Quai d’Orsay, le film

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Adaptation de l’excellente bande dessinée de Christophe Blain et Abel Lanzac, Quai d’Orsay fait le pari de plonger le spectateur dans les coulisses de la diplomatie française à l’époque où celle-ci était dirigée par Dominique De Villepin. 

Largement inspiré de ce dernier, le personnage principal de ces chroniques diplomatiques est un homme brillant, volubile, excessif et caractériel. Pour planter ce premier rôle, le choix de Thierry Lhermitte en a surpris plus d’un. Si l’ensemble de la distribution sonne juste, collant de manière troublante avec le dessin de Blain, le ministre incarné par l’ancien bronzé constitue la déception du casting. Son jeu manquant de finesse ajouté aux effets (claquements de porte, tourbillons de feuilles…) dont la répétition entraîne la lourdeur, ne parait pas à la hauteur de l’esprit insufflé dans les deux tomes de l’œuvre dessinée.

Remarquable, le reste de la troupe mérite une mention spéciale pour l’interprétation de Niels Arestrup, magistral en chef de cabinet au calme olympien, ainsi qu’à Raphael Personnaz dont la prestation répond trait pour trait au caractère du jeune débutant par les yeux duquel l’histoire est narrée.

 

Passer du papier à l’écran n’est pas chose aisée et Bertrand Tavernier n’est pas le premier à se frotter à cette tâche ardue. A trop vouloir coller à l’esprit du livre inspirateur, le réalisateur en a parfois oublié d’y ajouter sa touche personnelle. La première partie du film passe de plan en plan comme on saute de case en case, accompagnée par les dialogues sortis mot pour mot des bulles écrites par Lanzac. Il en ressort une impression saccadée, née de l’envie d’insuffler du rythme mais découlant sur une évolution décousue et dépourvue de fluidité.   

L’humour si présent au fil des pages est à l’honneur tout au long du film. Il s’agit bien d’une comédie, et c’est peut-être là que le bât blesse. A l’origine au service de l’histoire, l’humour est devenu sur la toile son pilier majeur, si que bien que l’histoire est désormais au service du comique. Ce qui était un ressort se transforme en une multitude de ficelles, si bien que l’amateur de la bande dessinée éprouve par moment la désagréable sensation d’être face à la caricature de la caricature. 

Vous l’aurez deviné, le visionnage de la pellicule a provoqué quelques regrets dans l’esprit du grand fan de l’œuvre originelle, figurant à mes yeux dans les sommets du neuvième art. Il n’en reste pas moins que le moment en salle obscure fut agréable et les sourires (à défaut d’éclats de rire) fréquents. Ceux qui n’avaient pas eu l’occasion de feuilleter avant Quai d’Orsay y ont peut-être trouvé leur compte. Quant aux autres, ils ont ressenti ce petit goût d’inachevé qui revient souvent à la fin d’un film adapté d’un livre très apprécié.        

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Yanik
Je lis, j'écris, je mange, je découvre, j'observe, je bois, j'analyse, je dors, je rêve... Art, Voyages, Afrique, Pays Basque, Liberté, Justice et Démocratie.

2 comments on “Quai d’Orsay, le filmAdd yours →

  1. Finalement, c’est la même conclusion que la plus part des critiques, tout le casting est bon sauf celui de Thierry Lhermite… Pas assez grand, trop maigre peut être, forcé à certains moments…
    Mais, cela donne tout de même envie d’aller voir sachant que le film ne remplace pas la BD.
    Question importante tout de même: pour ceux qui n’ont jamais lu la BD, c’est préférable de commencer par le film ou par la BD?

    1. Je n’avais pourtant lu aucun commentaire sur le film afin d’avoir un avis le plus objectif possible.
      Pour ceux qui veulent faire les deux, je recommanderai de commencer par le film car l’ordre inverse pourrait susciter une déception.
      S’il faut faire un choix, c’est bien entendu sur la version papier qu’il faut se précipiter.

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