Créateurs de perceptions

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Pénétrer dans l’univers d’Angela Detanico et de Rafael Lain, c’est comme entrer dans une nouvelle dimension, une sphère spatio-temporelle dans laquelle les grilles de lecture qui sont les nôtres (heures, lettres, signes…) sont totalement bouleversées. Une fascinante réinterprétation de nos repères quotidiens réalisée au terme d’une réflexion tout autant scientifique qu’esthétique.  

 

« Vague » 2010

Visuelle, sonore et intellectuelle, l’expérience proposée par les artistes brésiliens débute avec une musique digne d’un univers de science fiction, des sonorités rappelant la bande son de « rencontre du troisième type », le célèbre film de Steven Spielberg. Dés les premières notes, un simple coup d’oreille et d’œil suffit à attirer le visiteur vers un autre monde, composé de sphères inventées par le duo sud américain.

L’immersion n’est pas immédiate, un temps d’adaptation s’impose. Accueilli par le sympathique personnel de l’institution, un dialogue indispensable permet de détenir les clés nécessaires à la pleine compréhension de la démarche. Ces précieux sésames en tête, le spectateur peut alors déambuler parmi les œuvres exposées, passer outre l’interrogation et admirer un travail au processus de création atypique.

 

Concepteurs de langages

Sémiologues (1) et graphistes de formation, le travail artistique du couple trouve son origine dans une recherche scientifique, et ce mariage donne naissance à de nouveaux langages. Des signes joués en sons, des lettres visualisées en formes géométriques, des heures en couleurs…telles sont les transpositions imaginées.

La pièce centrale, une installation sonore et vinyle, élabore un solfège dans un nuage à 32 faces. A l’intérieur de cette zone sont disposés des signes typologiques (parenthèses, tirets, guillemets, points…) auxquels sont associés des sonorités. Une aiguille virtuelle, agissant tel le diamant d’une platine de disque, vient lire cette partition et projeter la bande son perçue dans la pièce. D’une durée égale à une demi-journée, l’horloge musicale intitulée « Le jardin des heures » (2012) est une œuvre qui combine de nombreux systèmes d’interprétation.

Le temps y est revisité, tout comme sur les peintures « Le jour le plus court, le jour le plus long » (2012). Ici, chacune des toiles est divisée en 24 bandes de couleurs, 24 dégradés de gris et de noirs reproduisant la luminosité à chaque heure des solstices d’été et d’hiver.

Notre alphabet n’est pas épargné par les transformations et deux œuvres présentées s’attaque au moyen d’expression écrite. Parmi elles, une magnifique onde disposée à même le sol. Sur le parquet brun, des millions de grains de sel ont été disposés de manière créer une splendide œuvre graphique tout en courbe.

Un choix audacieux pour un anniversaire

Pour ces dix ans, l’Artothèque de Pessac a réussi un grand coup en invitant un tandem affirmé sur la scène internationale. Ambassadeurs du pavillon brésilien lors de la biennale de Venise en 2007, ils ont également exposé dans des lieux hexagonaux majeurs dont le Palais de Tokyo ou le Jeu de Paume.

Une chance pour l’institution de l’agglomération bordelaise de pouvoir souffler ses premières bougies à deux chiffres en leur compagnie, une chance pour le public aquitain de suivre le tracé d’une exploration inédite et stimulante.      

 

(1) Sémiologie : science étudiant les systèmes de signes

Exposition programmée jusqu’au 19/01/2013 à l’Artothèque, 2 rue Eugène et Marc Dulout, 33600 Pessac

 

 

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Yanik
Je lis, j'écris, je mange, je découvre, j'observe, je bois, j'analyse, je dors, je rêve... Art, Voyages, Afrique, Pays Basque, Liberté, Justice et Démocratie.

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