« Cercle » de Yannick Haenel

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Je pense donc je fuis

 

 Qui n’a pas rêvé un jour de mettre les voiles, larguer les amarres, tout plaquer et briser les chaînes du train-train quotidien ?  Si beaucoup y songent et certains en parlent peu passent à l’acte comme le fait le héros du roman de Yannick Haenel.

 

Comme tous les matins, Jean s’engouffre dans les boyaux métropolitains afin de prendre le train de 8h07 pour se rendre sur son lieu de travail. Mais en ce lundi printanier, l’employé de bureau parisien ne montera pas dans la rame, frappé par une phrase qui vient illuminer son esprit et ouvrir ses yeux telle une révélation : « c’est maintenant qu’il faut reprendre vie ».

Les portes se referment et l’homme reste à quai avant de remonter à la surface goûter à ses premiers instants de liberté. Exit les dossiers, au diable le téléphone, il longe la Seine à la redécouverte de Paris, humant, touchant, vibrant aux moindres détails si souvent ignorés ; la douce musique des feuilles tremblantes, l’odeur de glycine, la beauté d’un papillon…

 

Bercé par les courants du cours d’eau, le personnage principal se laisser aller à tout type de rencontres, facilitées par son état d’esprit entièrement disponible. Sur son chemin, il croisera entre autres, pour le plus grand plaisir du lecteur, des sculptures de Giacometti, Pina Bausch, un coquelicot, Shakespeare, un tableau de Francis Bacon,  et de nombreuses conquêtes sexuelles.

 

Tout au long des cinq cents pages de l’œuvre,  l’écrivain enchaîne les courtes scènes et alterne les styles de description au gré des humeurs de son personnage. Tantôt romantique à l’âme poète, puis observateur critique du monde auquel il s’est soustrait, plus tard narrateur cru de ses ébats. A la manière d’un film de Quentin Tarantino, se succèdent sans vergogne et dans une réelle cohérence des chapitres de bonheur d’inspiration quasi mystique, des moments bruts et parfois brutaux, des métaphores ulysséennes et des réflexions marxistes.

Le rythme est présent et le romancier jongle avec les découpages de cette aventure pour suivre la quête de son déserteur et mener le lecteur dans les creux et sommets d’une vie transformée en montagnes russes.

 

 

NB : « Cercle » de Yannick Haenel, publié en 2007 aux éditions Gallimard, collection L’infini

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Yanik
Je lis, j'écris, je mange, je découvre, j'observe, je bois, j'analyse, je dors, je rêve... Art, Voyages, Afrique, Pays Basque, Liberté, Justice et Démocratie.

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