université Numérique.

Ouvert aux inscriptions depuis l’automne dernier, le site a mis en ligne ces premiers cours la semaine dernière. Ils sont au nombre de 25 déjà entamés, et 30 sont en cours de création pour une mise en ligne dans le courant de l’année.  Environ 100.000 personnes ont été séduites par l’idée et sont d’ores et déjà inscrites dont 86% en France, 7% en Afrique et 5% en Amérique.

La France croit fort en cette forme d’apprentissage et semble se donner les moyens de combler le retard en la matière. Pour inaugurer les débuts de FUN, Geneviève Fioraso annonçait lors d’une conférence de presse le déblocage de 12 millions d’euros supplémentaires pour développer l’offre.

 

Suivre l’exemple des précurseurs 

Le principe en France est le même qu’aux Etats-Unis. Puisque ça marche outre-Atlantique, autant copier les recettes ayant prouvé leur succès. Ainsi la plateforme FUN est tout simplement une reproduction de celle d’Edx, même visuel, même graphisme, même construction et articulation des cours. 

Si la forme est identique, certains éléments de fond diffèrent cependant. Pour avoir suivi des cours au thème similaire sur les deux sites, voici mes premières impressions.

Les vidéos diffusées sur Edx sont spécialement réalisées en plateau pour les MOOC alors que, pour le cours suivi sur FUN, il s’agissait d’un vrai cours magistral capté en amphithéâtre. Cela parait encore plus valorisant, l’étudiant numérique a ainsi l’impression de suivre le même enseignement que l’élève de Sciences Po par exemple.

Le contenu également semble plus approfondi, plus académique et peut-être plus exigeant sur la version française, mais cela reste une impression et peut aussi dériver de la personnalité du professeur, de la manière de transmettre son savoir, de sa façon d’aborder le sujet… 

Au rayon des points à améliorer, on peut regretter l’absence d’un script écrit à coté de la vidéo. Cet outil est fort appréciable pour un étudiant dont le français n’est pas la langue maternelle. Car si les MOOCs s’adressent aux étudiants français, ils se doivent aussi d’attirer les étrangers pour contribuer à préserver le prestige de nos établissements les plus reconnus.

Ensuite, si un forum existe et permet aux étudiants d’échanger, l’utilisation des réseaux sociaux encore absente semble aussi être une étape indispensable pour développer et entretenir la dynamique.

Enfin, la délivrance d’un certificat  ainsi que les tests de compréhension à la fin de chaque séance n’ont pas été repris. Un autre point regrettable car cela pouvait procurer une source de motivation et d’encouragement pour l’étudiant solitaire.     

Les premiers chiffres des débuts (site FUN)
Les premiers chiffres des débuts (site FUN)

 

Une ressource dont l’enjeu est primordial 

Pour les internautes, l’intérêt réside dans la facilité d’accès. Tout le monde peut s’inscrire sans condition d’âge, de diplôme ou de statut. Que l’on soit étudiant, salarié, chômeur ou retraité, on peut suivre l’enseignement dispensé par le professeur d’un établissement reconnu à son rythme, depuis son domicile. Plus de barrière de distance, de temps ou de prix.

Pour l’état et le monde universitaire, les enjeux sont nombreux. Les amphithéâtres sont bondés, et ce nouveau format pourrait devenir à terme une alternative à l’enseignement traditionnel.

Enfin, dans la bataille de compétitivité à l’échelle mondiale, le savoir est un enjeu stratégique. Attirer des étudiants étrangers permet d’exercer une certaine forme d’influence, en ce sens le nouvel outil numérique doit aussi être perçu comme un appareil participant au « soft power » d’un état. 

Formidable ressource pour les utilisateurs avides de savoir, le MOOC est au cœur de la réflexion sur l’enseignement, au carrefour d’enjeux d’ordres internes et internationaux. La mise à disposition de cette nouvelle plateforme constitue une aubaine pour de nombreux internautes. Faisant le bonheur des inscrits, elle attend les nouveaux car ici il n’y a pas de retardataire, le savoir est pour tous et à tout moment !

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Yanik
Je lis, j'écris, je mange, je découvre, j'observe, je bois, j'analyse, je dors, je rêve... Art, Voyages, Afrique, Pays Basque, Liberté, Justice et Démocratie.

8 commentaires sur "MOOC, le savoir pour tous"Donnez votre opinion →

  1. Salut Serge!
    En effet, il n’y a pas de diplôme à ce jour et cela constitue une des limites du système. Cependant, je suis persuadé qu’il s’agit là des premières pierres d’une construction qui prendra de l’envergure.

  2. Slt, Yanik. Je suis déjà inscrit. je crois c’est une très bonne initiative pour rendre accessible la connaissance. On pourrait rendre cette plateforme plus optimale en facilitant le téléchargement des cours. C’est une belle initiative qu’on peut améliorer encore.

  3. Salut Lompo et merci pour ton commentaire!
    Comme toute initiative débutante, la plate-forme demeure perfectible. Néanmoins, je reste convaincu qu’il s’agit là des premières pierres d’une vaste construction à venir.

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